CHAPITRE I
Comment le roi Denys se mit à voyager et de la rencontre qu'il fit du saint apôtre Thomas.
Ici commence la vie de sainte Aphrodise, écrite par dom Barthélémy, chapelain.
Le roi Denys était prudent et sage ; il gouvernait, à la joie de ses sujets, un beau royaume, sur les confins de la Perse et de l'Inde ; il s'intéressait fort à lapros-
périté des champs, et il avait enseig-né à son peuple comment on plante la vig-ne, comment on la cultive et comment on en tire le vin heureux et bienfaisant. Cette leçon lui valut dêtre aimé plus encore ; et il n'y eut pas de jour où, dans le pays, on ne célébrât des fêtes, on ne fit des danses et l'on n'inventât des chansons.
Denvs résolut de porter par toute la terre la gloire tranquille des pampres ; il voulait que la paix naquît entre les hommes ; il savait, d'expérience, que rien n'adoucit plus les mœurs que la g-aieté, et que rien n'é^raie mieux les hommes que la communion par le vin.
Denys partit pour de lointains voyages ; il pensa que son absence se prolongerait, sans doute, que peut-être il ne reverrait jamais son rovaume, et il confia
les soins du g'ouvernement à des ministres sûrs, et qu'il avait instraits lui-même en la saine doctrine.
Ce fut au cours de son vbyag-e que Denys rencontra le saint apôtre Thomas.
L'apôtre voyageait aussi. Il se rendait dans l'Inde pour en évang-éliser les habitants. Les deux vovag-eurs causèrent, et la lumière de vérité éblouit les yeux du roi Denys. Et comment en eût-il pu aller autrement ? *Notre Seig-neur n'avait-il pas dit que le vin était son sang- ?