CHAPITRE V
Ce que dit le roi Jovien.
(( Je ne puis, mon fils, que vous complimenter, disait au prince Ifast le roi Jovien. La fiancée que vous vous êtes choisie, bien que son origine soit douteuse^ est dig-ne d'être princesse, et sa beauté ne sera pas une des moindres parures de ma cour. Epousez-la vite, et soyez heureux. ))
Il ajouta, de l'air le plus sérieux qu'il put garder :
« Un conseil, pourtant, mon cher fils.
Veillez sur votre femme. Elle est faite à ravir les plus délicats, et vous... Je ne vous en dis pas plus long-. Veillez sur votre femme. »
Ifast quitta son père. Il était joyeux. Clopin-clopant, il alla prendre Aphrodise ; il la pria de le suivre, mais il ne voulut rien révéler du dessein qu'il avait et, ig-norante de la destinée qu'on lui réservait, Aphrodise obéit. Les prêtres des faux dieux bâclèrent, pour la marier au prince, une cérémonie où elle ne comprit ni g^este ni parole. Puis îfast l'emmena dans ses appartements.