‹ L'Abbaye de Sainte-AphrodiseChapitre 21 sur 37 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la vie nouvelle dAphrodise.

Aphrodise vivait tranquille et pure dans la maison du vieillard. Elle comprenait maintenant pourquoi le ciel l'avait sauvée de la mort; elle enseignait aux pêcheurs les vérités de la foi; l'hôte et l'hôtesse furent les premiers qu'elle réussit à convertir.

Sa vie avait beau être des plus modestes, sa renommée se répandit bientôt par la contrée. Jamais ne s'était vue

jeune fille si belle, si sage ; et, des villages voisins, on venait l'entendre, on venait la consulter. Des hommes s'éprirent de son charme; il y en eut qui s'enhardirent jusqu'à lui déclarer leur amour. Elle les plaignit.

Un pâtre, nommé Adon, et de qui l'on vantait la bonne mine, fut plus pressant que les autres, plus téméraire. Aphrodise dut lui défendre de paraître devant elle; il en conçut un vif chagrin, et, un jour qu'il chassait, il fit en sorte qu'un sanglier le blessât mortellement. Aphrodise s'afflicrea fort d'un tel crime, et souvent elle priait le Seigneur d'avoir quelqiîe indiilTenc" ponr le mi^frable Adon.

Page 1