‹ L'Abbaye de Sainte-AphrodiseChapitre 26 sur 37 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De la réception qaon fit au prince Arée.

Aphrodise s'était donné pour tâche d'enseig-ner à Ifast la douceur des vraies croyances. Ifast était ravi des splendeurs qu'on lui révélait. Et le roi Jovien se demandait comment celle qu'il pensait sa bru pouvait, étant belle, garder à un estropié malchanceux une étroite fidélité. Il ne voyait point la princesse aux fêtes de la cour, et la seule jalousie du prince,

jug-eait-il, la contraig-nait à cette attitude sing-alière.

Arée était absent de la capitale; il faisait dans le royaume un voyag'e militaire, pour vérifier l'état des garnisons et la tenue des rég-iments. Un messager vint, qui annonça son retour comme prochain; et le roi, qui ne voulait perdre aucune occasion de réjouissances, ordonna qu'une réception magnifique fût préparée à celui de ses fils qu'il aimait le mieux. Cette fois, il fallut bieuqu'Ifast et Aphrodise sortissent de leur retraite, et accompasi^nassent le roià larencontre du prince Arée.

Il parut. Sa cuirasse était d'or et il avait un casque glorieux, empanaché de plumes somptueuses. Il montait un cheval robuste et léger, dérobe noire, etqu'il

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faisait caracoler à merveille. On l'acclamait. Il saluait les hommes de la main; il lançait aux plus jolies femmes des œillades polies; elles en étaient flattées.

Le roi Jovien accueillit son fils avec une amitié majestueuse. Le prince Ifast fut, à son ordinaire, quelquepeu réservé.

« Je vois, mon frère, dit Arée, que le mariao^e ne vous a guère changé le caractère. Et pourtant, si j'ose, par les attraits du corps, juger des grâces de l'esprit, ma sœur est de celles qui apprivoiseraient le plus redoutable sauvage. »

Il regardait Aphrodise, et sourit luimême de la galanterie qu'il avait dite. Aphrodise rougit modestement, et s'inclina ; Ifast se renfrogna, et Jovien eut un signe d'approbation.

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