Roth, c"c et c«n de Donzenac, arr. de Brive, Corrèze
8. « ...Rot SanctumCelsum detulit «(Bernard hier, éd. Duplcs-.\gier, p. 59).
Le monastère de Saint-Martial se développait, du reste, rapidement. Sans parler des bâtiments claustraux, la nouvelle église abbatiale placée sous le vocable du Sauveur, était assez avancée en Tannée 852 pour que les reliques du saint évêque de Limoges aient pu y être transportées ^'K Autant que nous pouvons en juger par un texte bien peu précis ^^^ elles furent placées dans un caveau construit au-dessous du chœur. Une ouverture, située derrière le maître-autel, permettait aux fidèles de les voir et de faire leurs dévotions. L'abbé Abbon les fit bientôt retirer de cet endroit, et, pour des raisons inconnues, ordonna de les replacer dans la crypte, où elles avaient été conservées depuis les temps barbares ^'\
La basilique du Sauveur devait être presque complètement terminée trois ans plus tard. C'est, en effet, dans cet édifice que le fils de Charles le Chauve, Charles le Simple, fut sacré roi d'Aquitaine en 855. La cérémonie fut présidée par l'archevêque de Bourges, Rodulphe ^^\ assisté par l'évêque de Limoges, Stodilus, et par de nombreux prélats venus de toute la Gaule et même d'Italie ^^K
Le troisième abbé de Saint-Martial fut un certain Benoît, sur le compte duquel nous ne savons absolument rien. Après avoir gouverné l'abbaye pendant onze ans, il mourut le 14 des kalendes de février 877 (19 janvier) ^^\
1. Un miracle de s. Martial parle de la « basilica ubi predosus corpus [Sancti Martialis] ... requiesdt ». Cest» selon ce texte, en 852 que le corps de saint Martial aurait été retiré de son ancienne crypte pour être placé dans la basilique (^Acta 55., t. V de juin, p. 557, no 21).
2. Une interpolation à la Chronique d'Adémar de Chabannes porte qu'en 830, en présence de l'empereur Louis le Débonnaire «... levatum corpus Sancti Martialis ... positum qsx post altare Salvatoris, adcriptam majoris vitrée » (Interpol, au chap. XVI du 1. III, éd. Chavannon, p. 131).
3. Selon Adémar de Chabannes (sermons inédits, Bibl. Nat., ms. latin 2469, fol. 69 vo, 90 vo, etc.), le saint ne se serait pas plu dans sa nouvelle crypte, et, pour témoigner de son mécontentement, il aurait envoyé dans le pays une violente inondation, qui n'aurait cessé que le jour où il aurait été ramené dans son ancien caveau.
4. Saint Rodulphe, archevêque de Bourges de 844 (?) à 846, fut un des plus grands personnages du ix« siècle, et obtint du pape le titre de Primat de V Aquitaine et des Narbonnaises (cf. Deloche, CartuL de Beaulieu, p. ccxDC et ss).
5. <c Girolus vero ... in regem Lemovicis unctus est in basilica Salvatoris » (Adémar de Chabannes, Chronique, 1. III, chap. XIX). — « Carolus Calvus in regem Lemovicas unctus est a Rodulfo Bituricensi archiepiscopo et Stodilo episcopo Lemovicensi et aliis Francie et Aquitanie et Italie et Burgundie multis archiepiscopis et episcopis » (Adémar de Chabannes, Commémoration éd. Duplès-Agier, p. 2). C'est Charles le Simple qui fut sacré en 855, la première année de son règne, et non Charles le Chauve, comme le dit par erreur Adémar.
6. Adémar de Chabannes, Comtnemoratio, éd. Duplès-Agier, p. i. — Duplès-Agier, Chroniques de saint Martial, p. 241.
56 LHS PREMIERS ABBÉS
Adémar de Chabannes a fort maltraité — et avec raison — la personne de son successeur, Gonsindus. « Celui-ci ne mériterait pas, dit-il, d'être inscrit dans la liste des abbés, s'il n'avait été revêtu de l'habit monacal ». Il avait, en effet, « un cœur séculier, il dilapidait les églises et les terres de son monastère, et faisait aux laïcs bien des concessions inutiles » ^'K II appartenait en un mot à cette catégorie des abbés séculiers, qui fut la plaie de l'Église au x* et au xi* siècles, et qui faillit conduire à la ruine une autre grande abbaye limousine, celle de Beaulieu ^^\ Malheureusement pour les moines de Saint-Martial, Gonsindus resta dix-huit ans à leur tête, jusqu'à sa mort sur\'enue'le 7 des kalendes de novembre 894 (26 octobre) ^^\
Dans les dernières années de son abbatiat, se place une nouvelle invasion des Normands, au cours de laquelle le corps de saint Martial fut transporté hors de Limoges et caché dans le château de Turenne dans le Bas-Limousin ^^\
La date de cet événement est difficile à déterminer exactement, car les textes ont négligé de l'indiquer. Les Annales manuscrites de Limoges nous disent que la translation du corps de saint Martial eut lieu au temps de l'évêque Anselme, qui occupa le siège épiscopal de 859 à 898 environ ^5\ Cette chronique est malheureusement une compilation de basse époque et de bien peu de valeur ^^*; toutefois nous savons par ailleurs qu'il y eut dans l'Aquitaine une invasion de Normands en 888 ^'\ Nous pouvons dès lors proposer, malgré l'absence de textes plus précis, d'admettre cette dernière date.
1. « ... Huncabbatem non mitterem in cathalogo, nisi fuerit monastico habitu indutus ; nam corde secularis multas ecdesias et terras a basilica Sancti Martialis abstulit et secularibus potestatibus inutiliter concessit » (Adémar de Chabannes, Commémorai io y éd. Duplès-Agier, p. 2 et
2. Deloche, Cartuîaire de "Beaulmiy p. xxviii. Beaulieu est un ch.-l. de co" de Tarr. de Brive, Corrèze.
3. Duplès-Agier, Qjronîques de Saint-Martial y p. 240 et 241.