CRYPTE ET LEGENDE DE SAINT-SAVLN ET DE SAINT-CYPRIEN
Nous avons vu que, par une exception remarquable parmi les églises romanes du Poitou, la décoration générale de l'église abbatiale de Saint-Savin tendait à reproduire successivement les scènes principales des Ecritures, en consacrant aux divers groupes des parties distinctes de cet édifice. A la voûte de la grande nef, des tableaux de TAncien Testament; aux murs de la tribune, les épisodes évangéliques ; à la voûte et au tympan du narthex, les visions apocalyptiques du disciple bien-aimédu Sauveur; aux chapellesabsidales, les figures des saints personnages de la famille de la Vierge Marie, ou de quelques évêques particulièrement honorés dans ce lieu. Les peintures de la crypte complètent cette mise en scène développée des Ecritures, par les détails de la légende glorieuse de saint
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Savin et de saint Cyprien, confesseurs de la foi en Aquitaine.
A la lueur des flambeaux, — car le jour ne pénètre que très imparfaitement dans la crypte de Saint-Savin et de Saint-Cyprien, — on aperçoit dans le premier compartiment, sur le berceau de la voûte, plusieurs rangs de tableaux dont une partie a malheureusement disparu à la suite d'une inondation de la vallée, qui pénétra jusque dans l'église de Saint-Savin (i). Ces tableaux reproduisent, avec naïveté, les phases variées de la longue légende que nous allons rapporter. Pareils, par leur distribution et leur ordonnance, à ces représentations scéniques que le moven âge nommait des Af>^5^ère5 et qui avaient pour théâtre les cloîtres des monastères et les églises elles-mêmes, ils partagent l'exposition des épreuves et du martyre de ces deux Saints en scènes qui se succèdent dans l'ordre de la légende, et, comme dernier trait de ressemblance, suppléent à la présence d'acteurs réels par des légendes concises placées au-dessous de chaque scène, de même par les noms des personnages placés à côté des figures qui les rappellent. Avant de les décrire, rappelons d'abord la tradition ou légende relative à ces deux martys.
Sabinus et Cyprianus étaient, dit-on, originaires de la Bresse, qui faisait alors partie du diocèse de Lyon (2).
(i)Ou plutôt par le frottement des nombreux pèlerins, dont on constate le passage dans ce sanctuaire, par la fumée de leurs torches allumées et appuyées contre les murailles. — L'abbé Lebrun.
(2) Cette légende est extraite de l'Histoire ecclésiastique du Poitou, livre 2, par dom Chamard.
J'ai reçu, en date du 8 juin \SS-, une lettre d'un curé de Saint-Savin, dans l'Isère, dont la fête se célèbre le même jour
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Distingués par leur naissance, ils se firent bientôt remarquer par leurs vertus. Les documents se taisent sur les actions de saint Cyprien jusqu'à sa glorieuse mort. Heureusement il n'en est pas de même de son frère saint Savin.
Nous le trouvons, à la tin du iv* siècle, dans le diocèse d'Auxerre, attaché, en qualité de diacre, à la suite de saint Amator, qui le choisit comme compagnon de voyage, lorsqu'il entreprit le pèlerinage des Lieux saints. Outre les sanctuaires et les lieux témoins de la vie et de la mort de l'Homme-Dieu, les deux saints pèlerins visitèrent l'illustre ville d'Aniioche, Ils y furent accueillis avec honneur, et, en souvenir de leur passage, le patriarche leur offrit le corps entier de sainte Julitte et de son fils saint Cyr, martyrs. Saint Savin reçut pour sa part le bras de saint Cyr.
Cependant le bienheureux Amator ne tarda pas à aller recevoir au ciel la récompense due à ses mérites. L'admirable saint Germain lui succéda. Or on sait
que celle de notre patron (11 juillet). II est bon d'en citer ici quelques lignes :
« ... Mon frère, chanoine de la cathédrale de Grenoble, m'a « fait remarquer que notre paroisse de Saint-Savin, dans l'Isère, « pourrait bien être le lieu de naissance de notre saint, si on « n'en connaît pas positivement d'autre, ou au moins un des « théâtres de ses prédications, attendu que cette partie du diooc cèse de Grenoble appartenait autrefois au diocèse de Belley, if dans lequel se trouve la Bresse. Ma paroisse est la seule du a diocèse qui porte le nom de Saint-Savin et qui l'ait pour Pa- « tron. 11 est donc problable que cette paroisse n'est pas de flt, la création du diocèse de Vienne ni de Grenoble, mais du dio- « cèse de BcUey... Un ancien curé de Saint-Savin (Isère) avait re- « cueilli des débris d'inscriptions sur les pierres de l'ancienne <i église, de style roman, dont il reste encore le chœur qui est a d'un caractère assez antique... X)
Signé: Guillermard, curé de Saint-Savin (Isère).
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l'amour de ce dernier pour la vie monastique qu'il pratiqua, à l'exemple de saint Martin, depuis sa conversion jusqu'à sa mort, autant que le lui permirent les devoirs de sa charge épiscopale. Il ne faut donc pas s'étonner s'il favorisa les aspirations vers la vie religieuse dans les clercs ses disciples. Parmi eux, le biographe du grand thaumaturge signale notamment notre Sabinus.
Voici à quelle occasion. Entre les prodiges qui signalèrent l'épiscopat de saint Germain, le plus extraordinaire est, sans contredit, la conversion de saint Mamertin. Or notre saint Savin fut l'instrument providentiel de cette miraculeuse transformation.
Mamertinus était, au commencement du v" siècle, un des représentants de cette vieille noblesse galloromaine qui persistait, malgré les édits impériaux, à rendreaux dieux de l'Olympe une adoration surannée, s'imaginant qu'à la fidélité au culte de Jupiter était attaché le salut de la république. Dieu prit en pitié la bonne foi de cet obstiné, et^ pour l'amener à la lumière de la vraie foi, il lui enleva l'usage d'un de ses yeux. Loin d'être éclairé par ce châtiment, Mamertinus l'attribua à son peu de ferveur envers les dieux. Il multiplia en leur honneur les sacrifices d'expiation. Son brasse dessécha. Désolé, et poursuivi par la même pensée, il résolut d'aller en pèlerinage à l'un des sanctuaires consacrés à Jupiter que la superstition populaire avait maintenus dans les Gaules, malgré les édits des empereurs chrétiens. Il partit à pied pour mieux apaiser la colère de ses divinités. D'où venaitil ? probablement de nos contrées de l'Ouest. Toujours est-il qu'il passa devant le monastère où saint Savin s'était retiré avec .son frère Cyprien et quelques autres
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clercs de saint Germain d'Auxerre. Le zélé païen aperçut le vénérable solitaire assis à la porte de son monastère ; sa tête rasée, sa tunique de bure^ son costume pauvre et austère, attirèrent l'attention et piquèrent la curiosité de Mamertinus. Abordant le serviteur de Dieu : « Qui es-tu et de quel pays es-tu ? » lui demanda-t-il Sabinus prit occasion de cette curiosité pour Tiniiier à l'origine, au but et aux avantages de la vie monastique, puis interrogeant à son tour le zélé pèlerin de Jupiter : « Et toi, lui dit-il, quelle est ta religion ? et qui t'a rendu si infirme ? — Je suis adorateur des grands dieux, Jupiter, Mercure et Apollon, et en général de toutes les divinités, répliqua Mamertinus, et parce que j'attribue à leur colère les maux dont je suis affligé, je vais implorer mon pardon dans le temple non encore profané par la superstition chrétienne. — Malheureux, doublement aveugle ! s'écria Sabinus. Que tu es loin de la vérité ! c'est précisément à cause de con obstination à te nourrir de pareilles chimères que tu as été frappé par la main de Dieu. Si tes idoles avaient la clef de la science, elles sauraient guérir les aveugles, les sourds, les muets, et tant d'autres infirmes qui les invoquent. Mais, dit l'Ecriture, elles ont une bouche et ne parlent point, des yeux et ne voient point, des oreilles et 7i entendent point . Tu le vois, leurs adorateurs n'ont que des châtiments à attendre en échange de leurs hommages. Veux-tu être guéri ? écoute-moi, et suis mon conseil ; il y a dans l'Église chrétienne, à Auxerre, un homme saint entre tous, nommé Germain, dont je suis l'humble clerc. Le Christ, qui lui parle face à face, opère, par son intercession, d'admirables prodiges. Si donc tu veux être guéri, secoue la chaîne de Tesclavage qui te lie
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à tes idoles, et va demander à cet homme de Dieu le secours de sa puissance surnaturelle. — Docile à cet avis salutaire, continue Mamertinus dans sa relation authentique, je remerciai chaleureusement le pieux solitaire, et le priai de m'indiquer lui-même la route qu'il fallait suivre, pour parvenir jusqu'au grand thaumaturge dont il me parlait. Sabinus, plein de joie, s'empressa de me conduire jusqu'au sommet d'une colline, appelée le xnoni Matagène, du haut de laquelle il me montra la voie qui conduisait à Auxerre. »
Ajoutons seulement que Mamertinus rencontra, en effet, saint Germain, qui acheva l'œuvre divine, si bien commencée par saint Savin. Mais quelle était cette solitude habitée par le disciple de saint Amator et de saint Germain? Si l'on prend à la lettre le texte de Constant, biographe de saint Germain, il semblerait qu'elle n'était guère éloignée que d'une journée de la ville d'Auxerre. Toutefois, la manière dont le bienheureux parle de cette ville paraît indiquer que son ermitage était situé en dehors du territoire de cette cité.
La scène saisissante que nous venons de reproduire se serait-elle passée sur les bords de la Gartempe ? Ce n'est pas improbable. Il est du moins certain que saint Savin s'était déjà réfugié en Poitou, lorsque saint Germain, quelques années après son premier voyage dans la Grande-Bretagne, se rendit à Angoulême, pour consacrer l'église cathédrale en l'honneur de l'apôtre saint Pierre. L'esprit de tolérance que les Visigoths s'appliquèrent à observer à l'égard des catholiques, dans les premières années de leur domination en Aquitaine, et qui attirait, au dire des contemporains, un grand nombre de Gallo-Romains dans cette province ;
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les incursions des barbares et les guerres continuelles qui désolaient les autres parties de la Gaule ; la renommée que le Poitou s'était acquise et qu'il continuait à mériter au point de vue monotique : tous ces motifs réunis étaient plus que suffisants pour déterminer saint Savin et ses compagnons à choisir pour asile la vallée de la Gartempe ; mais il ne goûta pas le repos qu'il y était venu chercher.
Aétius était alors le plus habile représentant de la puissance romaine dans les Gaules ; mais, quoique personnellement catholique, il affectait de se servir, pour ses expéditions militaires, des plus cruels ennemis du nom chrétien, de ces terribles Huns, qui ontlaissé parmi nous une mémoire si exécrée. Saint Germain d'Auxerré luimême crut de son devoir de réprimer leurs violences.
Leur défaite momentanée ne tit qu'exciter leurs fureurs. Leurs cruautés et leurs dévastations devinrent tellement intolérables, qu'un immense cri de révolte se fit entendre dans toute l'étendue des Gaules, et, sous le nom de Bagaudes, les insurgés, unis aux Visigoihs, mirent la domination romaine à deux doigts de sa perte. La lutte dura près de quatreans(436-439). Les premiers champs de bataille furent les bords de la Seine, du Loir, de l'Allier et du Clain en Poitou. Les Huns, qu'Aétius s'était empressé de faire venir engrand nombre de Tltalie, commirent partout d'affreux ravages et les plus épouvantables atrocités. Litorius, le principal lieutenant d'Aétius, qui les commandait, était, du reste, tout à fait digne de pareils soldats. Païen fanatique, il ne pouvait qu'applaudir à leurs dcprédalions contre les églises et les personnes consacrées à Dieu ; partout on le considérait comme un ennemi des chrétiens.
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Ce vcridique portrait convient trop au chef barbare qui procura à Savin et à Cyprien, son Irère, la couronne du martyre, pour qu'il soit possible de chercher ailleurs la confirmation de ce que raconte Tauteur de la légende de ces deux saints célèbres en Poitou. Selon lui, le tyran qui les mit à mort était venu de ritalie dans les Gaules, et ce fut par la route de Tours qu'il déboucha dans la vallée de la Gartempe, à la léte de deux cents cavaliers. Ce récit n'est qu'un épisode ajouté aux données générales fournies par Sidoine Apollinaire, Paulin de Périgueux et les autres contemporains, sur la marche victorieuse de la cavalerie des Huns sous les ordres de Litorius.
Cependant cette horde barbare, altérée de sang et de carnages, était parvenue au confluent de la Creuse et de la Gartempe. Les deux saints frères et leurs compagnons de solitude, Asclepius et Valeriu's, étaient alors établis à un mille environ du confîuent de la Creuse et de la Gartempe, non loin de la Rocheposay, dans un lieu nommé Exuentium, que l'on traduit par Con/Î ans. C'esx aujourd'hui un simple hameau de la paroisse d'Yzeure (Indre-et-Loire), en face de la Rocheposay, mais où l'on ne conserve plus aucune trace de cet événement mémorable.
Avertis par Tincendie de l'approche des Huns, les quatre disciples de saint Germain s'enfuient vers la Gartempe, se Jettent dans un bateau qui se présente miraculeusement à eux etremontent la rivière jusqu'à une villa nommée Cirescus ou Cerisium(ï), à un mille
(0 Acta translationis S. Savini, n° v, apud D. Martenne, Amfliss. Collectio, t. vi, col. 808. Quelle est cette villa : On s'accorde généralement à Tidcntitier avec la ville de Saint-Savin : mais alors il faut admettre que le uiciis ou villa Antiniaciis n'occu-
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du Viens Antiniacus^ d'après leur biographe. C'était le 25 mai; les barbares qui les poursuivaient, les atteignirent au gué appelé P5e///5 (Scieaux), faisant partie de la voie romainede Bourges à Poitiers.
Heureux d'une telle capture, les Huns enfermèrent leurs prisonniers sous la garde d'une escouade de dix hommes, tandis qu'ils allaient eux-mêmes faire bonne chère aux dépens de la ville Antiniacus, Pendant les dix-sept jours de sa captivité^ saint Savin ne resta pas inactif; l'exemple de ses vertus et la guérison d'un possédé firent une telle impression sur ses geôliers, qu'ils se convertirent tous à la foi chrétienne et demandèrent humblement le baptême. Le bienheureux les initia aux saints mystères. Mais cette transformation n'avait pu s'opérer en secret. Litorius, furieux à cette nouvelle, ordonna de trancher la tête aux dix catéchumènes et à leur apôtre. Cet ordre sanguinaire fut exécuté dans une
pait pas, à cette époque reculée, la place du bourg actuel d'Antigny, qui est situé à plus de deux milles de .Saint-Savin. Quoi qu'il en soit, les immenses ruines amoncelées depuis le gué de Scieaux jusqu'au mont Saint-Cyprien ; le nom de villa d'Ayitioche (Antiniacuin r), donné même de nos jours par les paysans à ces champs couverts d'innombrables poteries romaines ; le mur avec le petit appareil romain qui subsiste au milieu du prcedium Psellis; les nombreuses sépultures et les monnaies de Néron, de Galba, etc., découvertes le long de la voie romaine jusqu'au Mont-Saint-Cyprien et dans les champs voisins ; les frises et les chapiteaux sculptés avec art, trouvés parmi ces débris : tout concourt à démontrer que là, à l'époque gallo-romaine, a existé un centre considérable de population qui ne peut être que le viens Antiniacus, si ce n'est pas le Castrum Cerisium lui-même. (Cf. Bull, de la Soc. des Antiq.. de l'Ouest, i87i, p. 240; surtout 4* Bull, ibby, p. 5»>3-5Ô7.) — (On y a découvert, dans des fouilles récentes, les fondements du temple païen où saint Savin et saint Cyprien ont refusé de sacrifier aux idoles. — L'abbé Lebrun.)
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île voisine, au moment même où Savinus commençait les prières sacramentelles, le ii juillet 438,
Quant à saint Cyprien, à Asclepius et à Valerius, ils furent immédiatementconfiés à une nouvelle escorte, au milieu même du camp barbare, dans la Villa Antiniacus.
Cependant, au bout de deux jours, Asclepius et Valerius parvinrent à s'évader, pendant la nuit, et, munis d'une barque légère, ils descendirent dans l'île, y recueillirent avec respect les restes mortels de Savinus et descendirent rapidement le cours de la rivière jusqu'à une villa appelée les T^ro/s-Q'/rè"» (le Mont-Saint-Savin), à deux milles environ au nord de la Villa Cerisiîim ; là ils déposèrent le saint corps dans une église dédiée à saint Vincent, martyr, construite à Pépoque constantinienne, mais alors dévastée depuis l'épouvantable cataclysn^e de l'an 407 (i). Grâce à cette circonstance
(i)Je regrette beaucoup qu'on n'ait pas suivi mes conseils, au sujet de la construction récente d'une chapelle au Mont-Saint- Savin, et qu'on a dédiée au Sacré-Cœur de Jésus. 11 fallait bâtir, sinon sur tous, du moins sur une partie (le chevet) des fondements qui existent encore de la vieille église de Saint-Vincent martyr, diacre de Saragosse, et lui redonner son ancien titre. Il y avait là deux anciens souvenirs religieux à rappeler et à conserver : le souvenir d'un des sanctuaires les plus anciens de la Gaule, et le souvenir du lieu de la sépulture de saint Savin pendant près de 400 ans. L'Eglise est éminemment traditionnelle et conservatrice ; elle a, elle doit avoir le culte des anciens souvenirs chrétiens ; et il faut être de l'Eglise même sous ce rapport. Cette église du Mont-Saint-Savin a été démolie vers 1808, après être redevenue église paroissiale, en l'année i8o3. Depuis, la paroisse de Mont-sainl-Savin a été réunie à celle de Saint-Savin. L'église de Notre-Dame de Saint-Savm a été démolie vers la même époque, et l'on réservait le même sort à celle de Saint-Germain, église de la paroisse voisine, qu'on a conservée et dont quelques parties sont du ix» siècle. — Ces trois églises paroissiales n'ayant pas été aliénées pendant la ré-
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favorable, ils purent dérobera Tattention des bourreaux la sépulture de leur victime. L'évasion de ses deux compagnons de captivité ne pouvait, on le conçoit, que hâter le martyre de saint Cyprien. En effet, dès le lendemain 14 juillet, les Huns, après lui avoir fait endurer les plus cruels tourments, lui tranchèrent la tête. Son corps fut inhumé sur le monticule qui domine la villa Antiniacuset le gué de Scieaux (i). Il y demeura jusqu'au commencement du x^ siècle. La chapelle, ou cella jnemoria% qui fut élevée sur son sépulcre, devint plus tard un bénéfice appartenant aux abbés de Saint- Savin. Rebâtie vers le xii' siècle, elle subsiste encore aujourd'hui, mais livrée à des usages vils et profanes. L'auteur de la légende ajoute que « tous les assassins des deux martyrs périrent de mort violente, et que pas un ne retourna en Italie. » L'histoire vient encore à Tappui de cette assertion. Enorgueilli de ses victoires précédentes et du succès qui couronna peu après ses
volution, ont fait retour à la fabrique de Saint-Savin, avec leurs cimetières et leurs dépendances. Quant à l'église abbatiale de Saint-Savin, elle a été donnée par l'Etat à l'évêque de Poitiers qui, l'ayant donnée à la fabrique de Saint-Savin, l'en a rendue par là même propriétaire. — Arrêtés du Préfet de la Vienne, 10 juillet i8o5 et 23 mars 1807. — Archives de la Préfecture, 04, H. 12. — Enfin, pour compléter cette note, nous citerons ce passage d'un discours prononcé dans l'église de Saint-Germain, à l'occasion du baptême de ses cloches, 27 janvier 1867 : a Eglise de Saint-Germain 1 c'est saint Savin qui t'a baptisée ; et à celui qui s'étonnerait que le nom de saint Germain d'Auxerre se soit en quelque sorte égaré dans ce vallon, on lui dirait que, de leur vivant, les martyrs et le Pontife se sont intimemcntconnus; que l'un même, saint Savin, a été le disciple de l'autre ; et qu'il n'y a rien d'étonnant que, sur les deux rives opposées de la même rivière, leurs deux noms aient été attachés à deux monuments religieux... v— [.'abbé Lebrun.
(;) D'autres prétendent qu'il le fut aux Trois-Cvprcs, à côté de celui de son frère.
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efforts devant Narbonne, assiégée par les Visigoths, Litorius repoussa avec hauteur les propositions de paix que le roi Théodoriclui fit offrir par les plus saints évêques de ses États, et notamment par saint Orence, évèque d'Auch. Il renvoya même avec mépris ces représentants d'une religion qu'il abhorrait. Son sot orgueil et son impiété le perdirent. Au lieu d'entrer dans Toulouse en vainqueur, il fut conduit en captif, et reçut bientôt après le châtiment dû à ses crimes. Les troupes qui avaieniété ses complices furent décimées par les vainqueurs. Ainsi se termina ce drame sanglant, qui forme l'un des plus célèbres épisodes de notre histoire locale.
Telle est la légende abrégée des deux saints dont les épreuves sont le sujet des divers tableaux à fresque qui tapissent la voùie en berceau du premier compartiment de la crypte et que nous allons décrire successivement.
La crypte votitée en berceau qui s'enfonce sous le sanctuaire, est aujourd'hui accessible par deux escaliers étroits qui débouchent de chaque côté du chœur, et se trouve divisée en deux parties inégales par un arc-doubleau en saillie qui sépare la petite nef d'une sorte d'abside dont le plain-piedest en sailliededeux marchessur le sien. L'intérieur decette confession est médiocrement éclairé, d'abord par quatre ouvertures très étroites qui prennent jour entre les deux escaliers d^accès, et en second lieu par la fenêtre absidale qui remplace aujourd'hui Pancienne entrée.
Tout naturellement Tautel a été rétabli à l'entrée de la petite abside par le restaurateur de cette partie de rédifice, M. l'abbé Lebrun, de telle sorte que ce caveau est devenu une chapelle souterraine sur le modèle des Catacombes.
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