MARTIN LEFEBVRE
Martin Lefebvre, natif d'Arleux-en-Gohelle et grand prieur du monastère fut nommé 43° abbé du Mont-Saint-Eloi par le roi Louis XV , a l'âge de cinquante-six ans, le 3juinl753(l). Use rendit à Paris au mois dejuillet avec son chapelain nommé Rio, natif d'Arras , pour être béni par l'évéque Jean de Ronneguise, qui était alors député à la cour de la part des Etats d'Artois pour le clergé. Voici comment les ouvrages périodiques , gazettes, journaux, mercures etc., racontent la cérémonie de la bénédiction de cet abbé.
« Le 25 de ce mois (juillet, féte de S. Jacques apôtre (1753), l'évéque d'Arras , » assisté de dom Pierre-Louis Chomel, supérieur général de la congrégation de ■> Saint-Rufe (en Lyonnais) et de dom François Duriez , abbé de l'abbaye régu- » Hère de Moncel et prieur du collège des Prémontrez à Paris, fit dans l'église des " Feuillans la cérémonie de bénir Le Fèvre, abbé de l'abbaye de Saint-Eloi d'Arras, » c'est-à-dire du Mont-Saint-Eloi , à deux lieues d'Arras (2). ■>
Ce fut sous ce prélat que l'église abbatiale , aujourd'hui entièrement détruite , et les deux tours jumelles que nous admirons encore, furent terminées. Du point élevé où elles sont situées, on les découvre à une très-grande distance et elles forment dans les riches plaines de l'Artois, un admirable point de vue. Elles sont de style grec et on peut les comparer aux clochers de Saint-Sulpice, à Paris. Dom Martin Lefebvre poursuivit avec une vive ardeur et avec l'habileté d'un architecte consommé, les travaux du sanctuaire commencé par son prédécesseur. Il y Ut son entrée solennelle en 1761.
Le couvent, sous l'administration de cet abbé, eut à soutenir une longue suite de procès au sujet de ses droits seigneuriaux, souvent contestés, et de ses diverses préci) Lettres-patentes sur brevet de nomination il l'abbaye du Mont-Saint-Eloi de dom Martin Lefebvre, religieux de ladite abbaye, en remplacement de dom Vindicien Roussel, décédé.
Enregistré le 26 juin 1753.
SO" Registre aux commissions, f» 494, verso.
(«) Extrait du supplément au recueil du diocèse d'Arras, p. 368.
i ogatives. En 1764, M. Alexanàïe-François-lgnace de Brandi , seigneur de Marronne, et Jeanne Catherine Mathon, dame d'Ecoivres, son épouse, appelèrent cintre les abbé et religieux de l'abbaye du Mont-Sainl-Eloi, au sujet de la seigneurie d'Ecoivres et du moulin de Chinchy (1).
Les religieux adressèrent aussi aux membres du conseil supérieur d'Arras une supplique concernant le maintien de leur seigneurie d'Eslrayelles (2).
Vers cette époque, l'abbaye du Mont-Sainl-Eloi et le sieur Tbéry, curé de Camhlain, eurent de longs démêlés au sujet des dîmes de cette paroisse et du patronage de celte cure. Dans une délibération du 10 juin 1767, le conseil d'Artois donna gain de cause au curé de Gamblain, qu'il reconnut fondé dans sa demande.
l u des faits importants de l'administration de l'abbé Lefebvre est une transaction passée entre l'abbaye du Mont-Sainl-Eloi et les éehevins d'Arras pour terminer les différends existants depuis près de deux siècles relativement à la juridiction du pouvoir de Cliaulnes (5), situé à Arras et appartenant à l'abbaye. Nous l'avons cru digne d'assez d'intérêt, pour en citer les principales dispositions.
Arras, 29 décembre 1773. Copie authentique sur papier. Sainl-Eloi, Archives du Pas-de-Calais.
<• Les éehevins reconnaissent que ce fief est tenu du roi à cause de son château - d'Arras et qu'il est décoré de justice vicomtière.
» Après en avoir établi la limite et l'étendue , il est conclu que les religieux con- " tinueront de faire exercer la justice vicomtière par leurs officiers en se couronnant
à la justice générale de la ville.
Lorsque, les officiers rendront des sentences de mort pour crimes rom- > mis dans l'étendue de ce llef, ils pourront les exécuter sur un terrain affecté •• a cet effet, sans que l'échevinage puisse y prétendre aucun exercice de jusu liée.
» Les condamnations au fouet pourront être également exécutées dans les • carrefours d'Arras.
01 Voir noire notice sur Ecimrc», Revue du Nord de la France, xix' année, (il Imprime a Arras. Iluil pages, f' 301. — Procès d'Artois, Eglises ct.Abbayes. in-l», Itiblioimjque, A. Goijin.