DÉAMBULATOIRE, CÔTÉ SUD
IstelocusfulgetinhonoreXLlUl vr | m.r.-'-acsanti Romardi. Deits miserere emenoni \ posiiit hoc Sismiindiis 7 Odo :
« Ce lieu brille en l'honneur de quarante-quatre vierges martyres et de saint Romard. »
Mgr Barbier de Moniault a fait remarquer avec raison qu'on ne découvre pas ces quarante-quatre vierges martyres dans le martyrologe romain ; il faudra donc en conclure que ce sont là très probablement des martyres du Poitou, inconnues des premiers siècles du christianisme, encore vénérées dans leur pays au
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XI» siècle. Le mot locus employé dans cette seule inscription, au lieu d'ara ou altaris, indique nécessairement l'existence d'une autre crypte dont le souvenir a été conservé par la tradition locale.
«C'était là sans doute que l'on avait déposé les reliques de quarante-quatre vierges, r. (M. Ledain.)
3" Autel de la deuxième chapelle.
Conjessores \ ac presules ^ \ hic sacra veneratur ara | Hylarii Martini Marcialis j-hic confessores liicidi adjutor Maxentius \ adquœ [sic] Florentins. Hernienonius Ysit. — Confesseurs et pontifes du Christ, ici est vénéré l'autel sacré d'Hilaire, de Martin, de Martial -j- ici d'illustres confesseurs, Adjutor Maixent et Florent Hermenonius. Isemhertus [mefecit).
Le corps de saint Maixent a été déposé dans cette chapelle un certain nombre d'années, à l'époque de l'invasion des Normands,
4° Autel de l'absidiole centrale.
Hic Hermen[onius) Miles \ in orbe potens \ proprio qui sanguine fuso : Baptista Jhoannes \ Inclitus Mr [Martyr) Marinus hic requiescit.
« (Hermenonius), soldat puissant dans l'univers par l'effusion de son propre sang , Baptiste Jean , l'illustre martyr Marin repose ici. »
Ces éloges placés entre le nom d'Herménonius et celui de Jean-Baptiste conviennent mieux, ce me semble, à ce dernier, qu'on peut bien appeler soldat
de l'Eglise Abbatiale de S.-Savin-siir- (Jarlenipc. i i '.^
du Christ, qui a dit de lui : Non surrexit internatos mulieriim major Joanne Baptista.
5° Autel de l'absidiole suivante.
7 Prepollet inhoc altare Priidenciiis Mr . {Martyr) ciim Clémente papa ■'- 7 e^ Laurencio archidiacono nec non Georgio ab Herm\ Bernard ■'; atque Mauricio et omnium Martirum 7 — « A du pouvoir dans cet autel Prudencius martyr, avecCiément pape, et Laurent archidiacre, et aussi Georges d'Herm, Bernard et Maurice, et tous les saints Martyrs. » — Ce sont des reliquesde saint Clément, troisième Souverain Pontife, que contient cet autel. — Quant au poète Prudence, martyr, il a son portrait en pied dans les fresques de la crypte de saint Savin, à une place d'honneur, avec son nom dans le fond du tableau, Prudencius. — Vcnerabilis egregiusque versificator Prudencius, cujus ab Hispanià, ossa tcrunt ab imperatore Carolo magno in has rcgionis partes fuisse delata, qui qualis quantœque periticC vir fuerit, satis ab eo li'bris editis dignosci potest. (Ex breviario ms. Sancti Savini.)
6° Autel de la première absidiole nord du déambulatoire.
•\ Iste altaris pollet [ in honore J Sanctarum l Agata ': Ceci lia [ Agnes \ Lucia \ Savina (i), Fer-
{ i) Le tombeau de sainte Savine, avec son inscription également du XI'" ou xii» siècle, existe dans la cr)'pte de saint Savin. Ce reliquaire — sarcophage, dit dom (^hamard dans ses Origines Je
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cincta. — « Cet autel a du pouvoir en honneur des saintes Agathe, Cécile, Agnès, Lucie, Savine, Fercincte. »
Le nom de cetfe dernière sainte, que nous avons découvert, avait été mal lu par Mérimée : il lisait et Regina au lieu de Fercincla ; cette dernière lecture est incontestable. Cette sainte a aussi son portrait en pied dans les fresques de la crypte de saint Savin, avec son nom dans le fond du tableau ; il y fait le pendant de celui du poète Prudence.
Curieux rapprochement : parmi les nombreux sarcophages mérovingiens trouvés par le R. P. de la Croix à Antigny, distant de Saint-Savin d'à peine quatre kilomètres, il y en a un marqué d'une croix et qui porte cette épitaphe : « j Ferrocinctus filius La- 7toé. B Notre sainte ne serait-elle pas de cette famille ? Sainte Fercincte, vierge et martyre, était honorée à Luray, village de l'Indre (prèsla Rocheposay), et qui était du Poitou en 1789.
Un pèlerinage se faisait à l'église de ce lieu en son honneur. 11 fut aboli par Mgr Beaupoil de Saint-Aulaire, évéque de Poftiers, à cause de certains désordres dont il était le prétexte. Le nom de Fercincte, que
V Eglise de Poitiers, — assez semblable à celui de saint Marin, a e'té remis en honneur par le zé... et int... curé-doyen de Saint- Savin, M. Lebrun. Or, en présence de la triple mention de cette sainte dans l'antique bréviaire de l'abbaye, sur la tranche de la tablette de l'un des autels et sur son sarcophage, en présence aussi de la fresque qui la représente dans la crypte de saint Savin, il est impossible de refuser de croire que le corps d'une Savina virgo et martyr 2l\x. reposé là à une époque très reculée ; mais d'où venait-il r Selon nous, il y a été probablement apporté au IX» siècle avec les nombreuses reliques du lias-Poitou, cette terre si féconde en saints dès l'origine de l'Église de Poitiers. (Page 87 des Origines...)
de l'Église Abbatiale de S.-Savin-siir-Gartempe. 1 1 5
Labbe appelle également Fercincta ou Ferro-cincta, vient probablement ou du supplice enduré par la sainte, ou d'un genre de pénitence auquel elle s'était volontairement soumise. Mgr de la Rocheposay ne dit rien d'elle dans ses litanies du Poitou.
Quoiqu'il en soit, l'église de Luray célébrait sa fïte le i3 novembre, aussi bien que l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, à laquelle appartenait cette église (Luziacum) depuis une charte de 1098 environ, confirmée par saintj Pierre II, évéque de Poitiers. « On ne sait rien de sainte Fercincte, sinon qu'elle garda sa virginité dans unevie de solitude et de pénitence, et qu'elle fut martyrisée au vi= siècle ; mais il est plus probable que ce ne tut qu'au vn% car il serait étonnant qu'au siècle précédent Grégoire de Tours n'en eût rien dit. Frottier, évêque de Poitiers, restaurant en gSô le monastère de Saint-Cyprien, lui donna la terre de Lyray (aujourd'hui Luray), que sa mère Bertrade lui avait vendue en 914. A cette dernière date, il n'y avait encore en ce lieu qu'une chapelle de Notre-Dame. Dans la donation de 936, il s'agit déjà d'une église, ecclesia in honorem sanctœ Fercinctœ dicata. L'église revint plus tard au vocable de Notre-Dame. D'après le Père Labbe, on ne possédait plus dans l'église reconstruite ('657) qu'un autel de sainte Fercincte et sa châsse privée de reliques. » (Note de M. l'abbé Auber.)
7° — Autel de la chapelle du croisillon nord.
Hoc altare consecratum est in honorem S. Michaelis et IX Angelorum ordines et mon. Goffred. — « Cet autel a été consacré en l'honneur de S. Michel
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et des neuf chœurs des anges et de mon. Goffred. » J'ai donné cette inscription diaprés dom Estiennot : cet autel ayant été détruit il y a un certain nombre d'années^ parce qu'il gênait (!) l'installation provisoire d'une sacristie, dans ce croisillon nord.
J'ai trouvé parmi les décombres jetés dans Tescalier de la crypte de saint Marin, un fragment de cet autel, sur lequel on lit cette inscription : Consecratum. Je l'ai placé à l'entrée de cette crypte, croyant alors qu'il était un fragment de son autel. A l'angle rentrant du même croisillon, le long de la muraille orientale du transsept, entre le mur nord et l'abside, il y a un tombeau de pierre de forme trapézoïde. Sur le côté plat, à V intérieur, on lit l'inscription suivante tracée en creux:
Hic requiescit Odo Abbas.
Je regrette de ne pouvoir ajoutera ces inscriptions des autels de notre église une inscription placée autrefois dans la chapelle des Rozets (du Rosaire) (i) de l'église paroissiale de Saint-Savin. Elle constatait deux faits : d'abord l'établissement de la confrérie du Saint-Rosaire dans notre paroisse depuis plus de deux cents ans ; puis la fondation d'une école gratuite de
(i)Cette chapelledite des Rozets avait une grande importance. Son chapelain était le maître d'école de cette classe gratuite de i^arçons dont nous venons de parier : il avait, appartenant à son titre et en vertu de cette fondation, une maison rue de la Motte, aujourd'hui rue de Prades, une métairie aux Genèbres, paroisse d'Antigny ; el entre autres revenus, une rente annuelle de ti8 livres quinze sols, payée par le clergé de P'rance. C'est un abbé Moreau qui en a été le dernier chapelain. La maison et la métairie ont été vendues à deux berg. . d'Antigny, le iH avril 1791. — (G. 2, L. 37, n. 179. — .\rchives de la Préf.)
de r Eglise Abbatiale de S. Savin-sur-Gartempe. 1 1 7
garçons à Saint-Savin, non pas comme aujourd'hui aux frais des contribuables, mais par la générosité de la charité chrétienne, alors dans Texercice de toute sa liberté. Je me bornerai à donner ici le commencement des lettres patentes confirmatives de cette fondation, à cause des personnages qui s'y trouvent désignés :
Lettres patentes confirmatives de la fondation d'une messe et d'un maitre d'école dans la ville de Saint- Savin.
« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de '< Navarre.
« Notre amé et féal conseiller en nos conseils, maître « Antoine Gui nous a fait remontrerque pour la gloire « de Dieu et à la mémoire de feu René Vincent, sieur de « Coulebré, originaire du pays de Poitou, de la ville de « Saint-Savin, et de Marguerite Osméri, sa femme, père « et mère de Catherine Vincent , femme du dit sieur « Gui, aurait conjointement avec elle fondé au profit
« de la cure par contrat du 23 mars iô52... et
« donné, légué à toujours au prêtre qui sera par le dit « Gui et ses successeurs nommé, etc.... lequel sera a tenu d'enseigner à lire et à écrire gratuitement diMn t enfants des pauvres habitants de ladite ville et fau- « bourgs de Saint-Savin (i).
a Donné à Versailles, au mois de mars 1672... » — Signé : « Louis ».
(i) Ce prêtre ctaitaussi tenu à dire une messe basse, par chacun des dimanches et jours de fête del'année, en la chapelle dite
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Enfin, j'oserai terminer toutes ces inscriptions par celle que Mgr Barbier de Montault a eu l'obligeance de composer pour moi et d'écrire en caractères du xi" siècle, mais à cette condition que je la placerais dans mon église.
Il a même, à ce sujet, inséré ce passage dans un article sur l'église de Saint-Savin, publié dans le Courrier de la Vienne du 7 août ) 879 :
« Une seule chose manque à cet ensemble (de restaurations). Je la mentionne volontiers, car il s'agit, une fois déplus, de faire appliquer l'idée romaine: c'est une inscription rédigée en bonne forme, non seulement indiquant les travaux exécutés et les dates de restauration, mais encore désignant par son nom et ses titres le vénérable doyen qui a su concevoir un tel plan et le réaliser.... « J'ai refusé jusqu'à aujourd'hui, et j'ai eu tort comme archéologue ; car, si nos anciens en avaient fait autant, leur modestie nous eût privé de documents précieux. Je le répète donc pour la seconde fois (j). Voici cette inscription ; on la trouvera dans cette notice, si plus tard on veut la mettre ailleurs.
des Rozets de ladite église de Saint-Savin, pour le salut de leurs âmes et de celles desdits sieur et dame Vincent, de leurs aïeuls et parents. — Archives de la Prcf. layette b. b., case 3, n. x. \o\t aussi la déclaration que donne Jean-Louis Moreau, prêtre, chapelain de la chapelle des Rozets, desservie dans l'église paroissiale de Notre-Dame de Saint-Savin, de tous les biens dépendants du bénéfice dont il est titulaire, pour se conformer au décret de nos seigneurs les députés composant l'assemblée nationale, porté le i3 novembre 17^9, et aux lettres patentes du roi, données le i8 du même mois, qui en ordonnent l'exécution dans le royaume. C'était pour les voler. (i) Voir mon ouvrage. Un Curé de Poitiers.
de l'iîglise Abbatiale de S -Savin-sur-Gartempe. i i o
R. D. AMATUS. PETRUS. LEBRUN.
HUJUSCE. S.-SaVINI. ECCLESI^E. PAROCHUS. NECNON. EJUSDEM. NOMINIS. CHRISTIANITATIS. DECAN'US. CANONICUS. HONORARIUS.