‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 59 sur 470 · Turenne, ce du co" de Meyssac, arr. de Brive, Corrèze · texte numérisé non relu

Turenne, ce du co" de Meyssac, arr. de Brive, Corrèze

5. Les Annales manuscrites de Limoges (éd. Ruben, p. 114), tout en plaçant cette invasion au temps de Tévêque Anselme, la datent de l'année 911. Or le dernier acte dans lequel intervint le prélat est, à notre connaissance, un acte de 897 (Deloche, Cartuîaire de Beaulieu^ p. 30).

6. Elle a été rédigée en partie au xv^ siècle, et achevée seulement au xviie. Cf. l'introduction de l'édition Ruben, écrite par M. Paul Ducourtieux.

7. Rodolphe, qui venait d'être proclamé roi de la Bourgogne-Transjurane, marcha sur eux et les défit complètement (Adémar de Chabannes, Cljronique, 1. III, chap. XX).

Le chroniqueur Adémar de Chabannes a tracé dans un de ses sermons un récit pittoresque de cette invasion ^'K II nous représente les « païens » se précipitant comme un torrent de TOccident en Aquitaine, brûlant les maisons et dévastant les campagnes sur leur passage. Il nous dépeint la terreur des Chrétiens, qui s'enfuient au loin à leur approche. Le peuple de Limoges ne tenta pas une résistance impossible et alla chercher un refuge dans les montagnes. Les moines de Saint-Martial abandonnèrent eux aussi leur monastère, en emmenant le corps de leur saint patron, qu'ils cachèrent au château de Turenne, sous la garde de quelques-uns d'entre eux, et notamment d'un certain Adalbert dont la vie de saint Géraud d'Aurillac parle avec éloge ^^\ Le souvenir de cette translation était encore vivace à Turenne au milieu du xvii*^ siècle, et on montrait l'emplacement de la tour où, selon la tradition, les reliques avaient été déposées ^^K

A en croire M. l'abbé Roy-Pierrefitte ^*\ le corps de saint Martial n'aurait été ramené à Limoges que vers 895. C'est fort peu probable. L'invasion des Normands au cœur de la France ne se prolongea pas pendant plusieurs années ; les populations revinrent dans leurs foyers, aussitôt le danger passé. Or, probablement en 892, Eudes, comte de Paris, au cours d'une expédition en Auvergne contre Guillaume le Pieux ^5 ^ passa par Limoges, et, d'après le témoignage de Richer, s'arrêta à la basilique du Sauveur, pour faire baptiser quelque païen ^^\. La seule présence du prince semble indiquer que le calme était revenu à Limoges, et tout porte à croire, dès lors, que les reliques de saint Martial reposaient dans leur crypte.

1. Adémar de Chabannes, Sermons inédits. Bibl. Nat., ms. latin 2469, fol. 69 vo.

2. «... Adalbertus ille videlicet monachus, qui apud Lemovicas verbum Dei solet populo predicare, thesaurum quippe sancti Martialis Torene custodiebat, qui pridem ob metum paganae gentis illic fuerat deportatus » (Vie de saint Géraud d'Aurillac, 1. I, chap. XXXII).

3. Cette tour sauta en i63o(Maldamnat, Remarque sur les faussetés de la table intitulée : a Table chronologique }} y p, 122).

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