‹ L'Abbaye du MontSaintEloi, 10681792Chapitre 36 sur 60 · LE CARDINAL CÉSAR D'ESTRÉES · texte numérisé non relu

LE CARDINAL CÉSAR D'ESTRÉES

Après la mort de l'abbé Pierre Leroy, la liberté des suffrages en matière, d'élection ne fut plus respectée à l'égard des abbayes. Louis XIV, voulant punir le clergé de ses conquêtes, de son attachement à l'Espagne, fit ordonner aux religieux de nommer le cardinal César d'Estrées, ancien évéque, duc de Laon, pair de France et commandeur des ordres du roi. Les chanoines du Mont-Saint-Eloi crurent devoir se soumettre, du moins en majorité, aux ordres du monarque, notifiés par le R. P. de La Chaise, jésuite, son confesseur, et l'élection fut confirmée par brevet du 20 octobre 1685 (1).

César d'Estrées, premier abbé commendataire (2) du Mont-Saint-Eloi, avait aussi

(1) Lettres du roi sur bulles et proTisions de la cour de Rome, portant Domination do Monseigneur César, cardinal d'Estrées, ancien évêque, duc de Laon , pair de France à l'abbaye du Mont-Saint-Eloi, en remplacement de M. Pierre Leroy, décédé. Acte de mise en possession, etc.

8» Registre aux commissions , f> 160, verso.

(2) Avant Louis XIV, les monastères de Flandre et d'Artois ne connaissaient point les abbés commendauires , fâcheuse réminiscence des abbés comtes, et des abbés laïcs du moyen-Ag(\

On distinguait plusieurs sortes d'abbés. L'abbé régulier était un supérieur de religieux , religieux lui-même et portant l'habit de son ordre. L'abbé commendalaire était, a partir de larenaissance , un cadet de famille qui se faisait tonsurer, et promettait de recevoir dans l'année les ordres et la bénédiction épiscopale, promesse qu'on ne réalisait jamais. Ces abbés administraient les fonds de la communauté, prenaient un tiers d« ses revenus, et vivaient à ses dépens è la cour et dans le monde, où ils étaient fort recherchés au dix-huitième siècle; quant à

été gratifié de l'abbaye d'Anchin, en 1681. Les religieux s'étaient soumis à la volonté de Louis XIV, dans l'espoir de profiter des avantages qui pourraient résulter pour l'abbaye de la nomination d'un personnage puissant ; leurs espérances ne tardèrent pas à se changer en regrets amers. Ce prélat n'eut avec l'abbaye que des rapports qui devaient se terminer par les nombreux procès que les moines lui intentèrent.

Se trouvant à Rome au moment de sa nomination, le nouvel abbé fit prendre possession du monastère par son frère, Jean, comte d'Estrées et maréchal de France. En juin 1687, ce dernier s'empara de tous les revenus de la maison et même de seize pièces de vin qu'avait fournies un marchand du nom de Mauroy, et dont il disposa à son gré. Il institua des économes chargés de distribuer les vivres aux religieui. Ceux-ci réclamèrent auprès du conseil d'Etat, qui d'abord leur fit payer par provision une somme de 12,000 livres. Ds en obtinrent ensuite un arrêt daté du 27 juillet 1689 (1), relatif au partage des biens entre la communauté et l'abbé commendataire. On voit par ce titre, qui est déposé aux archives du Pasde-Calais , que les cénobites du Mont-Sainl-Eloi curent beaucoup à souffrir des vexations commises par le maréchal d'Estrées , qui s'était associé pour cela une demoiselle de Créquy, tous deux porteurs de procurations de l'abbé cardinal. Ils avaient dépossédé les religieux, passé des baux de tout genre et touché des pots de vin considérables. Cette conduite obligea les religieux et le grand prieur de présenter une nouvelle requête au conseil d'Artois, le 24 novembre 1688. Elle avait déjà été précédée d'une autre adressée au grand conseil séant à Paris, le 17 novembre 1687.

Celte cour rendit un arrêt le 27 juillet 1690, pour le partage des revenus et la visite des réparations et des ornements de l'abbaye, sur la poursuite des religieux Antoine Lanvin , dépensier, et Dominique Cavrois , receveur du monastère.

Il y est dit « que le grand conseil reçoit ce monastère opposant à l'arrêt rendu » par défaut le 9 avril 1688, en faveur du cardinal abbé; ce faisant, ayant égard » aux lettres de rescision obtenues par les religieux contre la transaction du

l'abbaye, elle était administrée par ud prieur claustral. De nos jours, le nom d'abbé que l'on donne aux ecclésiastiques en leur adressant la parole , n'est qu'une simple formule de politesse.

(1) Arrêt du grand conseil du 27 juillet 1689, pour le partage des revenus cl la visite des réparations et des ornementa de l'abbaye du Mont - Saint - Eloi, de l'ordre de saint Augustin au diocèse dArras, rendu en faveur des religieux, grand-prieur et couvent de ladite abbaye M. le cardinal d'Estrées, abbé commendataire d'icelle.

Imprimé, 10 pages. — Collection, A. Godin.

» 26 mars 1688 , qu'on fera de tous les biens de l'abbaye, non compris ceux du » petit couvent, trois lots égaux, dont l'un sera choisi par le cardinal d'Estrées, » l'autre par les religieux, et le troisième demeurera pour les charges; l'on fera • un inventaire des effets de la cotte - morte du dernier abbé, depuis le 17 fé- » vrier 1685 jusqu'au 22 octobre suivant, suivant que les religieux en ont eu l'ad- » ministration , et depuis ce jour jusqu'au 1 er juin 1687, temps de rétablissement » fait des économes en ladite abbaye par le maréchal d'Estrées. Les religieux se- » ront payés jusqu'au partage de 12,000 livres par an, payables de quartier en » quartier et par avance (1). »

Le 14 avril précédent, jour de la Pentecôte, le cardinal avait reçu du roi Louis XIV la croix de l'ordre du Saint-Esprit. Au mois d'octobre 1695, il vint au Mont - Saint - Eloi et abandonna aux religieux la libre jouissance de tous les biens de la communauté, à condition qu'il lui serait payé une somme de 25.000 livres.

Par requête présentée au conseil d'Artois, en 1700, les religieux du Mont-Saint- Eloi remontrèrent que de toute ancienneté, les habitants demeurant dans leurs mouvances au Mont-Sainl-Eloi étaient tenus de se rassembler le 50 avril, sur la place dite de la (iueulle des Alleux et de tirer au sort huit d'entr'eux, dont la mission était de veiller les bois de l'abbaye pendant celte nuit afin d'empêcher les jeunes gens des villages voisins de couper des mays . ce qui s'appelait veiller le may. Cette année, aucun habitant ne s'étant trouvé au rendez-vous, les religieux prièrent le conseil de les condamner a la réparation de l'atteinte qu'ils avaient portée a leurs privilèges. Un procureur de la cour d'Artois fut chargé d'assigner les habitants. Par acte passé par devant notaire , les délinquants reconnurent celte servitude et s'engagèrent à l'exécuter fidèlement les années suivantes (2).

L'abbé commendatairc s'efforça de faire entrer aux Etats d'Artois le grand prieur de l'abbaye ; mais le clergé s'y opposa en faisant observer que c'était une innovation. Les sollicitations restèrent sans effet de la part du cardinal. L'abbaye ne recouvra son droit d'avoir rang aux Etats qu'après être rentrée elle même sous la prélature d'un abbé régulier.

L'histoire intérieure de la maison, pendant le gouvernement du cardinal d'Estrées, se compose tout entière d'une série d'affaires litigieuses : de tous ses nombreux procès avec les religieux, l'abbé ne gagna que celui qui avait trait à la nomination des directeurs des prieurés du monastère.

(t) P. Ignace, Dictionnaire du diocèse d'Arras, tome il, p. 639 et 610. (S) Arcb. du Pat-de-Ca!»is. Tilrcs de Soint-Eloi. Orig. en papier.

Les armées alliées contre la France étaient venues successivement au Mont- Saint-Eloi, pendant les années 1708, 1709, 1710, 1711 et 1712. Leurs généraux ainsi que ceux des troupes françaises y prirent tour à tour leur logement et leurs quartiers. Le 18 juillet 1708, le colonel Savary, grand partisan, surnommé Baptiste Major, envoyé par les alliés pour lever des taxes, se présenta à la téle d'un détachement de cavalerie, devant la porte de l'abbaye, demandant quelques rafraîchissements pour lui et ses gens. Après différents pourparlers avec les religieux, à travers le guichet, ceux-ci se décidèrent à ouvrir, sous promesse que l'on n'entrerait pas. On leur apporta de la viande, du pain et de la bière. Pendant qu'ils buvaient et mangeaient, le chef attira en dehors de l'abbaye les trois moines S. Lescourcheul , prévôt du monastère , S. Jean-Baptiste Campagne et messirc Pierre , natif de Béthunc. Dès que les cavalière furent rassasiés, Baptiste Major, força ces trois religieux à monter à cheval et a le suivre. Qu'on juge de la surprise et de l'embarras de nos trois chanoines... Il fallut se résoudre pourtant, et la troupe partit au galop dans la direction de Lille. Lorsqu'ils arrivèrent près de Festubert, le guetteur sonna le tocsin et cria qu'il apercevait trois prêtres en surplis et coiffés du bonnet carré au milieu d'une troupe de cavaliers. Le colonel Savary fit un détour; mais un peu plus loin il fut attaqué par les paysans de Risbourg, qui dispersèrent le détachement. Pendant l'attaque, S. Lescourcheul se sauva. Ses deux companons furent conduits à Armentières, où ils purent prendre la fuite à la faveur de la nuit (1).

Le 28 juillet 1708 , le comte de Tilly qui commandait une partie des forces alliées, laissant Labasséc sous la garde de quatre bataillons, vint camper à Lens, où U fut rejoint vers le soir par vingt escadrons et quinze bataillons d'infanterie. Le 29, vers les deux heures de l'après-midi , on détacha 2,500 chevaux avec les dragons de Lambert , les hussards, 1,000 grenadiers et le régiment du prince royal de Prusse , sous les ordres du comte d'Erback et du brigadier Wondenberg. Ce corps d'armée arriva le soir entre Arras et l'abbaye du Mont-Saint- Eloi. On logea dans ce monastère le régiment du prince de Prusse. Les grenadiers furent postés le long de la Scarpe à Bray, Ecoivres, Acq cl Frévin-Capelle. Deux mille chevaux , les hussards et les dragons de Lambert passèrent à Aubigny où restèrent les cinq cents autres chevaux avec de l'infanterie. Après avoir brûlé quinze villages de Picardie, pris des otages, les 2,000 cavaliers rejoignirent, le 31, le

(I) P. Ignace, Dictionnaire du diotèse, tome 1", page 5G5 et suivantes.

Le même S. Jean-Baptiste Campagne vivait encore en 1731. Lui-même a rapporté ce fait.

détachement près d'Arras et le comte d'Erback retourna le soir au camp de Lens, d'où le comte de Tilly se retira le lendemain et sortit de la province le 5 août, par le môme chemin qu'il y était entré (i).

En 1710, Bernard, premier capitaine du régiment de Picardie, commandait un détachement de 400 hommes au Mont-Saint -Eloi. Pendant son séjour à l'abbaye, il préleva des contributions et commit des abus si criants que les députés des Etats d'Artois s'en plaignirent à la cour, et le roi Louis XIV y mit un frein en 1711 (2).

L'année suivante, après la prise de Marchiennes et des abbayes d'Anchin et d'Hasnon, le maréchal de Villars poussa la gauche de son armée jusqu'au Montr Saint-Eloi : il établit ses retranchements entre Carency et Givenchy-en-Gohelle ; la rivière de Souchcz lui servait de fossé (8).

Le cardinal d'Estrécs, homme de cour avant tout, était abbé commendatairc de plusieurs abbayes, notamment de celle de Saint-Germaio-des-Prés à Paris; c'est dans cette dernière qu'il séjournait le plus volontiers et le plus souvent. D y mourut le 9 ou le 10 mai 1714 , à l'âge de quatre-vingt-sept ans accomplis. Ayant toujours joui d'une santé parfaite, il succomba à une courte maladie (4).

Du temps de cet abbé il s'éleva un différend entre le curé d'Ecoivres et les prieur et religieui de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi, au sujet des revenus de la cure. Le curé d'Ecoivres prétendait que « les revenus élaient.fixés par les baui de la ferme » de Chinchy, sans y comprendre toutefois son revestière comme religieux, et ses » nourritures et provisions fournies par l'abbaye chaque semaine, ainsi qu'on » l'avait toujours pratiqué jusqu'alors, ajoutant à ses moyens de possession que la » ferme de Chinchy était composée des biens anciens des curés d'Ecoivres ; que » cependant si les religieux aimaient mieux , il se contenterait de six cents francs » par an pour nourritures et revestière. » Cette dernière prétention fut reconnue par arrêt du conseil d'Etat rendu le 26 septembre 1690 ; on voit dans cette procédure que les religieux et prieur du Mont - Saint - Eloi soutenaient que le curé d'Ecoivres s'arrogeait mal à propos le titre de prieur.

Les religieux S. Ambroisc Duhamel, S. N. Deleruc, S. N. Lcgay, sous-prieurs, desservirent tour à tour la cure du Mont-Saint-Eloi. Nous citerons encore les curés d'Aubigny, S. Nicolas Legay, 1688 ; S. Géry Lesenne, 1691 ; S. Aubcrt Worms, 1696 ; S. Antoine Damicns, 1712 , et le prieur S. Joseph de Lœvacq. Le prieuré de

(1) P. Ignace, Mémoires, tome i", f* 394.

(5) P. Ignace, Dictionnaire, lomo 1", p. G4i5.

(3) P. Ignaci, Mémoires, tome l", f* 447.

(4) Mémoirtt du duc de Saint-Simon, in-H , tome xxt.

Grand-Rullecourt fut administré successivement par les religieux S. Noël Delvile, S. Nicolas Lequien, S. Ignace Dyserain, en 1689; S. Alexis Dupuich, 1707; S. Vindicien Lefebvre, 1708, et S. Jacques Cacheux, 1711. S. Baillcul, S. Flamand et S. F. de Bâillon, dirigèrent le monastère du Pcrroy en 1690 ; celui de Rebreuves fut confié à S. Etienne Rcillc en 1712.

KILIEN DELECEUILLERIE.

Kilien Deleceuillerie, né à Auchy-lez-Labassée, à la censé de Favril, après avoir été successivement curé et grand prieur, fut élu canoniquement le 7 juillet 1715. La cour de France s'était beaucoup relâchée de l'autorité usurpée pur Louis XIV dans la nomination des abbés. On laissa aux religieux au moins l'ombre de leurs privilèges d'élection. Les moines curent le droit d'élire et le roi celui de choisir. Le duc Philippe d'Orléans, régent du royaume pendant la minorité de Louis XV, approuva son élection par un brevet du 29 janvier 1716 (1), à la charge d'une retenue annuelle de 10,000 livres sur les revenus du monastère, payables à divers pensionnaires pendant leur vie. Béni le 21 février 1717, par François de Vafbellc, évêque de Saint-Omcr, dans sa ville épiscopale, avec l'agrément de Gui de Sève, évêque d'Arras, il prêta, la même année, le serment de fidélité au chapitre de la cathédrale , en présence du prévôt Anne-Jacques Delacroix.

Cet abbé fut l'un des députés de la province qui présentèrent le 25 juin 1720 le cahier des Etats à Sa Majesté Louis XV. Le 25 du même mois, il fut chargé de complimenter Monseigneur le régent au nom du pays d'Artois. Ce prélat, par la sagesse de son administration , augmenta les revenus du monastère dont il répara les bâtiments. B augmenta considérablement du côté de l'église paroissiale de Saint-Aubert, à Arras, le refuge de l'abbaye. Ce refuge était attenant a l'ancien hôtel de Ghaulnes, auquel était joint un pouvoir du même nom, qui s'étendait depuis la porte de Cité jusqu'au Wetz-d'Amin et dans la rue de l"Estrée , près de l'hôpital de ce nom. Tous deux formaient un fief ou seigneurie vicomtière, qui relevait du roi à

(1) Nomination de S. Kilien Deleceuillerie, prétre-religieox et ci-devant prieur * la charge d'abbé du Mont-Saint-Eloi. vacante par le décès de César Jeau-BaptUte , cardinal d'Estrée. ii* Registre aux commissions, (* 9té, verso.

Enregistré le 18 mai 1716.

cause de son château d'Arras. Toute la communauté pouvait y résider en temps de guerre ; le pont jeté sur le Crinchon établissait une communication entre le refuge et l'hôtel de Chaumes, où était la chapelle et le quartier abbatial ; le corps de logis se trouvait au-delà du ruisseau (1).

En 1723, le cardinal Guillaume Dubois, abbé commendataire de Saint-Bertin, accorda à ce couvent le dégrèvement d'une pension de 6,000 francs qu'il payait à l'université de Douai : la moitié de cette pension fut mise a la charge de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi et l'autre à celle du couvent de Hasnon, près de Valencieunes (2).

L'abbé Deleceuillerie , frappé d'une attaque d'apoplexie, donna sa démission. 11 mourut un au après , le 29 août 1728, à l'Age de soixante-sept ans. Nous citerons comme ayant marqué sous son administration : Dambrine de Rouvroy, frère de l'abbé d'Arrouaise , et F. Sabin, prieur de Rebreuves.

Les 16, 17 et 18 novembre 1716, cinq chanoines, au nombre desquels se trouvait le futur abbé Roussel, avaient soutenu, au refuge de Saint-Eloi à Arras, des thèses publiques de théologie, sous leur professeur Dominique Toursel, qui allait prendre possession du siège abbatial. Ces thèses furent imprimées à Douai ; elles traitaient des sacrements selon saint Augustin et saint Thomas.

Les religieux remarquables de son époque furent : S. Antoine Damiens prieur de Grand-Rullecourt ; S. Eloi Fourdrin, prieur de Rebreuves; S. Albert Prévost, prieur d'Aubigny, et les curés S. Eugène Doutrebon , S. Martin Lefebvre et J.-B. Hémart, tous résidant dans ce dernier monastère.

DOMINIQUE TOURSEL.

Lors de la démission de Kilien Deleceuillerie, le roi nomma pour assister à l'élection de son successeur, en qualité de commissaires, l'abbé de Marœuil, M. de Curty, commandant de Douai et M. Chauvelin, intendant de la province. L'élection se fil le 15 janvier 1727. S. Dominique Toursel , grand prieur, S. Roussel , sous-prévôt et S. Maurice réunirent le plus de suffrages. Le roi nomma Dominique Toursel (5).

(1) P. Icnace, supp. aux Mém., p. 3"i.

(J) H. Df.laplane, Histoire des Abbés de S<iint-Berttn , tome n, p. 393.

(3) I/abbé du Monl-Saint-Eloi , Dominique Toursel se attachait h la famille du même nom .

Cet abbé naquit au village du Valhuon, près Saint-Pol, diocèse de Boulognesur-Mer, le 10 octobre 1687. Il se flt religieux au Mont-Saint-Eloi en 1705 et fut tonsuré le 20 juin 1707, par Gui de Sève, évêque d'Arras. Il reçut les quatre ordres mineurs le 24 septembre suivant des mains de Pierre Sabatior, évêque d'Amiens ; il fut fait sous-diacre le 22 décembre 1708, par François de Salignac Fénélon, archevêque de Cambrai ; diacre le 14 juin 1710 par l'évêque Gui de Sève, et prêtre le 19 décembre 1717 par le même archevêque. On le fit prieur-curé d'Ecoivres le 1 er août 1715, cl en même temps professeur de théologie. Il exerça ces charges jusqu'à l'année 1716, et fut nommé grand-prieur le 1 er mars 1717 (1).

Son élévation à laprélature fut agréée par brevet du roi Louis XV, le 12 mars de la même année (2), « à la charge de 10,200 livres de nouvelles pensions annuelles » et viagères qui seront dorénavant payées sur les fruits et les revenus de ladite » abbaye; savoir : 8,000 livres en faveur de l'université de Douai ; 2,000 livres au » sieur Pierre Colin, sous-diacre du diocèse de Clermont; 400 livres au sieur » François Léon, clerc tonsuré du diocèse de Toulouse; 800 livres àJacques- » Antoine Quesnel , accolyte du diocèse de Coutance ; 2,500 livres au sieur Ar- » mand-Gustaw-Félix Dandeau, clerc tonsuré du diocèse de Strasbourg; 1,500 au » sieur Charpin de Gametines, clerc tonsuré du diocèse de Lyon. »

Ces pensions attribuées à de jeunes ecclésiastiques devenaient, par leur cumul, ruineuses pour les abbayes. Déjà , en 1716, celle du Mont-Saint-Eloi avait été chargée de 10,000 livres ; ceux qui en furent dotés survivaient encore. Quand les

originaire de Béthune. Une branche s'en était établie dans la ville d'Arras ; entre les membres de laquelle nous citerons particulièrement les deux docteurs en médecine distingués suivants : 1* Antoine-Augustin Toursel , pére , né d'un médecin estimé de cette ville, était admis, en 1771, au collège de Médecine , devint médecin en chef des hospices et des épidémies , professeur a l'Ecole de médecine. Il fut détenu dans les prisons d'Arras, sous le régne de la Terreur ; il mourut le 8 mars 1829. Sa mémoire est encore vénérée dans la ville, où il exerça, pendant cinquante-cinq années, avec une supériorité incontestée, 2« Philippe-Augustin-Nicolas Toursel, fila, héritier d'un nom vénéré dans l'art de guérir, fut comme son père, professeur à l'Ecole de médecine d'Arras. Bibliophile très-fervent , il était membre de l'Acadé mie royale d'Arras : au sein de cette société , le président , dans quelques paroles de regret qu'il donna i sa mémoire t'exprimait ainsi : « N. le docteur Toursel , homme profondément versé dans la science médicale et dont toute la vie a été consacrée au soulagement de l'humanité. (Mém. de l'Acad. d'Arras, t. xiv, p. 1). > Une notice sur le Docteur Toursel a été insérée dans les archives hist. et lilt. dû nord de la France. Ut Hommes et les Choses, t. i , p. 117. (I) P. Ignace, supp. aux Mém., p. 371.

(S) 12 et 30 mars 1717. - Brevet et lettres-patentes du roi portant nomination à l'abbaye du Mont-Saint-Eloi de sire Dominique Tonrscl, en remplacement de sire Deleceuillerie , démissionnaire.

1G» Registre aux commissions, f» 299.

mutations d'abbé étaient fréquentes . les redevances de celte nature s'élevaient jusqu'à la moitié des revenus du monastère

L'abbé Tourselvint remercier, à Versailles, le roi Louis XV à qui il fut présenté le 50 mars 1727, par le cardinal de Rohan, abbé de Saint-Vaast. Le cardinal de Fleury, ministre d'Etat et ancien précepteur du monarque, qui l'avait chaudement appuyé dans sa nomination, eut une large part dans ses témoignages de reconnaissance. Le nouveau prélat fut béni le 25 mai suivant, dans l'église du monastère, par Jean-Marie Henriau, évêque de Boulogne, assisté de Kilien Deleceuillerie, abbé démissionnaire et de Charles Bayart , abbé de Marœuil. En 1729, il fit bâtir le quartier abbatial. On déploya dans la construction de cet édifice une élégance et une richesse inouïes. La décoration intérieure répondait à l'aspect grandiose des bâtiments. L'entrée principale, située en face de la grande porte de l'abbaye, offrait un coup d'œil imposant. En 1732, de concert avec les habitants et la fabrique, il fit rebâtir et agrandir le chœur de l'église. Un ouvrier maçon de Marœuil, nommé Jean Doby, en remuant la terre pour creuser les fondations, heurta avec sa pioche un petit pot de grès. Ce vase ayant été cassé, se trouva contenir soixante pièces d'or, aux armes de France, d'Espagne, de Castille et de Portugal. Il renfermait aussi quelques pièces d'argent.

Le 16 août 1729, un brevet du roi permit aux abbé et religieux du Mont-Saint- Eloi de décorer leurs armoiries d'une couronne de comte et de deux griffons pour support (1).

Deux ans après, l'abbé Tourscl fit faire, du consentement unanime de la communauté, un acte capitulairc, par lequel tous les religieux s'engageaient à porter l'habit violet hors l'abbaye, lorsqu'ils iraient en ville ou en voyage, ce qu'ils exécutèrent la même année ; Us conservèrent sur leur soulanelle violette un manteau noir et court (2).

Jacques-Bernard Chauvelin, seipeur de Beauséjour, maître des requêtes, nommé au mois d'août 1731 intendant de Picardie et d'Artois, eut un fils le 21 juillet 1732. L'abbé du Mont-Saint-Eloi, le marquis de Longâte , Louis d'Houchln et le sieur Ansart de Gonnchem, députés ordinaires des Etats d'Artois se rendirent à Amiens , pour tenir sur les fonts l'enfant , conformément à une décision prise en assemblée générale. Le marquis de Longâte fut parrain au nom des Etats, et la marquise de Ronville, épouse du colonel de ce nom, du régiment de Bour-

(I) Enregistré le 55 novembre 1759. — 16* Registre aux commutions, I* 631. Raktrchet tur l'abbaye du Mont-Saint-Eloi, Tïrmnck , Mémoires de la société de» Aotiquaires de la Morinie, tome nr, p. 507.

(S) P. Ignace, supp. aux Mémoires, p. 374.

gogne -infanterie, fut marraine au nom de la femme de M. Chauvelin, garde des sceaui, ministre et secrétaire d'Etat de Louis XV, pour les affaires étrangères. L'évéquc fit le 25 la cérémonie du baptême ; l'enfant fut nommé Germain-Anne- Louis Artois (1).

Dominique Tourscl fut élu drputé ordinaire des Etats d'Artois le 14 juin 1732. Ce prélat se promenait en carrosse a Arras le 14 mai 1733, fête de l'Ascension, du côkde la citadelle ; son cocher faillit le verser. Toursel en fut si effrayé qu'il se jeta précipitamment hors de la voilure. Cette émotion lui causa la fièvre dont il mourut cinq jours après , au refuge de cette ville. Par ordre du commandant de la Roque qui estimait beaucoup cet abbé, son corps , escorté par cinquante carabiniers de la garnison, fut transporté le 19 à l'abbaye du Mont-Saint-Eloi, où le conseil d'Artois assista à ses obsèques. Il mourut âgé de quarante -six ans, profès de vingt - sii, prêtre de vingt-deux , et fut enterré au bas de l'escalier du dortoir, vis-à-vis l'autel de la chapelle.

Le conseil d'Artois nomma pour administrateurs de l'abbaye pendant la vacance de la crosse, Vindicien Roussel, grand prieur, Flameng, prévôt, deLigny, dépensier et Lourdel, receveur (2).

S. Martin Lefebvre et S. Adrien Tahon dirigèrent le prieuré de Rebreuves, 1728 et 1729. S. Martial Bocquet desservait la cure d'Ecoivres en 1751.

VINDICIEN ROUSSEL.

Le 23 juin 1733 , Charles Bayart , abbé de Marœuil , de la Roque , lieutenant du roi et commandant à Arras pour Sa Majesté, et Chauvelin, intendant de Picardie et d'Artois, commissaires du roi, se rendirent à l'abbaye du Mont-Saint-Eloi pour y recueillir les suffrages des religieux , qui étaient au nombre de trente-neuf votants. Vindicien Roussel, réunit trente-sept suffrages ; Aubcrt Cholin, maître des novices vint le second en voix ; Damiens, prieur d'Aubigny, le troisième ; Jean-Baptiste Campagne , natif d'Izel-lez-IIamcaux et curé du village du Mont-Saint-Eloi , eut aussi quelques voix. Le 5 août suivant, le roi étant à Compiègne-sur-Oise , nomma Vindicien Roussel. Entre autres pensions dont l'abbaye fut grevée à cette occasion,

(1) P. Ignace, Mémoires , tome i", p. 478.

(î) P. Ignace, supp. aux Mémoires, p, 374.

il y eut 1,000 livres attribuées à Descarpentrics, chanoine de Saint-Pierre à Douai et vicu-ofQcial de l'évoque d'Arras. Le roi l'en gratifia pour avoir été commissaire de la part de Sa Majesté à l'audition des comptes de Delecourl, principal du collège royal à Douai, comptes qui n'avaient pas été rendus depuis la dernière guerre, et pour s'être bien acquitté de plusieurs autres charges dans l'université de cette ville, au gré de la cour. L'abbaye fut de plus chargée de 3,000 livres de pension à solder au chapitre d'Airc-cn-Artois (1).

Le nouvel abbé vint au mois d'août remercier le roi a Versailles, a l'exemple de son prédécesseur (2).

Le 17 septembre, Boisot archidiacre d'Arras et Jean-Noél Leclercq, chanoine, docteur en Sorbonne, officiai, tous deux vicaires généraux, vinrent au Mont-Saint- Eloi ratifier l'élection canonique de Vindicien Roussel. Dupuich, chanoine et secrétaire de l'évéque, officia en sa place dans cette cérémonie. L'acte fut affiché aux endroits ordinaires et l'évéque confirma cette élection le samedi 26 septembre suivant, après avoir requis le chapitre de nommer à cet effet deux députés, selon l'usage qui se pratiquait en pareille occasion. Les chanoines Foyelles et Litote s'y trouvèrent (2).

Vindicien Roussel, originaire de Saint - Pol , fut béni au Mont- Saint -Eloi par

(I) P. Ignace, supp. aux Mémoires, p. 374.

A la charge néanmoins des pensions ci-devant créées sur l'abbaye et de 3,000 livres laj,

• aussi ci-devunt accordées à l'université de Douai et en outre 5,000 livres de nouvelles pensions

■ annuelles et viagères, savoir : 2,000 livres aux prévôt, doyen et chanoines de l'église collégiale d'Airc-en-Artois, sous le nom et sur la téle du sieur Alexis Montour, prostré, chanoine

. de ladite église pour estre employées à la réédification de leur église, laquelle somme de 2,000 livres ne sera touchée pendant la vie dudit sieur Montour que sur les quittances du chapitre, franche et quitte de toutes charges cl même du sixiesme à musc de sa destination ;

•• 1,000 livres au sieur Descarpentrics, prestre, grand vicaire et officiai d'Arras à Douay;

• 1,000 livres à sire Général, prestre de la basse sainte chapelle du palais à Paris; 700 livre? . au sieur Sanicr prestre et 300 livres au sieur Vicaire , prestre et professeur de théologie en

l'université de Cacn, que nous voulons estre doresnavant payées sur les fruits et revenus de

■ Indite abbaye , lesdites pensions franches et quiUes de toutes charges et payables tant par

• ledit sieur Vindicien Roussel que par ceux qui posséderont après lui ladite abbaye. •

(a) En 1731 il y eut ordre de la cour de retenir un sixième sur celte somme pour les nouveaux convertis et autres. L'université prétendit que ces 000 livres devaient être payées par les religieux ; il y eut procès au parlement du roi. L'abbé Roussel y présenta requête au mois de janvier 1731. L'affaire fut jugée en juillet suivant. L'abbaye fut déchargée de c« sixième et le conseil ordonna qu'il serait pris sur les 3,000 livres.

t2) llrevet du roi du 3 août 1733, portant nomination de sire Vindicien Roussel à la charge d'ahbé du Mont Saint-Kloi , vacante par le décès du sieur Dominique Tourael. — Enregistré le 10 septembre 1733.

l'évOque d'Arras, Monseigneur Baglion de la Salle, le 29 septembre 1753. Ce prélai avait pour assistants Charles Bayart, abbé de Marœuil, et Bernard Dujardin, abl»« ; d'Hénin-Liétard. De la Boque, lieutenant du roi à Arras, une partie de l'état-major de cette place, le président du conseil d'Artois, les députés des Etats de la province, le grand prieur de l'abbaye de Saint-Vaast et un grand nombre de personnes de distinction assistaient à cette imposante cérémonie.

L'an 1735, le 19 janvier, entre trois et quatre heures du soir, un ouragan terrible s'éleva et le vent souffla pendant une demi-heure avec tant de violence, que l'église en éprouva de grands dommages. Plusieurs fenêtres furent brisées ; vitres, bois, clous, fers et plomb furent précipités avec violence dans le chœur el sur l'autel. On n'eut que le temps de sauver le Saint-Sacrement et les reliques ; le religieux, chargé de ces soius, faillit eï re écrasé par la chûle d'une pierre ; la plus grande partie du toit fut découverte, el les ardoises et les planches emportées bien loiu par la force du vent ; il fallut pendant quelque temps célébrer l'office divin dans la crypte jusqu'à ce qu'on eût réparé ces dégâts.

Au mois de décembre de cette année, l'abbé Boussel fut élu député ordinaire pour le clergé aux Etals d'Artois. Il fut aussi chargé pendant son administration de plusieurs missions auprès de l'université de Douai.

En 1737, on commença à bâtir le grand corps de logis qui devait servir de dortoir aux religieux. Ce bâtiment était remarquable par sa longueur, sou architecture et sa commodité. L'au 1742, Vindicien Boussel ût construire un second corps de logis pour joindre le grand bâtiment des dortoirs au quartier abbatial (1). En 1749. il fit démolir l'ancienne porte d'entrée du monastère, dont les figures, les sculpture et les défenses ou créneaux accusaient une construction remontant au XII e ou XIU C siècle. 11 la remplaça par une autre de style moderne; il avait eu la précaution d'acheter auparavant six ou sept maisons qui en masquaient la vue et qu'il transféra ailleurs pour le bien de leurs habitants. Par ce moyeu, il perça dans le village, une avenue donnant sur la campagne et procurant la vue d'un agréable panorama au milieu duquel se dessinait le prieuré d'Aubigny.

L'ancienne église, avait été tellement endommagée par l'ouragan de 1755, que des réparations n'avaient point suffi pour assurer sa conservation. L'abbé résolut de démolir ce beau monument ogival et il fit rassembler eu 1750 les matériaux qui devaient servir a sa reconstruction (2). Les murs du temple moderne s'élevaient

(1) P. Ignace. Supp. aux Mémoires , p. 801 jusqu'à 808 inclusivement.

(2) Nous avons retrouvé, chez MM. Desfontaine, antiens acquéreurs de l'abbaye, la pierre fondamentale de cette église.

ii la hauteur de plusieurs mètres, lorsque Vindicicn Roussel mourut en 1755.

Tous ces soins donnés à l'intérieur du monastère n'empêchèrent nullement le prélat actif et influent du Mont-Saint-Eloi, de se mêler aux affaires du dehors. Le 1 1 juillet 1745, l'abbé Vindicicn Roussel vint à Marœuil avec de La Roque, lieutenant du roi , et Du Moulin , procureur, présider les élections. Le dernier dimanche de janvier, 1744, il assista avec l'abbé de Choques, à la bénédiction de dom Willard abbé de Marœuil, faite par l'évêquc François Baglion de la Salle , dans la chapelle du palais épiscopal d'Arras. En 1736, les religieux assemblés en chapitre, déclarèrent renoncer au droit de terrage qu'ils avaient réclamé sur un domaine situé au terroir d'Hamelincourt. En 1739, il fut nommé visiteur de l'abbaye de Cercamps par l'abbé de Pontigny, ordre de Citeaux de la filiation de Pontigny et du diocèse d'Amiens. Il fit la visite de ce monastère sur la requête des religieux contre leur prieur, ce qu'il exécuta avec beaucoup de prudence.

Louis XV méditait depuis longtemps une descente en Angleterre. En 1744. il résolut de visiter les ports de la Manche. R partit de Paris dans la dernière semaine de juin, et le 22 ou 25 juillet, le monarque passait à Arras. Pendant le dinerdu roi. Vindicicn Roussel, abbé du Mont-Saint-Eloi , et Joseph Willard, abbé de Marœuil , curent l'honneur d'être debout assez près du fauteuil de Sa Majesté. Le roi demanda au premier combien valait son abbaye? « Sire, 40,000 livres, « répondit le prélat. « Je sais mieux, monsieur l'abbé, » répliqua le roi; ce qui fit sourire toute la cour.

Le lendemain du départ du roi , les duchesses de Chateauroux et de Lauraguais qui étaient de sa suite, visitèrent l'abbaye cl revinrent fort satisfaites des politesses qu'on leur avait faites (1).

L'an 1745, à la mi-octobre, il y eut un incendie qui consuma huit maisons dans le village du Mont-Saint-Eloi.

Nous remarquerons sous la durée du gouvernement de l'abbé Roussel, les religieux S. A. Debuire, S. A.-P. Rrismail, S. Aubert, S. Ambroisc Caullet et S. Vindicien Rlancharl, qui devinrent tous curés au Mont-Saint-Eloi; les prieurs de Rebreuves, S. P. Villetle, 1757, S. Eloi Macquart, 1741, S. R. Rousselle. 1750; les curés d'Ecoivres, S. A. Chauvin, 1741, S. Dominique Lanvin, et S. J Mulet. 1749. Le couvent du Perroy était administré en 1729 par S. Roullet, et S. Guillaume Deligny, en 1740. Les religieux envoyés au prieuré d'Aubigny nirent S.Joseph Desongnies, curé, 1736, S. Claude de Vey, prieur, 1738, S.Maxi-

(I) P. Ignace. Additions aux Mémoires, tome vu, p. (t.

milien de Regneaucourt, curé, 1739, S. Grégoire Raison, curé, 1742, S. Paul Tabary, prieur, 1747, S. Kilicn Gruyellc, prieur, 1782.

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