‹ L'Abbaye de Sainte-AphrodiseChapitre 27 sur 37 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Comment le prince Arée put rendre visite à la princesse Aphrodise.

Arée avait toujours vu les dames du plus haut rang- se soumettre à ses caprices amoureux : elles se croyaient honorées, les malheureuses, d'en être les victimes. Il pensait que, pas plus que les autres, Aphrodise ne lui résisterait: il se sentait, pour la princesse, un goût qui n'avait rien de fraternel. Mais, chaque fois que le hasard les faisait se rencontrer, Aphro-

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dise baissait chastement les yeux, et elle ne répondait que par un mot bref aux flatteries qu'Arée ne manquait pas de lui adresser. D'ailleurs, les rencontres entre eux étaient rares, Aphrodise vivant solitaire ; et, quand Arée s'était présenté chez elle, elle avait su éviter de le recevoir.

Arée se piqua au jeu, d'autant plus que les jeunes officiers dont il faisait sa plus chère compagnie le raillaient un peu de ses déconvenues répétées. Il fit donc tenir à la princesse la lettre que voici :

Je ne sais pourquoi, ma sœur, vous serablez fuir les occasions que vous auriez de vous entretenir avec moi. Je crains quune réputation quon in a faite à la cour et qui est, J'en conviens.

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assez fâcheuse^ ne m ait nui dans votre pensée. Détrompez-vous^ ma sœur: je ne suis pas V homme dangereux, Vhomme importun quon vous a dit; et gardezvous de croire que votre frère perde rien, en votre présence, du respect quil vous doit. Désormais, je pense, il ny aura plus aucun malentendu qui nous sépare, et j'espère que vous m'admettrez enfin à vous présenter mes très humbles hommages.

Cette lettre perfide ne fut pas sans émouvoir Aptirodise. Elle se reprocha d'avoir, de parti pris, en somme, repoussé le prince Arée: peut-être avait-elle commis une injustice. Elle se résolut à le voir.

Elle le vit. Arée s'étudia d'abord à ne

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pas effaroucher la princesse. Il ne lui dit guère que les compliments d'usage. Elle se rassura. Elle répondit sans rudesse.

On n'échangea que des paroles vagues^ mais d'un ton qui ne cessa d'être poli. En homme prudent, Arée ne voulut pas trop allonger uue première visite; et, quand il se retira, il emporta la permission de revenir.

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