‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 83 sur 470 · Continuateurs de la Commemoratio, p. lo · texte numérisé non relu

Continuateurs de la Commemoratio, p. lo

7. «... Ad secularia négocia satis idoneus, ... in scripturis ... minus habilis » (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Noi'a Bihî. mss., t. II, p. 299).

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dans le but de demander au Pape de les excommunier. Celui-ci ne voulant point y consentir ^'\ il dut se décider à regagner la France et à aller en personne à Limoges pour essayer de résoudre le conflit. Au cours de son voyage, il faillit perdre la vie dans une aventure tragique. Convaincu dès lors que saint Martial avait voulu lui donner un avertissement salutaire, il accueillit favorablement les réclamations des moines, et fit droit à leur requête. Il cassa Tabbé Bernard et décida qu'il y avait lieu de procéder à une nouvelle élection. En sa présence, le prieur de Solignac ^^\ Amblard, fut élu ; mais il y eut des diflicultés pour se mettre d'accord sur son nom. Amblard appartenait, en effet, à l'ordre de Cluny, et il est vraisemblable que les moines voulaient élire un des leurs.

Aussi, pour prévenir des discussions irritantes lors des élections abbatiales, le chapitre décida qu'à l'avenir, quand l'abbé serait un moine de Cluny, le prieur serait un moine de Saint-Martial, et réciproquement ^^\

Sous l'administration de l'abbé Amblard, un grand malheur vint frapper l'abbaye. Elle fut ravagée en l'année 1123 par un terrible incendie, qui causa les plus grands dégâts dans le Château. Les bâtiments claustraux, le cloître et ses dépendances, peut-être même la basilique, furent très endommagés, et dans la ville, les églises Saint- Pierre du Queyroix, Saint-Michel-des-Lions, le couvent de Saint-Martin-hors-les-Murs furent détruits ^^K

1. « .. Pontius Papam expetiit, orans ecclesiam S. Martialis ponere sub interdicto ; quod Sunimus Pontifex injustum fieri judicavit (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova Bihl. mss.y t. II, p. 299). Les moines de Saint-Martial, en vertu des privilèges d*Urbain II, dépendaient directement du Pape, et ne pouvaient être excommuniés que par lui.

2. « .. Prior Solemniacensis » (Geoffroy de Vigeois, ibid.)y c'est-à-dire prieur de Solignac et non de Souvigny, comme Ta cru faussement M. Duplès-Agier {Oyroniques de Saint-Martial ^ p. 10). Une chronique manuscrite de Solignac, conser\'ée à la Bibl. Nat. (ms. français, 19857, p. 93), le mentionne du reste comme prieur.

3. a ... Ut haberent Lemovicenses priorem ex monachis S. Martialis, cum haberent abbatem ex Quniacensibus et e converso » (Geoff'roy de Vigeois, ihid.),

4. «... Monasterium cum adjacenti villa incendio concrematum est; claustrum etiam et cetere officine, que ignis consumere potuit, deletum est.... » (Continuateurs de la Commemoratio, éd. Duplés-Agier, p. 10). « Castrum Lemovicense, S. Martialis monasterium, signa clocarii, claustra, officine, ecclesia S. Pétri de Quadrivio et S. Michaelis de Leonibus, cœnobium S. Martini extra muros ... igné concremata sunt « (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova Bibl. mss,, t. II, p. 299. Voir aussi Bernard hier, éd. Duplès-Agier, p. 52).

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L'abbé Amblard s'occupa immédiatement de réparer le désastre, et, selon le témoignage de Geoffroy de Vigeois, ses nouvelles constructions furent aussi somptueuses que les anciennes *'\ Tandis qu'il était occupé à ces travaux, une source jaillit à l'intérieur de la crypte de Saint-Martial, qu'elle ne tarda pas à inonder (i 125). Il fallut pour épuiser les eaux et les rejeter au dehors, poser des conduites en pierre à travers l'église Saint-Pierre-du-Sépulcre *^\

Amblard, dont l'influence était grande dans tout le Limousin, joignit ses instances à celles de l'évêque Eustorge, pour décider le vicomte de Limoges Adémar, et Gaucelin de Pierre-Buffière qui se faisaient la guerre depuis plusieurs années, à se réconcilier. Les deux adversaires firent la paix. Ils vinrent, escortés de nombreux chevaliers, abdiquer leurs haines sur le tombeau de saint Martial et, en présence de l'abbé et de l'évoque, se jurèrent une amitié éternelle '^\

En II 34 Amblard assista au concile de Pise, avec l'évêque de Limoges. Comme la route était peu sûre, il se joignit pour revenir à un groupe de prélats et d'abbés '''*, qui rentraient également en France. Mais ils tombèrent tous ensemble dans une embuscade à Pontetremolo en Lombardie, et furent emprisonnés et maltraités. Ils ne furent reldchés que sur l'intervention personnelle du pape, à qui l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, écrivit pour le mettre au courant de la situation **'. C'est ainsi qu'ils purent continuer leur chemin et, sans autre mésaventure, l'abbé Amblard parvint à regagner l'abbaye de Saint-Martial.

Deux ans après son retour, il reçut en iijy, le roi Louis le Jeune,

1 . (ï In cujus restitutione, plurimum laborans, non viliora quam prius consumare studuit » (Geoffroy de Vigeois, ihid.).

2. « Rivulus infra sepulchrum S. Martialis tam exubcrans erupit, ut nisi a populis ejiceretur, thalamus Apostoli aqua repleri crederetur. Fit igitur per mcdiam S. Pétri basilicam meatus ex magnis lapidibus » (Geoffroy de Vigeois, îhid.).

3. « Aniici anibo venerunt in sepulchro S. Martialis et, présente Hustorgio episcopo et abbate Amblardo, in conspectu innunierabilium virorum juravit alter ad alterum fidelitatem ... Cartade hoc pâcto per alphabetum scripta et partita est. Haruni una apud S. Martialem servata est, aliam habuit Gaucelinus » (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Wnuj Hihl. mss., t. II, p. 301).

4. Parmi lesquels l'archevêque de Reims, les abbés de Vézelay, de Saint-Germain-des-Prés, de Corbie, etc.

5. Cette lettre est publiée dans le Recueil des Historiens de France (t. XV, p. 629). C'est à elle que nous empruntons tous les détails -de notre récit.

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qui passa par Limoges avec sa femme, Éléonore d'Aquitaine *'\ Amblard alla le recevoir avec l'abbé de Saint-Augustin aux portes du Château, et le roi fit son entrée dans la ville, entouré d'un brillant cortège où se trouvaient Pierre de la Châtre, archevêque de Bourges, et Geoffroy de Lorroux, archevêque de Bordeaux ^^\

Peu après le départ du roi, l'évêque Eustorge, qui se trouvait déjà malade, vint à mourir le 29 novembre 11 37 ^^\ Le choix de son successeur suscita de nombreuses difficultés. Les uns en effet élirent Géraud, doyen de Saint-Yrieix et neveu d'Eustorge; les autres lui opposèrent labbé Amblard.

L'abbé, sans se soucier de son concurrent, voulut se mettre en possession de l'évêché. Mal lui en prit. Un certain Pierre Laurès vint en effet, au nom du pape, lui interdire de quitter l'abbaye, et comme Amblard refusait de l'écouter, jine discussion violente s'ensuivit, au cours de laquelle un homme de sa suite blessa Laurès. Ce dernier, furieux, partit incontinent pour Rome, voulant montrer au pape le sang qui avait été répandu sur ses vêtements ^^\ Amblard de son côté, sentant la nécessité de se justifier, voulut le suivre. Mais avant de gagner l'Italie, il passa par Cluny, pour demander à l'abbé Pierrele-Vénérable de vouloir bien intervenir en sa faveur. Il éprouva de sa part un refus catégorique. Voyant dès lors sa cause perdue d'avance, il se découragea et revint à Limoges, Pendant ce temps, son concurrent Géraud se rendit auprès du Saint-Siège. Il fut bien accueilli par le pape '^^; mais il dut remporter plus de bonnes paroles que de promesses solides, car il jugea nécessaire, en voyant qu'il ne recevait pas sa nomination, de retourner peu après à Rome. Pour convaincre la

1. Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, NovaBihl. m$s., p. 307-308.

2. Geoffroy de Vigeois (Jhid.)2L confondu les noms de ces deux archevêques.

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