‹ L'Abbaye de Sainte-AphrodiseChapitre 15 sur 37 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Du triomphe dAnquisée.

Anquisée prit ] possession de la ville.

Quoiqu'il en eût, il fut fidèle au serment qu'il avait juré dans un moment d'ivresse : il craisToait ses dieux. Il laissa pour g"ouverneur de l'île conquise un de ses généraux, puis il reg'as-Da sa patrie.

Ariane et Aphrodise élaient enchaînées sur le vaisseau roval. Elles ne se plaignaient pas de leur sort. Aphrodise même chantait au Seig^neur des hvmnes

de reconnaissance ; elle baisait des chaînes qui lui semblaient lési^ères. Parfois Anquisée entrait dans le réduit qui servait de prison à la princesse et à sa mère ; il avait aux lèvres des rires d'insulte ; mais les captives n'y prenaient pas garde ; Aphrodise ne le voyait ni ne l'entendait ; c'était Dieu qu'elle écoutait, c'était Dieu qu'elle contemplait.

Un messag-er rapide avait averti de la nouvelle victoire les sujets d'Anquisée; et il avait bien fallu qu'on préparât aVguerrier invincible une réception triomphale. Lui ne voulut pas que fût épargné aux prisonnières le traitement infâme dont il les avait menacées. Elles durent paraître dans le cortège vêtues des plus grossières étoffes, et liées par les mains au char du vainqueur. A leur passage,

beaucoup de femmes, et quelques hommes, eurent des larmes furtives.

Aphrodise était toute souriante ; elle suivait le char, étrang-ère à ce qui l'entourait. Les ang^es jouaient pour elle, sur les harpes sacrées, des mélodies impérissables. Au ciel, planait une colombe.

Le soir, on les conduisit toutes les deux à la plus grosse tour des remparts, et on les y enferma dans le plus sombre et le plus étroit des cachots qu'on put trouver. Mais une lumière miraculeuse les éclairait dans leur prison.

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