CHAPITRE V
De ce que le roi Denys enseigna aux insulaires.
Les peuples de l'île, bien qu'ils fussent encore presque sauvag-es, accueillirent sans haine le roi Denjs et la princesse Ariane. Ils devinaient qu'on ne leur voulait aucun mal; ils se montrèrent même, dès l'abord, dociles aux enseiacnements qu'on leur fit, et ils n'eurent point à se repentir d'avoir été pacifiques et studieux»
Ces pauvres g-ens n'ig^noraient pas seulement la vig-ne : ils ne connaissaient, des travaux de la campagne, que les plus rudimentaires, et ils n'avaient, pour les pratiquer, que de très mauvaisinstruments. Denys leur donna les plus précieuses leçons; g-râce à lui, l'île, bientôt, se couvrit de cultures. Et Ariane apprenait aux femmes des arts aimables qui leur convinssent. Les insulaires s'éprirent de ceux qui les instruisaient, et ils exigèrent que Denys régnât sur eux.
Rien ne manqua au bonheur de Denys le jour où il put épouser sa chère Ariane. Ce fut encore le bienheureux apôtre Thomas qui bénit leur union. Au cours d'un de ses voyages, il aborda dans l'île; il fut tout joyeux de revoir Denys; il institua une église ; il maria le roi et
LA VIE DE SAINTE APHRODISE 3i)
la princesse, puis il repartit, allant où le guidait son ardeur à propag"er la foi.
Denys était heureux ; Ariane était heureuse.