Bibl. Nat., ms. latin 5*, fol. 221 vo
pu émaner de la chancellerie impériale. Celle-ci, en effet, n'a jamais expédié aucun diplôme libellé en ces termes. Louis le Pieux notamment prend la qualification d'Empereur des Romains et roi des Francs ^^\ un titre qu'il n'a jamais porté par ailleurs ^^\ Sommes-nous pourtant en présence d'un acte restitué ou d'un document faux, fabriqué de toutes pièces ?
Nous nous rangeons pour notre part à cette dernière hypothèse. Le diplôme en effet renferme plusieurs erreurs manifestes. Il attribue à Louis le Pieux la dédicace de la basilique, il ajoute même qu'elle eut lieu en présence de ses trois fils, Lothaire, Pépin et Louis ^'\ Ces détails sont purement imaginaires; à la date de 833 l'empereur était en guerre avec ses enfants, et avait même passé par Limoges au cours d'une campagne contre Pépin I
Quant à la prétendue donation par le prince à Saint-Martial du Château de Limoges et des quatre églises de Paunat, Anzesme, Genouillac et « Campus Singularis », elle nous paraît fort peu plausible, et elle est même sur certains points évidemment fausse.
Le Château de Limoges, c'est-à-dire l'agglomération formée par les maisons bâties peu à peu autour du monastère, ne devait pas exister encore au début du ix^ siècle. Les plus anciens textes qui le mentionnent remontent seulement au siècle suivant.
Si nous ne pouvons discuter, faute de documents, la donation d'Anzesme et de « Campus Singularis », celle de l'église de Genouillac nous paraît par contre presque inadmissible. L'abbaye possédait en effet en ce lieu un domaine important, que lui avait légué saint Yrieix^'^^ Or la plupart des églises rurales ayant été fondées par les propriétaires des fonds voisins, il est tout naturel de supposer que celleci ait été établie par les moines de Saint-Martial; il paraît peu vraisemblable qu'elle ait été une libéralité de l'empereur.
Nous sommes renseignés d'une façon plus précise sur les origines