FIEF DE CHAULNES
Déclarations des maisons et héritages situés en la ville d'Arras, chargés de rentes foncières et seigneuriales vers l'abbaye du Mont-Sainl-Eloi, à cause du lief seigneurial et noble lenemenl vicomtier, nommé le fief de Chaulne» qu'elle a audit Arras , en la nie de Leslrée, renouvelé en 1760.
" Dans toutes les dépendances de ce fief, la justice civile, criminelle ei de police » sera exécutée par les maj eurs et échevins.
» Les religieux jouiront des droits et profits de ce fief. »
En 1760, Martin Lefebvrc était député ordiuaire des Etats d'Artois avec M. de Bcaulaincourl , comte de Maries, pour la noblesse, et M. Gosse pour le tiers-Eiat. Ces députés choisis par les trois corps qui formaient la représentation de la province, étaient chargés de l'administration hors de la tenue des assemblées.
L'abbé mourut à Arras dans le refuge de Chaumes , en 1775. On l'inhuma au Mont-Saint-Eloi.
La cure était alors desservie par le religieux S. Antoine Berloux, celle d'Aubigny par S. Albert Merchier, en 1755, et celle d'Ecoivres, par S. Vaast Dehée. S. Philippe Prévost était prieur de Rebreuves, en 1765, et S. Martin Picavet, en 1761.
ALEXANDRE DORÉMIEUX.
Alexandre Dorémieux remplaça Martin Lefebvre le 5 mars 1776 (1). D'après les renseignements que nous devons a M. Delpierrc, ancien chanoine régulier du Mont Saint-Eloi, qui est mort récemment curé de Blancmont (Belgique). Alexandre Dorémieux était un prélat non moins distingué par ses vertus que par les formes affables et l'urbanité qu'il avait puisées dans sa respectable famille (2).
Ce dénombrement contient cinquante-neuf articles. Il est en papier.
A la (in on trouve la mention de» droits que procurait ce llef ù l'abbaye. Parmi eux on peut citer le droit de Bergaigne, consistant en un balai pour choqoe charretée, broutée, bottes ou faix , et de tous ceux qui Tendaient du pain à estai ; les droits de forage et d'aJTorage.
L'abbaye avait pour exercer la justice en sa maison de Chaulncs, prisons, fers, etc.
(Archives du Pas-de-Calais, titres de Saint-Eloi).
(1) Lettres-patentes sur brevet, portant nomination dedom Alexandre Dorémieux, religieux, > la charge de l'nbhé du Mont-Saint-Eloi , vacante par le décès de Martin Lefebvre. Enregistre le 30 mars 177G.
i' Registre aux commissions , f« 300.
(i) Sept membres de la famille des Dorémieux ont été religieux de Saint-Vaast d'Arras : Pierre, mort en 1554; Robert, en 1561 ; Louis, en 1002 ; Jean, en 1004 ; Alphonse, en 1R30 ; Philippe, en IC.21 ; Pierre, en 1049 ; et Alphonse, mort en 1757. Journal de dom Gérard Robert, religieux de Saiat-V'aasi , p. 197 à 207. (Publication de l'Académie d'Arras.)
Deux autres ont porté la crosse au monastère du Mont-Saint-Eloi • 1" François, qni, nommé p.u l'infante Isabelle, écrivit une vie de saint Vindicien . ainsi qu'une chronique de celte abbaye ei
Nous 11 avons découvert dans les archives que quelques acles peu importants rédigés sous l'administration de cet abbé.
Kn 1776, dès son avènement au siège abbatial, il confirma au nommé Barthélémy-Joseph Leclercq , homme de loi, demeurant au Mont-Sain t-Eloi, l'administration et la recette des revenus de l'abbaye (1).
Au mois de janvier 1780, le roi délivra des lettres patentes par lesquelles il confirmait les acquisitions et échanges de terrains faits par les religieux de l'abbaye ci notamment des terres au profil dn prieuré d'Àubigny (2).
Laconité ressortissait a la gouvernance d'Arras. Au commencement du XVU1" siècle, on voyait encore un reste des bâtiments, occupés jadis par les religieux du Mont-Saint-Eloi , qui en avaient desservi l'église. Le cbœur n'a été reconstruit
mourut le 26 octobre 1639 ; 2* l'avant-dernier «bbé du Monl-Saint-Eloi , Dominé par Louis XIV, était un frère de dom Ferdinand Dorémieux.... On a conservé un beau portrait de lui, ainsi que sa croix abbatiale. Cette croix en or, richement «maillée, a six centimètres de hauteur sur quatre de largeur, elle s'ouvre a volonté par le milieu pour recevoir des reliques et pèse trente-neuf grammes.
D'un coté on y Toit en relief, avec des émaux, le monogramme 1. N. R. I. avec l'image de Notre Seigneur Jésus-Christ, nimbé et suspendu a l'arbre du salut, expirant pour la rédemption des hommes.
Au revers , on aperçoit , incrustée en émaux de diverses couleurs, l'auguste mère de Dieu , également nimbée, la couronne sur la tète, la chevelure pendante ; elle tient son divin fils entre ses bras en le présentant à la vénération des fidèles. A ses pieds est un ange accroupi ; l'enfant Jésus soutient le globe.
Le fond est émaillé couleur d'azur. I*s côtés sont en forme carrée ; quatre tète» de fleur* de lis émaillées vert et blanc, décorent les quatre angles formant la jonction de la croix.
L'ensemble de cet insigne de la prélature présente un travail soigné sous le triple rapport de l'art , de la vivacité des couleurs et de la beauté des émaux, qui malheureusement ont disparu sur divers points. Nous en avons donné le dessin.
On sait que les abbés portèrent la croix cachée au-dessous du camail jusqu'à la tin de la domination espagnole, en 1677. A cette époque, sous le gouvernement français, elles* plaça ostensiblement sur la poitrine, usuge qui s'est toujours maintenu depuis. (M&s. inéd. de Berlin de Wisscry).
Heureusement, la croix dont nous parlons, précieux spécimen artistique, a pu être conservée intacte comme un souvenir de famille ; elle se trouve actuellement entre les mains de Mademoiselle E. d'Anglure, arrière-petite nièce du quarante-quatrième abbé du Mont-Saint-Eloi.
Le portrait original de ce prélat , après avoir échappé h la destruction pendant les mauvais jours du dernier siècle , est aussi soigneusement gardé ; il est échu en partage à une autre petite nièce de dom Doré mieux de Fouquières, a Madame Eugène de Mons d'Uédicourt, au château de Saint-Sauveur, près Amiens (Somme).
Ce tableau est bien peint ; il est justement estimé , il doit avoir été ressemblant. On l'attribue généralement au pinceau d'un bon maître.
(1) Voir pièces justificatives , Lxv.
(2) Enregistré le 10 décembre 1784. - 7< Registre aux commissions, f° 101,
qu'en 1787, par les soins des moines. Elle fut vendue comme bien nalional (1). L'abbé du Mont- Saint -Kloi prétendait être seigneur du clocher et jouir des droits honorifiques dans cette paroisse. Un long procès s'engagea entre l'abbaye et les seigneurs séculiers de cette terre. Un arrêté du parlement de Paris attribua au monastère la possession de ces droits à l'exclusion du baron d'Fsclebecque, dont la maison n'était alors composée que d'un petit corps de logis donnant sur le ruisseau, à gauche, avec une cour hexagone, où se trouvait l'escalier de la tour.
Alexandre Dorémieux mourut en 1786. Les principaux religieux de son administration furent S. Joseph de Vaucennes, sire Lambert Quennesson, curé de la paroisse, tous deux préposés à la vérification des comptes rendus par le sieur Leclercq sur la gestion des biens de la confrérie du saint nom de Jésus, établie par sire Vindicien Blanchard, ancien curé, qui administrait alors le prieuré de Rebreuve; sire Legentil, curé S. Delpierre, né à Canetlemont, décédé en 1856, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans, avait été reçu a la profession religieuse par l'abbé Dorémieux. 11 était devenu maître des novices a l'âge de trente-un ans, lorsqu'il se vil contraint de quitter l'al» baye d'abord, et d'abandonner ensuite sa famille , pour se soustraire à la persécution. Il se ûxa eu Belgique, où il exerça le ministère pastoral. M. Delpierre conserva toujours un grand attachement pour le monastère oii il s'était voué au scrvice.de Dieu. Souvent il répétait que « si la Providence permettait qu'il fut rendu à son ancienne » destination, il s'y rendrait pour terminer sa longue carrière, sous la règle des > chanoines de l'ordre de Saint-Augustin. <> Nous citerons encore les prieurs d'Auhigny S. Guislain Dclcroix. 1778, S. François Bulteau. 1785, S. Vaast Dehée.
ANDRÉ BEUGIN.
André Beugin, né à Aire, succéda a l'abbé Dorémieux, en 1786. Ses lettres de nomination par le roi Louis XVI, sont datées du 26 mars de cette année (2). Il était alors
(!) Bibliothèque choisie do M. le sous-préfet de Ploërmel.
(2) 36 mars 1 780. Brevet et lettres d'attache du roi portant nomination dedom André Beugin, à la charge d'abbé de l'abbaye du Mont-Sw'nt-Eloi , vacante par le décès de dora François Dorémieux.
Enregistré le 4 mai I786. - 7' Registre aux commissions , f» 418, verso.
prieur de Rebreuves. Ce prélat ne tint la crosse que deux ans et quelques moi». hautes capacités le firent députer à Paris pour y traiter des affaires du couvent. La cure d'Aubigny était desservie en 1787 par S. Ambroisc Chebaud. et en 1788 par S. Théodore Soyez.
AUGUSTIN LAIGNEL.
Après sa mort, les voix se portèrent sur Augustin Laignel. né a Aruientières, le 6 décembre 1732. Il était prieur d'Ecoivres au moment de son élection , que le roi approuva (1).
Nous voila parvenu au dernier abbé du Mont-Sainl-Eloi, et en même temps au plus haut point de prospérité de l'abbaye. Il semblait qu'une terrible fatalité avait décidé que la grande Révolution, qui devait absorber tant de richesses, ne devait éclater qu'après qu'elles auraient été amassées avec soin, de manière a rendre la perte plus complète et plus sensible.
L'histoire des derniers temps de l'abbaye du Monl-Saint-Eloi , comme la lin de tous les ordres monastiques et des institutions de l'ancien monde religieux en France, se trouve résumée dans les décrets qui se sont tous succédé de 1790 à 1792. Le premier, en date du 6 février 1790. concerne la contribution patriotique demandée en conséquence du décret de l'Assemblée nationale du 6 octobre 1789.
Le 17 octobre 1789, l'abbé Laignel contribua aux besoins de l'Etat, a titre de contributions patriotiques, pour une somme de 15.000 livres, en déclarant qu'elle excédait le quart des revenus de l'abbaye. La maison du Mont-Saint-Eloi jouissait donc, au moment où elle devait être supprimée, d'un revenu annuel d'environ 60.000 livres provenant de biens fonds et de dîmes 2 .
(Il 19 octobre 1788. — Lettres d'altacbe sur brevet, portant nomination à l'abbaye du Munl- Saint-Eloi, d'Augustin Laignel, religieux de ladite abbaye «H prieur d'Eroivres, <-n remplacement de feu Heugin.
Enregistré le 8 novembre 1788. — 8' Registre au» commissions du conseil d'ArUm, f" 21V, deuxième séné.
(2) Il résulte d'un compte présenté aux directeurs du district d'Arras, par les abbés et religieux du Mont-Sainl-Eloi, du il novembre 1789 au 1" janvier 1791 , que les recettes s'élevaient i 128,877 liv. Hï s. 10 d.. et les dépenses a 151,193 liv. 8 s. - Délicit. 25.615 liv.3s. 10 d.
Archives du Pas-de-Calais Titres de Saint-Eloi. District d'Arras.
« Est comparu raessire Augustin Laignel, abbé du Monl-Saint-Eloi , lequel dé- » clare avec vérité que la somme de 15,000 livres dont il contribuera aux besoins » de l'Etat, excède le quart du revenu de ladite abbaye, et il s'engage a payer cette » somme en trois payements égaux aux termes fixés par l'article 11 du décret de » l'Assemblée nationale du 6 octobre 1789, concernant la contribution patriotique » sans répétition, en cas de remboursement et sans désignation de personne, le tout » autant que ladite abbaye serait conservée dans la jouissance de ses dîmes et >• autres biens, il a signé.
» Signé Laignel, abbé de Sainl-Eloi. »
La suppression des monastères et autres maisons religieuses fut l'un des premiers actes de la révolution. Dans un rapport adressé en 1790 au district d'Arras, la municipalité du Mont-Sainl-Eloi fit observer que a l'abbaye , qui possédait une notable » partie du territoire, avait soutenu jusqu'alors les habitants du lieu, tant par le » travail que par les aumônes ; » elle ajouta que la commune éprouvait une perle immense par la suppression de cette maison , et termina en demandant qu'une partie des biens et revenus attachés à l'ancien hôpital et aux pauvres fût donnée à bail emphytéotique, afin que les indigents pusseut trouver, par ce moyen, du travail , et qu'on pût les empêcher de mendier. Cette demande ne fut pas accueillie.
La municipalité du Mont-Sainl-Eloi avait demandé à entrer en possession de. l'église abbatiale, en faisant observer que l'église paroissiale, qui avait servi jusqu'alors , s»' trouvait trop petite et qu'elle n'avait pas même de clocher. Mais le Directoire Ht observer que l'église abbatiale causerait un entretien annuel trop considérable, et qu'on ne pouvait la conserver sans nuire â la régularité du terrain de l'abbaye, et conséquemment préjudicier à sa vente; qu'en conséquence, la pétition du conseil de la commune ne pouvait être accueillie , sauf a pourvoir à la construction d'un clocher a l'église paroissiale actuelle.
Le décret rendu par l'Assemblée nationale le 8 octobre 1790, et sanctionné par le roi le 14 du même mois, assigna pour maison de réunion aux religieux de Dommartin et de Clainuarais l'abbaye du Moul-Saint-Eloi. Le même décret enjoignit aux religieux de procéder à la nouvelle élection de leur abbé en présence de l'autorité civile (1).
(I) L'an 1792, le 6 du mois de mars, nous, Augustin de Saint-Léger, procureur de la commune du village de Saint-Eloy, accompagné du greffier de la commune, en exécution de l'article SI du titre 1" du décret du 8 octobre 1790, sanctionné par le roy le U dudit mois, nous sommes transporté en la maison de Saint-Eloy , assignée par l'Assemblée nationale pour maison de réuix religieux de Dommartin, Clairmarais et autres. Où étant lesdits religieux présents au
Contrairement à touies les règles canoniques el aux règlements monastiques , le procureur se fil rendre compte du régime spirituel et intérieur de la communauté. Kilo fut bientôt dissoute entièrement, et les religieux se retirèrent pour la plupart en pays étranger (1).
nombre de Î6 volant*, ont procédé en noire présence au scrutin pour l'élection d'un supérieur. Au premier scrutin, M. Laignel a réuni 19 voix, ce qui fait la pluralité absolue des suffrages En conséquence, cette élection lui ayant été proposée, il a déclaré l'accepter.
Les mêmes votants ont procédé de suit* a l'élection d'un procureur ou économe. M. Lcwille a réuni 23 voix, ce qui forme la pluralité absolue des suffrages. En conséquence, cpttc élection lui vivant été proposée, il a déclaré l'accepter.
Lesdits religieux nous ont ensuite déclaré avoir arrêté le règlement de régime ainsi qu'il suit, conformément à l'article îî du susdit décret. (Voir le chapitre suivant.)
KTAT DES RELIGIEUX PROPtS DE LABBAYE DU «OKT-SAINT-KLOI , AINSI (JUE DR CEUX UU1 DEHEI HF.NT
Messirc Augustin Uignel, abbé, âgé de cinquante-huit ans, né le s» décembre mil sept cent l rente-deux.
Sire Adrien Caullet , prieur, âgé de soixante -dix ans, né le vingt-sept mars mil sept cul vingt.
.sire homiuique Lanvin, matlre d'hôtel, Agé de soixante-dix-huit ans, né le seize décembre mil sept cent onze.
Sire Maurice fllot. réfectorier, préposé h la brasserie et au monlin, âgé de fixante- huit ans. n<- le huit avril mil sept cent dix-sept.
Sire Charles Lirson, receveur, âgé de soixante-cinq ans, né le trente octobre mil sept cenl Miigi-quatrc.
Sire Luc de Vey, grand chantre et maître des jardins, âgé de soixante-deux ans, né le iii\-neiif scplembre mil sept cent vingt-sept.
Sire Jean-Baptiste Debret, prévût. Agé de soixante-cinq ans, né le seute marn nul vpt cent tmgt-cinq.
Sire Antoine llertoux , receveur des rente*, âgé de soixante-quatre ans. né le premier novembre mil sept cenl vingt -cinq.
Sire Géry Warlel , bibliothécaire, âgé de soixante-trois ans, né le vingt avril mil sept ,.nt vmgl-sept.
Sire Joseph Devaucenne, archiviste, âgé de cinquante-six ans, né le dix-sept janvier mil « pi i ent trente-quatre.
Sire Umberl (Juennesson . curé, âgé de cinquante-cinq ans. né le onze septembre mil sept cenl trente-quatre.
Sire Florent Delassus, sous-prieur, âgé de quarante-neuf ans, né le vingt-quatre juin mil sept cent quarante.
Sire François Legentil , archiviste, âgé de quarnnte-un ans, né le vingt-sept septembre nul sept cenl quarante-neuf.
Sire Alexis Delepicrre, maître des novices, âgé de trente-un ans.
Sire Grégoire Marliére. prêtre, âgé de vingt-neuf ans. né le quatorze juin mil sept cenl soixante.
Le Mont-Saint-Eloi, comme toutes les localités de France, ne tarda pas .1 ressentir les effets de la grande perturbation publique . soulevée par le mécontentement du peuple contre la royauté et la seigneurie : les religieux exilés, on ne tarda pas à détruire et à vendre tous les trésors que renfermaient leurs maisons.
Déjà, le 4 juin 1790, une mesure gouvernementale avait ordonné l'inventaire du mobilier et des revenus de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi. Le procès-verbal de rt'-co-
Siie Prospcr Lewïlle, professeur, âgé de trente ans, né le trente avril mil sept cent soixanle. Sire Malhias Flamen, sous-chantre, âgé de vingt-six ans, né le treize novrmbrc mil sept cent soixante-trois.
Sire Killien Dubuche, prêtre, âgé de vingt-six ans, né le huit avril mil sept eenl soixantequatre.
Sire Placide Couvreur, prêtre , âgé de vingt-sept ans, né le vingt-huit juillet mil sept ( eni soixante-deux.
Sire André Meurillon, prêtre, âgé de vingt-quatre ans, né le treize novembre mil sept roui soixante-cinq.
Frère Pierre (Million, diacre, âgé de vingt-lrois ans, né le vingt-neuf juin mil sept cent soix.inte- >u.
Frère Augustin Constantin , diacre , Agé de vingt-six ans , né le vingt-neuf août mil sppl cent >oixante-quatre.
Frère Jacques Legrand , diacre, âgé de vingt-deux ans , né le dix-nuit août mil sppl .eut soixante-sept.
S'ensuivent le* noms des religieux demeurant dans le» prieurés ci-après, dépendant de ladite ibbave.
Prieuré dAubigny.
Sire Vaast Dehée, prieur d'Aubigny, âgé de soixante-dix-sept ans, né le seize avril mil sept cent treize.
Sire Eugène Duquesne, maître d "œuvres, âgé de soixante-six ans, né le vingt-quatre août nul -ept cent vingt-trois.
Sire Théodore Soyez , curé , âgé de quarante-deux ans , né le vingt-huit août mil sept cent ipiaranle-scpl.
Sire Bernard Lepirre, prêtre, âgé de quarante-un ans, né le quatorze décembre mil sept cent quarante-huit.
Prieurés de Rebreuves et autres.
Sire Vindicien Blanchart, prieur de ftebreuves, âgé de soixante-douze ans. Sire Joachim Simon, curé de Behreures, âgé de cinquante-quatre ans. Sire Alexandre Bayarl, prêtre, âgé de trente-trois ans. Sire Jérôme Dupont, prêtre, âgé de trente-un ans.
Sire Nicolas Joly, prieur du Perroy, près Béthune, âgé de soixante-trois ans, né le quinze octobre mil sepl cent vingt-six.
Sire Hubert de Lœuvacq, prieur, curé de Crand-Rullccourt, âgé de soixante-deux ans.
Sire Martin Picavel, prieur, curé dEcoivres, âgé de cinquante-huit ans, né le six décembre mil sept cent trente-deux.
Sire Amhroise Chebaud, prieur, curé de Gouy-en-Temois, âgé de quarante-trois ans.
< Archives départementales du Pas-de-Calais, liasse 206 du district d'Àrras. )
b-meni porte la date du 29 décembre 1790. Il Tut rédigé par le sieur Pierre-Joseph Dubron, administrateur du district d'Arras* assisté de Jcan-Baiitiste Mathon, commis-secrétaire du tuéuje district, de Barthélemy-Martin-Joseph Leclercq, maire, et de Hubert-Joseph Leclercq, officier municipal, lu second réçolemcnt fui fait le 21 septembre 1792 par André Goudcmctz, administrateur du dislrci d'Arras, Constantin A'orman. faisant les fonctions de procureur syndic, et Floride le (îavrian, secrétaire-commis.
En 1793, lors de la guerre de Hollande, le commissaire ordonnateur de la 16 e division militaire demanda, le 26 septembre, l'autorisation d'établir un hôpital dans les bâtiments de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi; le Conseil général du département accueillit favorablement celte demande, le 26 du même mois. On voyait encore écrit, en 1851, sur les portes du monastère, les désignations fanatiques de : Salle de la F ntlernilé . Salle de la Montagne (1). Pendant ce temps, la commune du Mont-Saint-Eloi dut procéder a la garde de cet établissement.
L'abbé Laignel n'avait pas cru devoir suivre les religieux en pays étranger; il préféra braver les périls que pouvait attirer sur sa téte sa présence au milieu des séditieux. 11 espérait sans doute qu'eu se cachant pendant l'orage révolutionnaire, il parviendrait plus aisément à recueillir les débris de sa maison, quand de meilleurs jours auraient succédé il ces temps malheureux. Mais il fut découvert, jeté dans les prisons d'Arras, et condamné à augmenter le nombre des victimes de la fureur de Joseph Lcbon. Voici ce que nous avons trouvé' sur le jugement rendu contre lui. le 5 floréal an il (24 avril 1791) :
" Laignel Jacques-Philippe, ci-devant abbé de Saint-Eloi, Agé de soixante-deux » ans, natif d'Armentièrcs, résidant a Arras, condamné à mort pour trahison et » conspiration, pour la conservation d'un grand nombre d'écrits fanatiques et » contre-révolutionnaires. »
Telle fut la fin du dernier prélat du Mont-Saint-Eloi. Sa mort fut d'autant plus précieuse «levant Dieu qu'il l'endura pour n'avoir point adhéré au schisme qui désolait alors l'Eglise, preuve qu'il n'avait point dégénéré, sous le rapport des vertus, de ses v énérables prédécesseurs. L'abbé Laignel avait fait partie des Etats d'Artois. C'était un homme instruit, très-versé dans le maniement des affaires publiques, et très-apte à imprimer a sou couvent une sage direction.
L'abbaye du Mont-Saint-Eloi fut vendue comme bien national à MM. Desfontaine
<li Le village du Mooi-Saint-Eloi dm lui-même échanger son nom contre celui de Nont-la- Lit.erlé.
et nonjcaii. Elle avait été estimée deux fois; la première, le 20 octobre 1792, par le C. Gayant, qui l'évalua 86,275 francs assignats , ce qui. eu valeur réelle, produisait alors 62,980 francs 69 centimes. La seconde estimation fut faite par le C. Leras, le 8 février 1793; elle porta la valeur de l'abbaye à 126.732 livres assiynats, ce qui, en valeur réelle, produisait 70,019 francs 43 centimes (1). La vente s'éleva en assignats a 4,300,000 francs, ce qui. tu numéraire écus . ne produisait, d'après le tableau de dépréciation, que 32,300 francs. La partie de M. Desfonlaiue, à la suite d'un procès, entre le père et le fils, fut divisée en deux parties égales : l'une, où sont situées les tours encore existantes, fut achetée plus tard par M. Dauchez; l'autre échut à M. Crcspel-Pinla. qui l'a revendue dernièrement, **n 1857, a MIL Degaspary et Desruelle.
La partie de l'abbaye achetée par M. Bonjean, et consistant en la ferme et le terrain s étendant vers Berlhonval, appartient de nos jours a M BK la comtesse de Wazières, née Buffin.
La spéculation a renversé un a un jusqu'au dernier îles beaux arbres dont les rameaux séculaires portaient aux deux l'hommage de leur magnificence et protégeaient de leur ombre les lidèles serviteurs de Dieu, qui depuis sept cents an> avaient continué l'ieuvre de leur pieux fondateur. Bien n'indique plus au touriste interrogeant la contrée, les magnifiques jardins où la vigne elle-même a été cultivée. Il faut avancer jusqu'au centre du village et rechercher sur place les vestiges du monastère. Encore est-ce à grand'peine que l'on pourrait retrouver le lieu où s'élevait l'église, et où se dessinaient les cloîtres de celte abbaye si grandiose et si majestueuse!
(1) Mémoire pour les héritiers Liger, pages 3. 7, II, 13. elr. ( Bibliothî-.ruc purin uln'ro uV M. Jules ferin, d'Arras, avocat.)