‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 49 sur 470 · BibL Nat., ms. lat., no 2469, fol. 69 v© et 78 vo · texte numérisé non relu

BibL Nat., ms. lat., no 2469, fol. 69 v© et 78 vo

3. « Ludovicus... dedicare jussit basilicam » (Interpol, à la chronique d* Adémar de Chabannes, 1. in, chap. XVI).

4. « Ludovicus... construxit monasterium sancti Martialis » (Labbe, Noz^a BïbL mss.y t. I,

5. La plupart des auteurs limousins s'accordent sur ce point, et M. le baron de Gaujal a rapporté leurs assertions dans le Bulletin monumental (x. I, p. i6o), comme un fait bien établi.

6. Astronome, éd. du Recueil des Hist. de France^ t. VI, p. 96.

7. Acta sanctorum, t. V de juin, p. 556. Cf. Arbellot, Miracles de saint Martial^ p. 21.

Le silence gardé sur ce point par les textes du ix*^ siècle nous paraît concluant, et nous pouvons tenir pour assuré que Louis le Pieux n a pas plus fondé le monastère de Saint-Martial, qu'il n'a dédié la basilique, sans quoi comment les contemporains ne nous Tauraient-ils pas fait savoir ? Nous nous trouvons évidemment en présence de légendes qui ont été imaginées par les moines de Tabbaye, désireux, comme tant d'autres religieux, de rehausser leurs origines, et qui ont été vraisemblablement composées vers le milieu du x* siècle.

C'est également vers le x*^ siècle que les moines, devenus de jour en jour plus riches et plus puissants, ont voulu, pour les même raison, faire croire que certains de leurs plus beaux domaines leur avaient été donnés par l'Empereur. Ils ont fabriqué un acte faux pour soutenir leurs prétentions : nous voulons parler de ce prétendu diplôme de 833, par lequel l'empereur aurait donné à Saint-Martial le Château de Limoges ^'^ et quatre églises de la région ^'\

On a été longtemps avant de suspecter l'authenticité de ce diplôme. Bonaventure de Saint-Amable ^'\ l'abbé Roy-Pierrefitte ^^^ n'élèvent aucun doute à son sujet. Le premier qui l'ait rejeté est, à notre connaissance, M. Sickel^^\ et depuis lors il a été écarté presque sans discussion par M. l'abbé Duchesne ^^^ et par M. Guibert ^'\ Le document est apocryphe ; la chose n'est pas douteuse, mais il présente un réel intérêt historique, et, comme tel, méritera de nous arrêter un instant.

Nous n'en possédons pas l'original, seulement une copie du xi* siècle, écrite sur un des feuillets de garde d'un très beau manuscrit provenant de l'abbaye : une grande Bible conser\'ée aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale ^^\ Il suffit de lire ce texte pour être convaincu qu'il n'a jamais

1. Le « Château » de Limoges (v. ci-dessous, chap. III) ne devait pas exister encore au début du ixc siècle. C'était une agglomération importante, qui se forma peu à peu autour de Tabbaye de Saint-Martial, et qui fut, politiquement et administrativemcnt, indépendante de Tancien Limoges, appelé la Cité.

2. Ce sont les églises de Paunat, Anzesme, Gcnouillac et « Campus singularis ».

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