‹ L'abbaye et les cloitres de MoissacChapitre 3 sur 154 · INDICATION DES SOURCES · texte numérisé non relu

INDICATION DES SOURCES

blé (Dèlib. du chapitre, f°s 30 et 201) fit apprécier son activité et son intelligence : aussiT lorsqu'il fut devenu vicaire de Saint-Michel, le chapitre eut-il recours à lui pour mettre de l'ordre dans les archives et en faire l'inventaire » (1).

Andurandy s'occupa d'abord du classement des pièces volantes, en dépôt dans la salle des Archives, et en fit le répertoire. Ce répertoire comprenant 7508 numéros est un grand in-folio en peau sur planches de bois, composé de 767 feuillets ; il est divisé en deux parties : la première comprend les actes d'un intérêt général. On trouve aux folios 5 et suivants une liste des abbés^de Moissac, mais aucune date n'accompagne les notices concernant les trente-trois premiers abbés cités ; la seconde partie renferme les documents relatifs aux possessions de l'abbaye (2).

Andurandy travailla à cette œuvre colossale, qui renferme la copie littérale d'un grand nombre de documents, de l'année 1728 à l'année 1730. Elle fut complétée, peu de temps avant la Révolution, par M. Lespinasse, chanoine, qui y ajouta 39 numéros.

Un arrêté du directoire du département, en date du 5 avril 1792, ordonna de nommer des commissaires pour prendre possession des archives de l'abbaye de Moissac, les inventorier et les envoyer à Lauzerte. Suivant arrêté du district de cette localité du 11 du même mois, le sieur Delcassé fut chargé de se transporter à Moissac, de lever les scellés apposés et de procéder au récolement des pièces. Le procès-verbal rédigé sur les lieux établit qu'à une époque qu'on ne peut préciser, un grand nombre de livres et de registres ont été transférés dans une dépendance de l'abbaye située au nord de l'ancien réfectoire et que les titres laissés dans la salle des Archives remplissent deux grands / placards et soixante-dix-sept tiroirs rangés sur onze rayons ; il constate ensuite qu'il y avait une armoire contenant des papiers de rebut, un vieux coffre recouvert de lames de fer et à trois serrures renfermant des documents en partie détruits par les rats, plusieurs volumes, entr'autres celui d'Andurandy, et diverses liasses alors intactes dont on donne l'analyse (3).

Les volumes et les liasses furent envoyés, bientôt après, au chef-lieu du district, où ils furent plus tard dispersés, à l'exception du répertoire d'Andurandy qui heureusement a été conservé et racheté dans la suite par la commune de Moissac. Heureusement aussi « les papiers de rebut » dont on ne soupçonnait pas la valeur restèrent oubliés, jusqu'en 1840, dans l'armoire qui les renfermait. Un grand nombre d'entre eux ont été détruits par les moisissures, lacérés par des mains inconnues, ou utilisés, d'après certains dires, par les relieurs de Moissac ; mais ceux qui ont échappé a ces causes de destruction fournissent des renseignements importants sur l'abbaye, nous faisant ainsi d'autant plus regretter les nombreux actes de vandalisme qui ont été commis.

En 1859, M. le Préfet de Tarn-et-Garonne ordonna la translation à la préfecture de Montauban des archives de l'abbaye de Moissac. Celles de l'IIôtel-de-Ville , composées de cinquante volumes et de dix-neuf liasses, renfermant des titres communaux et des actes concernant l'abbaye et la ville de Moissac furent transportées quelques années après dans le même arrondissement.

La conservation de ces précieux documents est aujourd'hui assurée : l'inventaire vient d'en être dressé avec beaucoup de soin et de méthode par M. l'archiviste Dumas de Rauly.

(1) Lagrcze-Fossat, Etudes historiques sur Moissac, t. I, Inlrod., p. xvn.

(2) Le répertoire d'Andurandy est conservé aux Archives départementales de Tarn-et-Garonne, série G. liasse 774.

(3) Archives départementales de Tarn-et-Garonne, série G, 774.

4° Mémoires de l'abbé Fouilhac. — Raymond Antoine de Fouilhac, né en 1622 au château de Mondesson près de Gramat (Lot), embrassa la carrière ecclésiastique et fut, avec Fénelon, chargé d'éclairer les protestants de la Saintonge et de l'Angoumois. Devenu vicaire-général de l'évêque de Cahors, il se fit remarquer par ses connaissances en théologie et son savoir étendu sur l'histoire, les antiquités et les mathématiques. L'intendant Foucaut qui l'avait apprécié et qui avait contracté avec lui une intime liaison s'aida de ses conseils pour former une précieuse collection de livres et d'objets d'antiquités.

L'abbé Fouilhac voulant écrire l'histoire de sa province, obtint de l'intendant l'ordre de lui faire ouvrir toutes les archives du Quercy, pour lui permettre de réunir les matériaux nécessaires pour la composition de son ouvrage. Il ne l'a point terminé, mais il a laissé de nombreux fragments qui sont autant de mémoires complets sur les sujets qu'il a traités. L'un d'eux contient quelques détails intéressants sur les abbés de Moissac. L'abbé Fouilhac allait être nommé conservateur des médailles et du cabinet du roi, quand sur l'avis de Fénelon il se décida à rester dans la province, comme étant un séjour convenant mieux à son état, à ses goûts et à ses habitudes. Il consacra à l'étude tout le temps que ne réclamaient pas ses devoirs ecclésiastiques et mourut en

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