CHAPITRE II LE PÈLERINAGE DE SAINT MARTIAL DU V« AU IX« SIÈCLE
Le pèlerinage aux temps barbares.
Le chef-lieu de la cité des Lémovices, que saint Martial vint évangéliser, au milieu du m* siècle, était une ville considérable. Elle existait déjà avant Jules César et on a cru pouvoir Tidentifier avec la Rita des Gaulois ^'^ Au temps de la domination romaine, elle prospéra et ne tarda pas sous le nom d^Augustoritunty à devenir un centre important relié à Saintes, à Clermont, à Poitiers, et à Bourges par des voies dont on a retrouvé les traces en maints endroits. Des ruines, en partie disparues de nos jours, ont permis de se rendre compte de l'emplacement qu'elle occupait alors. Elle s'étendait de chaque côté de la Vienne, depuis le Naveix ^^\ jusqu'à la Roche au Got ^^\ sur une longueur de plus de deux kilomètres et elle devait avoir de riches monuments publics à en juger par d'imposantes arènes qui ont subsisté jusqu'en 17 13 ^^K C'était en résumé une des villes les plus importantes de l'Aquitaine première : aussi, quand au temps de Dèce, les évéques de Rome dirigèrent dans les Gaules ces missions dont nous parle Grégoire de Tours, ils envoyèrent dès l'abord saint Martial à Limoges.
1 . Voir rarticle que M. Leroux a publié dans la Grande Encyclopédie au mot Limoges. C'est un résumé très exact de ce que Ton sait sur les origines de la ville.
2. Le Naveix (Navigium), en amont du pont actuel de Saint-Étienne.
3. La Roche au Got (c'est-à-dire La Roche au Gué et non La Roche au Goth) est un filon de rochers qui traverse la Vienne en aval du viaduc du chemin de fer de Paris à Toulouse, et qui formait autrefois un gué, disparu aujourd'hui.