‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 62 sur 470 · Voir ci-dessus au chapitre précédent, p · texte numérisé non relu

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3. R. de Lasteyrie, Comtes et vicomtes de Limoges y p. 59. Cest à tort que certains auteurs modernes ont prétendu que les vicomtes de Limoges avaient été créés par les abbés de Saint- Martial. Aucun texte ancien ne justifie cette thèse, absolument insoutenable.

4. C'est ainsi par exemple que dans le Bas-Limousin les seigneurs de Castelnau et de Turenne étaient parvenus, sous le titre d'avoués ou d'abbés séculiers, à dilapider les domaines de la puissante abbaye de Beaulieu. Cf. Deloche, Cartuî. de BeauJieu, p. xviii et ss.

5. Qpand les Clunisiens s'introduisirent par ruse dans le monastère de Saint -Martial, en 1065, ils allèrent se cacher dans l'église Saint-Michel-des-Lions « prope curiam Vicecomitis » (voir pièce justif., n© VII). — Le souvenir de l'emplacement occupé naguère par le Château des vicomtes est conservé par le nom de la place dite « de la Motte » .

6. Nous verrons ci-dessous (chap. VI), qu'au xiii* et au xiv* siècle certains vicomtes refusèrent de prêter serment, et que les abbés saisirent la vicomte pour les amener à céder.

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ORIGINES DU CHATEAU DE LIMOGES 6l

Au x^ siècle, le Château n'était encore qu'une petite ville, qualifiée seulement de Castellum ; mais il ne tarda pas à prendre une importance de jour en jour croissante. Capitale politique du Limousin avec les vicomtes, centre religieux du pays avec Tabbaye de Saint-Martial, un des pèlerinages les plus fréquentés de la région, le Château prospéra rapidement, et draina petit à petit toute l'activité et tout le mouvement de la Cité épiscopale. Aujourd'hui les deux villes ont été fondues dans une agglomération unique ; mais tout le mouvement commercial et intellectuel de Limoges se trouve encore concentré dans ces vieilles rues du Château, qui avoisinaient naguère l'abbaye de Saint- Martial.

C'est pour sauvegarder cette ville naissante, que Charles le Simple ordonna à l'abbé Etienne de construire deux tours nouvelles, la tour Orgolette, située au carrefour actuel des rues des Taules, Poulaillère, Fourie et du Consulat ; la tour Fustinie, située sur l'emplacement de la rue Monte-à-regret ^'\

L'abbé Etienne, fier de ses nouvelles constructions, voulut donner son nom à la ville nouvelle et l'appeler Stephanopolis, dénomination que la postérité n'a pas ratifiée ^'\ Outre ces travaux importants, l'abbé éleva la maison dite « aux Eschausiers », c'est-à-dire une habitation pour les excausarii ou officiers de justice de l'abbaye ^^\ Dans l'intérieur de son monastère, il introduisit enfin diverses améliorations, et plaça sur l'autel de la basilique du Sauveur un ciborium doré, orné de pierres précieuses, que les textes appellent Murena ^^\

1. « Turres duas fecit, unam contra Scutarios, nomine Orgoletum; alieram contra Arenas, nomine Fustiniam i> (Adémar de Chabannes, Commémorai îo y éd. Duplès-Agîer, p. 3). Les Scutarii étaient des monnayeurs qui habitaient le quartier dit de la Monnaie. Les Arènes étaient les ruines des anciennes Arènes romaines.

2. «... Et ex nomine suo ipsum castellum, nominavit Stephanopolim, quasi Stephani civitas » (Adémar de Chabannes, Commemoratio, éd. Duplès-Agier, p. 3).

3. Voir sur les excausarii une note intéressante de M. Louis Guibert (Doc. sur rhist, munictp, de Limoges, t. I, p. 112).

4. « ... Composuit super altare Salvatoris ecclesiam ex auro et gemmis et argento, quara vocavit Murenam » (Adémar de Chabannes, Commemoratio, éd. Duplès-Agier, p. 3).

62 l'abbaye a la fin du X* SIÈCLE

Lahbaye dans la seconde moitié du X^ siècle.

Uabbé Etienne mourut le i8 des kalendes de décembre 937(14 novembre), et eut pour successeur Aymon, le frère de l'évêque de Limoges, Turpin d'Aubusson ^'\ L'abbé Aymon était très lié avec saint Odon, abbé de Cluny, qui aurait écrit la vie de saint Géraud d'Aurillac sur sa prière, à en croire la préface *^^ ; mais ses relations n'ont point eu pour résultat de soumettre l'abbaye de Saint-Martial aux moines de Cluny, comme M. Sackur l'a écrit dans un livre récent, et par ailleurs très documenté ^'\

M. Sackur s'est, en effet, mépris sur la portée réelle d'une pièce datée de 942, et publiée par Mabillon dans ses Annales Bénédictines ^^\ Cette pièce est un acte d'association spirituelle entre l'abbaye de Saint-Martial et celle de Saint-Benoît-sur-Loire.

L'on sait combien ces pieuses unions de prières étaient fréquentes au moyen âge. Comme tous les grands monastères de l'époque, Saint- Martial avait conclu des socieiates analogues avec la plupart des abbayes, des prieurés, et des églises du centre de la France ^^^ Elle s'était liée par des associations du môme genre avec certains moines de Cluny ; mais si elle entretenait avec les Clunisiens des rapports excellents, dont témoigne la pièce en question, elle n'était nullement tombée sous leur dépendance. Nous connaissons, du reste, la date exacte à laquelle Saint-Martial fut soumise à Cluny, et dans ces mêmes Annales Bénédictinesy Mabillon a publié deux pièces qui permettent de la fixer sans

1. Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p. 40; et Duplès-Agîer, Cljroiiiques de Saint-Martial^ p. 240 et 241.

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