‹ L'Abbaye du MontSaintEloi, 10681792Chapitre 32 sur 60 · GEORGES BELLOT · texte numérisé non relu

GEORGES BELLOT

A la mort de Jean Malpau, le siège abbatial demeura vacant pendant quinze ans, par suite de différends élevés entre plusieurs religieux qui prétendaient l'occuper.

Dans cet intervalle, le feu dévora la toiture de la ferme de l'abbaye, et le prévôt de Glen s'empressa de réparer ce dommage.

Georges Bcllol , issu d'une honnête famille d'Arras et prieur conventuel du monastère depuis dix-huit ans, fut appelé à la prélaturc du Mont-Saint-Eloi le 6 septembre 1575 par Philippe 11 (1). Il fut béni le 6 février 1576 par Louis de Berlaymont, archevêque de Cambrai. Son caractère modeste et timide lui faisait redouter le trouble et l'agitation ; ne cherchant à nuire à personne , il aimait la paix et la concorde. Bon, humain, libéral et accommodant avec tous, son plus grand désir était de s'occuper du culte ; U se ht remarquer par son zèle a procurer a l'office canonial plus de dignité, en réglant ce qui avait rapport à la liturgie. On lui dut l'institution de l'office du Saint- Sacrement le jeudi de chaque semaine. Plus liabile à s'occuper de ces soins que du temporel de la maison, il en obéra beaucoup les revenus dont la gestion était du reste bien difficile en ce temps de trouble et de malheur. Ce fut lui qui fit refondre les cloches du monastère , et qui restaura le clocher qu'il ût abaisser, pour prévenir les dégâts auxquels l'exposait sa hauteur pendant les tempêtes.

Les provinces des Pays-Bas s 'étant révoltées contre l'Espagne et les puissances confédérées , reconnurent l'archiduc Mathias et le prince d Orange pour leurs chefs dans la guerre qu'elles soutinrent contre don Juan d'Autriche En Artois, les patriotes et les protestants, accusant les Etats de la province d'être les partisans de don Juan , secouèrent le joug des autorités légales. Eu 1578, une émeute populaire livra une partie du pouvoir aux révoltés, qui s'en servirent pour nommer quiuze tribuns; et, ayant à leur tête les chefs des verts - vêtus (2), Ambroise Leducq et l'avocat Nicolas Gosson , ils remplirent les prisons d'Arras des citoyens les plus honnêtes et les plus riches ; la noblesse et le clergé prirent la fuite. Les religieux du Mont-Saint-Eloi qui s'étaient précédemment mis a l'abri dans leur remge d'Arras, durent chercher à Douai une retraite plus sûre. Les bourgeois ne tardèrent pas a prendre le dessus, et le 20 octobre le gouverneur d'Arras, le sieur de Cappes, qui depuis les troubles habitait l'abbaye du Mont- Saint-Eloi, vint délivrer les victimes incarcérées par ces mutins. Leur chef fut décapité et d'autres furent pendus.

Les Etals d'Artois et de la Flandre Wallonne prouvèrent en cette circonstance leur entier attachement a la religion catholique. Des députés d'Artois, de Hainaul

(1) Premier registre aux commissions du conseil d'Artois, f*5li.

(2) Ces vtrts-vétus ou verdtlett étaient ainsi nommés & cause de la couleur de leurs habits. Voir à ce sujet la relation de Pontus Payen et de Nicolas Ledé, publiée par le C" A. d'IIémcourt.

cl des villes de Douai cl d'Orchies, se réunirent au mois de mai 1579, a l'abbaye du Mont - Saint - Eloi , où il? passèrent trois semaines : ils résolurent dans leur conférence mie ces provinces resteraient attachées a l'église romaine et a la domination d'Espagne; vingt-huit articles furent rédigés à cet effet. L'assemblée se rendit ensuite a An-as, dans l'abbaye de Saiul-Vaast, où ces articles furent approuvés parles députés d'Alexandre Earnèse, duc de Parme, gouverneur des Pays-Bas Espagnols. Ces députés étaient Mathieu Moullart, évéque d'Arras; Jean de Sainte-Aldegonde, seigneur de Noircarme, et Guillaume Vasscur, écuyer, sieur du Valhuon. Un Te Deum fut chanté dans l'église de Saint-Vaast à cette occasion (1).

Le 23 janvier 1586, l'évéquc de Vercelle, nonce apostolique, vint faire sa Visitation au Mont-Saint-Kloi et y séjourna deux jours ; il fit quelques exhortations aux religieux réunis en chapitre, et partit ensuite pour Saint-Omcr; il ordonna quelques mois après le synode provincial de Mons. L'abbé Ilellot y envoya deux religieux, Adrien Duquesnoy, alors curé d'Aubigoy, et Michel Coulon, son chapelain. Mathieu Moulait , évéque d'Amis, vint aussi visiter l'abbaye.

Georges Bellot était , ainsi que nous l'avons vu, plus adonné au spirituel qu'aux soins du gouvernement temporel. 11 s'en était suivi un certain relàchemeut dans l'administration. A part l'agrandissement du refuge d'Arras, les revenus de la maison étaient eu souffrance et le monastère était victime de dilapidations de tout genre.

La liasse du seizième volume des titres du Monl-Saint-Eloi , déposée aux archives départementales, concerne en grande partie les bois de l'abbaye : ce sont des plaintes portées par les religieux , relativement à la justice qu'ils exerçaient en ces lieux et a laquelle on portail atteinte , en coupant le bois sans leur permission. Différents jugeiucnls forent rendus par le conseil d'Artois, a cel effet, pour faire réparer les dommages causés ou pour assigner les délinquants. Quelques-uns des condamnes interjetèrent appel, et des discussions s'en suivirent.

Les litres du dix-septième volume font aussi mention de ces emprises. Cependant, il faut dire que les difficultés et les embarras dans lesquels se trouvait l'abbaye , tenaient aussi en grande partie aux malheurs du temps. L'an 1587, la disette et la cherté du blé furent si grandes que le mencaud se vendit vingt-cinq livres et plus. A celte occasion on vil se déployer de nouveau le zèle et la charité des religieux. L'abbaye, toujours prêle à venir en aide aux malheureux et à soulager les infortunes, répandit de grandes aumônes de toutes parts.

(t) 1'. Icnace, tora. il, p. !05.

Locnws, p. 656, Chron. Belg.

L'abbé Georges Bellot mourut le 19 mai 1587, victime en quelques heures d'une indisposition causée par du laitage. 11 était d'un âge fort avancé et avait administré le couvent pendant onze ans, trois mois et treize jours. Il fut enterré sous l'horloge de l'église.

Sous son administration le prieuré d'Aubigny fut successivement gouverné par S. Regnault Pingrelem, 1580, et S. Noél Sueur, 1584.

LOUIS RIPPER.

Peu de temps avant sa mort . l'abbé Bellot avait obtenu pour coadjutour Louis Ripper, alors prieur conventuel. Ce dernier, flls du grand pâtissier de l'empereur Charles Quint, était né à Bruxelles. D fut reconnu unanimement par la communauté, le 22 janvier 1586. Mathieu Moulart, évéque d'Arras, lui conféra la bénédiction au Mont-Saint-Eloi, le 14 septembre 1587, jour de la fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix. L'abbé Ripper était un homme grave, éloquent et plein de vertus ; la dignité et la bienséance présidaient à toutes ses démarches. Toutefois, d'après le jugement qu'en a porté André Le Vaillant, cet abbé se confiait trop aux inspirations qu'il recevait des hommes du monde. Il contracta des emprunts qu'il ne put rembourser, et laissa à sa mort une dette de trois mille florins. Affligé de la goutte, il mourut d'une rupture le 25 janvier 1591. Il habitait alors le refuge d'Arras, dit des Maillets. Son corps fut ramené au Mont-Saint-Eloi et inhumé dans la crypte, devant l'autel Notre-Dame. R avait administré la maison pendant trois ans et six

H est présumable que certaines difficultés s'élevèrent à la mort du dernier abbé et empêchèrent qu'on pourvût immédiatement à son remplacement ; car l'élection du nouveau prélat n'eut lieu qu'après quinze mois de vacance du siège abbatial.

Adrien Duquesnoy qui succéda à Louis Ripper, était originaire d'Eslrée-Cauchy. Les premières années de sa vie monastique furent trop bien remplies pour que

nous ut- jetions pas un coup-d'œil en arrière. Après avoir exercé la charge de sous-prieur au Mont-Saint-Eloi, il était devenu curé d'Auhigny, puis prieur de Hebreuve , et avait rempli ces différentes charges avec beaucoup d'intelligence et île zelc. Ayant reçu la prêtrise, il avait été envoyé a l'université de Douai pour diriger les études des autres religieux dé la maison. Il s'acquitta de ce devoir avec tant de distinction et profita si bien lui-même des enseignements qu'il fut à même d'y entendre, qu'il fut bientôt élevé au grade de bachelier en théologie. Peu de temps après, l'abbé Dellol ne pouvant se rendre au concile provincial de Mons, à cause de ses infirmités, y envoya Adrien Duquesnoy. Ce dernier, par les bons avis qu'il put émettre et le haut degré de connaissance dont il fit preuve, y acquit la réputation d'homme de lettres très-éclairé. Bientôt après, Philippe, roi d'Espagne, a la recommandation de l'évoque Mathieu Moulart, l'appela à la tête du Mont-Saint- Eloi, le 3 juin 1592. D fut béni le 8 juin suivant.

Doué d'un esprit élevé, Adrien Duquesnoy aimait les sciences et les faisait cultiver par ses religieux. 11 les envoya a grands frais a Louvain et a Douai , pour suivre les cours des universités. Cet abbé déploya beaucoup de zèle pour le service divin, et fit preuve d'une grande aptitude dans le maniement des affaires temporelles. Les Etats d'Artois le députèrent, en 1592, à la cour de Bruxelles pour solliciter une remise des impôts qui minaient la province. Le 10 mai de la même année, ayant fait inviter les commis aux honneurs du magistrat d'Arras a sa bénédiction, que l'évoque Mathieu Moulart devait faire en la chapelle du palais épiscopal, ils y assistèrent aussi bien qu'au dîner que cet abbé donna a l'hôtel de Chaulnes, refuge de l'abbaye. Les commis aux honneurs lui présentèrent a celte occasion huit cannes de vin au nom de la ville (1).

Alexandre Farnèsc, duc de Parme, gouverneur des Pays-Bas, atteint de la maladie dont il mourut peu de temps après à l'abbaye de. Saint-Vaast, était venu au Mnnl-Saint-Eloi chercher le calme qu'il croyait nécessaire au rétablissement de sa santé. Son espoir fut déçu, car le mal continuant ses ravages, il y mourut le 10 décembre 1592. Ses obsèques furent célébrées solennellement dans l'église du monastère, en présence des principaux seigneurs de la cour et de la province. Adrien Duquesnoy chanta l'évangile a la messe, où officia l'abbé de Saint- Vaast.

En 1595, la paix qui avait duré assez longtemps entre le roi de France et le roi d'Espagne fut rompue, et la guerre déclarée au mois de février. Les Espagnols,

(I) P. Ignace, supp. aux mita , f" 71-72.

sous la conduite du comte de Fuentès, s'avancèrent vers les villes de la Capelle, du Châtelct , de Doullens et de. Cambrai. L'année suivante , l'archiduc Albert fut envoyé de son côté, et prit celles de Calais, d'Ardres, d'Hulst, et bientôt Amiens tomba en son pouvoir (1597). Henri IV voulant opposer une barrière à ces envahissements, tenta vainement de surprendre Saint -Orner, le 24 novembre 1594, et la ville d'Arras, le 27 mars 1597; ses troupes furent vigoureusement repoussées par les bourgeois de cette dernière cité, encouragés à se défendre par la présence de Moulart, leur évfiquc, qui se trouvait au milieu d'eux, sur les remparts. Durant celte guerre, le 13 octobre 1596, le maréchal de Biron, chef de l'aimé* française, vint camper au Mont-Saint-Eloi et au prieuré d'Aubigny pendant trois jours ; ces soldats y commirent de grands ravages et emportèrent tout ce qu'ils trouvèrent à piller; la résistance de quelques habitants réfugiés dans le clocher, les poussa à mettre le feu au monastère ; ils emmenèrent aussi avec eux plusieurs religieux prisonniers , entre autres sire Maximilien de Mazinghien , pasteur de Gouy, celui de Itebreuves et deux autres qui n'étaient point encore profès. L'un d'eux parvint à s'échapper; un autre, nommé frère Alexandre Seguin et S. Mazinghien, moururent prisonniers en France. Les autres moines durent se réfugier a Béthune et à Douai. Enfin cette guerre se termina par la paix conclue a Ven ins, le 2 mars 1598, à la sollicitation du pape Clément VITJ, qui délégua pour le représenter, le cardinal de Florence, légat, et le général de l'ordre des Cordeliers. Cette paix fut publiée à Arras, le dimanche suivant, 7 juin.

Les députés de l'Artois, du Hainaut , de Lille, de Douai et d'Orchies se réunirent au Mont-Saint-Eloi où ils passèrent trois semaines aux dépens de l'abbaye. Leurs conférences curent pour résultat l'engagement qu'ils prirent de faire de communs efforts pour maintenir le pays dans la religion catholique et rester sous la domination espagnole.

A l'occasion de la paix de Vervins, des réjouissances eurent lieu à Arras, et on fit mie procession magnifique. « La chasse de saint Vindicien était portée par six » religieux du Mont-Saint-Eloi , revêtus de riches dalmatiques, accompagnés des » serviteurs de l'abbaye qui tenaient des flambeaux. L'abbé du monastère , Adrien » Duquesnoy les suivait de près, la mitre en tête et revêtu de ses ornements » pontificaux. Quand le cortège fut arrivé à la cathédrale, la chAsse fut déposée » sur un autel où bientôt le peuple afflua pour venir la baiser et la vénérer. Or, • les arquebusiers d'Arras, qui reconnaissaient saint Vindicien pour patron , avaient ■> demandé aux religieux la permission de porter son corps; mais l'abbé et ses » chanoines ne le jugèrent point à propos, craignant quelque tumulte à celte

» occasion. Quoique leur demande eût élé repoussée, ils vinrent néanmoins avec » des flambeaux pour suivre le corps et lui faire honneur (1). »

Adrien Duquesnoy flt reporter solennellement dans sou abbaye cette châsse de saint Vindicien , qu'on avait déposée dans le refuge d'Arras durant les quatre années de guerre qui venaient de s'écouler.

En 1599, Mathieu Moulart, évéque d'Arras, vint visiter l'abbaye, n convoqua tous les religieux et leur donna des bois pour le bien et la commodité de leur communauté. Peu de temps après, il assista avec un de ses collègues aux funérailles de Philippe II, qui eurent lieu à Bruxelles.

Au mois de novembre 1601, l'abbé d'Anchin, Warnier deDaure, renouvela avec le prélat du Mont-Saint-Eloi la société conclue en 1521 par son prédécesseur, Guillaume Brunei ; il fut convenu que « à la place des clercs, les profès ou prêtres » seraient tenus de lire un des psaumes, et les novices, à la place des convers, >• devraient réciter 150 Pater nosttr et autant d'.lie Maria (2). » Adrien Duquesnoy commença le 80 octobre 1601 une confraternité avec Jacques de Marquais, abbé de Saint - Martin de Tournay, et le 10 décembre suivant avec Pierre Pierrot, abbé de Marchicnnes. 11 s'associa de même le 2-1 octobre 1602 avec Laurent, ministre général de l'ordre des Capucins, à Brindici; le 15 août 1605, avec Jean, abbé de Saint-Amand, le 16 mars 1605, avec Pierre Boizon, abbé d'Ilénin-Liétard, et le 5 novembre 1616, avec Vincent Longuespéc, abbé de Notre-Dame de Loos, près Lille.

Le prélat du Mont-Saint-Eloi officia plusieurs fois in pontificalibus dans les églises dépendantes de son abbaye , malgré les oppositions de son évéque. De plus, il introduisit dans le monastère, à la prière de ses religieux, l'usage du bréviaire romain, la veille de Pâques 1619. 11 permit l'usage du bonnet à ceux qui n'étaient pas prêtres et consacra plusieurs autels. Le 17 inars 1606, il s'éleva une si grande tempête depuis huit heures du malin jusqu'à deux heures de l'après-midi, « que » plusieurs édifices et clochers furent abattus , toutes les couvertures des toits •> emportés, une grande partie des arbres déracinés dans l'enclos de l'abbaye: » l'épouvante fut si grande qu'on crut être à la fin du monde ; les religieux durent " abandonner le chœur, au milieu de la grande messe, et aller achever le service » divin dans la crypte. » L'abbé Duquesnoy s'empressa de réparer tous ces dégâts ; il fil de plus construire dans le parc une chapelle qu'il plaça sous l'invocation de saint Roch. Ce monument, qui existe encore de nos jours, changea plus tard de

(1) L'ahbc PAnenr, Vie de suinte Bertille, p. 108.

<2) Hittoire tle l'Abbmje tFAurhin, par le docteur ESCALUER, p. 18Î.

destination; il devint un lieu de repos pendant la promenade et prit le nom vulgaire de vide-bouteille.

L'abbé Duquesnoy apporta tous ses soins* a la bonne gestion des biens de la maison (1). Il avait été obligé d'emprunter 12,000 florins pour réparer les dommages causés au couvent par la guerre ; il parvint à les rembourser au bout de quelques anuées. Il obtint la permission d'ajouter divers bâtiments au refuge d'Arras (2), et mourut le 9 juillet 1624, 5 l'âge de quatre-vingt-un ans.

Depuis sept ans, il était atteint d'une grave maladie qui l'avait contraint à remettre l'administration de l'abbaye entre les mains de sire François Doresmieux. On remarque encore parmi les religieux de son temps les grands prieurs Eustacbe- Vcrmclle, qui abdiqua pour cause de maladie, en 1599, cl André Le Vaillant, qui devait le premier occuper le siège abbatial, et les prévôts S..Adrien, de Soissons, et S. Alexis Deruelle. La cure du Mont-Saint-Eloi était alors desservie par S. Henri de Hapiot.

Le prieuré de Grand-Rullecourt, dépendant du couvent du Monl-Sainl-Eloi, était gouverné eu 1595 par sire de Resniu, en 1603 par sire Philippe Desaully, et en 1612 par sire Denis Dubois; celui de Rebreuves avait a sa tôle S. Michel Coulon en

(1) 1607, î" septembre. « Propriétés de l'abbaye du Mont-Saiol-Eloi, consistant en la maison, rivicr, prés, digues, etc., d'Anzin, ainsi que quatre autres prés séparés et neuf meocaudées et une coupe de terre en diverses pièces, données à bail i litre de conciergerie pour une somme annuelle de trente livres, monnaie d'Artois. 4 Coquidé et a sa femme, à la charge d'acquitter lesdites terres et prairies de toutes rentes foncières, tailles, gabelles, ainsi que le manoir et le jardin, et d'entretenir le vivier, d'en soigner le poisson, les cignes et oiseaux de rivière, fréquentant lesdits viviers, cl d'en défendre la chasse avec chiens, arquebuse. Les preneurs seront tenus de planter cinquante ou soixante ballots chaque année , de livrer à l'abbaye toute la moulardelle nécessaire ï sa consommation , ainsi que le bois que l'on devra brûler lorsque se fera la muée d'été et aux quatre peseberies et rapoissonnements de&dits viviers. A ces époques, les preneurs devront livrer les comestibles que consommeront les religieux pour leur récréation. Les jours de pescheric, ils délivreront également à chaque religieux un bouquet do violcUes ou de fleurs diverses, selon l'ancien usage , ainsi qu'un chapeau de Oeurs lorsqu'ils font la joute sur l'eau et tirent au chapeau.

> Ils devront rendre Adèle compte des carpes et autres poissons qui auront été livrés ces jours de peseberies el se munir de bâtons et d'arquebuses pour les défendre de nuit comme de jour.

» Considérés comme concierges en ce qui touche les bâtiments et viviers, le sieur Coquidé et sa femme recevront pour gages une somme do dix livres, du blé, des pois et un porc gras et deux estewles chaque année; plus, tous les deux ans, ils recevront six livres pour une paire de housenux, pour l'entretien de la rivière. Les autres instruments seront fournis par l'abbaye. Les preneurs jouiront d'une part des foins provenant des prés dépendant de la censé, i .

Le bail faisant mention de tous ces détails existe aux archives du Pas-de-Calais. Il est sur parchemin et authentique. (Titres de Saint-Eloi.)

(2) Registre aux Mém. d'Arras, de 1615 à 1637, f» 261, verso.

1600, S. Paul Descouleurs en 1615 ; S. Antoine Lerichc dirigeait le prieuré du Perroy ; et enfin l'administration du monastère d'Aubigny était entre les mains de Sire Abel Couicl, prieur, sire Jean Gamelon, prêtre, et sire Frédéric Demailly, curé.

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