‹ L'abbaye et les cloitres de MoissacChapitre 4 sur 154 · DOCUMENTS IMPRIMÉS · texte numérisé non relu

DOCUMENTS IMPRIMÉS

On trouve un grand nombre de documents sur l'abbaye de Moissac dans des ouvrages imprimés, tels que Y Histoire générale de Languedoc, les Annales Ordinis S. Benedicti, la Gallia christiana et bien d'autres dont il est inutile de faire l'énumération parce qu'ils sont suffisamment connus et que nous les citons en notes toutes les fois que nous les avons consultés. Nous ne parlerons ici que des deux historiens qui ont écrit d'une manière toute spéciale sur Moissac : de Jules Marion et de Lagréze-Fossat.

Jules Marion, en 1849, dans le premier volume, troisième série, de la Bibliothèque de l'Ecole des Char/es, a publié, sur l'abbaye de Moissac, une notice comprenant 147 pages in-8°. Il a puisé ses documents à des sources de la plus grande valeur et nous a fait connaître la Chronique d'Aymeric de Peyrac. Les 136 premières pages sont consacrées à un résumé succinct, accompagné de notes d'une profonde érudition, de la Chronique du moine moissaguais, mais parfois le texte a été mal interprêté et la pensée de l'auteur a été exagérée sinon défigurée. Les onze dernières pages comprennent une description archéologique des plus superficielles du cloître et du portail de l'église, mais ici les erreurs commises sont des plus nombreuses. Ainsi, à la page 139, Jules Marion croit reconnaître les quatre Vertus cardinales, dans les sculptures qui ornent les bas-côtés du porche ; à la page 143 il désigne comme étant la statue de saint Paul, celle du prophète Isaïe qui se trouve à l'entrée de l'église. En parlant des chapiteaux du cloître, il dit, page 145, « que chaque scène est expliquée par une inscription », que « les sculpteurs, pour s'épargner sans doute la peine d'une invention trop laborieuse, ont imaginé de reproduire deux fois le même sujet .... que pour la décoration, le cloître se divise en deux parties égales dont l'une est la reproduction exacte de l'autre ». Autant de méprises des plus manifestes, car pas un des 79 chapiteaux que renferme le monument ne se ressemble, et 45 d'entre eux reproduisent même sur leurs quatre faces des motifs absolument différents. On voit que Jules Marion n'a fait à Moissac qu'une courte apparition, que les notes prises ont été très incomplètes, et que sa mémoire le plus souvent lui a fait défaut.

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