‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 39 sur 470 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

plu par son côté merveilleux, et Ton conçoit Tespèce de fascination qu'elle a exercée autour d'elle, quand on se rappelle qu'elle fut écrite à une époque, où tous les diocèses ont voulu faire remonter leur fondation aux origines mêmes du christianisme, au temps des apôtres, ou du moins de leurs disciples.

L'ouvrage du pseudo-Aurélien occupe une place considérable parmi ces légendes, qui sont nées en Gaule au temps des Carolingiens, et qui semblent former un ensemble imposant par leur nombre et leur concordance, tout en ne reposant en réalité sur aucun fondement sérieux.

Ces fictions ingénieuses, créées peu à peu autour du nom de saint Martial, ne constituent point un phénomène unique qui doive nous surprendre. On peut citer bien d'autres légendes du même ordre, par exemple celle de sainte Marthe et de sainte Marie-Madeleine en Provence, celle de saint Bénigne i Dijon, celle des Trois Jumeaux à Langres ^'\ qui ne sont pas moins apocryphes, et qui, suivant l'heureuse expression de M. l'abbé Duchesne, ne sont « que des fantaisies converties en traditions par un usage plusieurs fois séculaire*'^ ».

Il ne convient pas de juger trop sévèrement les auteurs de ces pieuses supercheries. Ils ne faisaient qu'obéir aux tendances de leur siècle et se proposaient à leur façon d'exciter la foi, en intéressant les foules par des épisodes habilement choisis, en les édifiant par des miracles touchants. Notre esprit moderne est bien différent, il a soif de vérité, d'exactitude et de précision, il ne peut comprendre que l'on veuille soustraire l'histoire religieuse aux études critiques et croire la cause de la religion intéressée à la défense de toutes les légendes qui obscurcissent encore les origines de l'Église.

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