XL. — ROGER
( Rogerius ) 1 1 1 5 — 1131
Roger, successeur d' Ansquitil, aurait mis, d'après Jules Marion, la dernière main aux travaux que la mort de son prédécesseur avait un instant interrompus (4), mais cette assertion n'est appuyée sur aucun texte et la Chronique d'Aymeric de Peyrac est muette à cet égard.
Nous avons dit, en parlant de l'abbé Ansquitil, que le monastère possédait une fontaine désignée sous le nom de Griffoul et dont les eaux alimentaient une piscine dédiée à saint Julien, dans laquelle les lépreux se plongeaient pour obtenir leur guérison. Ils vinrent en grand nombre sous l'abbé Roger mais apportèrent avec eux les germes d'une épidémie qui se répandit rapidement sur Moissac et fit périr une bonne partie des moines.
Devant une telle catastrophe, l'abbé, plus prévoyant que ses contemporains, n'hésita pas à interdire le pèlerinage des lépreux et a faire murer la piscine de Saint-Julien (5).
(1) On lit dans cet acte, conserve aux Archives départementales : « Facio enin haec omnia .... in manu Ansquitilii domini abbatis et Helie sacriste et aliorum virorum. Facta carta cum stipulacione subnixa, anno millesimo centesimo tercio decimo » cit. de Lagrèze-Fossat, loc. cit., III, 35. — En outre nous voyons quAnsquitil assista comme abbé de Moissac au concile de Toulouse, en i 100, et qu'il fut présent à une restitution faite dans le cloître Saint-Sernin, par Gérard, ministre de l'hôpital Saint-Jean de Toulouse, au prieur de la Daurade, de l'église Sainte-Marie de la Dalbade, Gall. christ., liv. xm.
( 2) « Hic Asquilinus fuit devotissimus, et ab olim percepi per eumdem ex Deo miracula fuisse facta .... Et ideo predixi quod Deus pro ipso miraculose fuit operatus, et ex eo quia vinum prout dicitur, semel in aquam convertit, sicut Dominus noster in nupciis Archiliclini ». Aym. de Peyrac. Chron., fol. 160. r", col. 2 et V, col. 1 .
(3) Lagrèze-Fossat, loc. cit., t. III, p. 134.
(4) Jules Marion, loc. cil., p. 121.
(=;) « Notabilc quoque dictum sequitur : In quadam cappella devotissima edifficata, in eodem monasterio. in honorem s. Juliani, que in dicto monasterio cuncta est; vulgariter dicitur, ab olim tanta multitudo leprosorum confluebat, quod ex infectione eorum, fere major pars monachorum dicitur obiisse ; ubi interclum gravissima langore leprosarie et aliorum membrorum in censolidacione percussa, pristinam gaudebat récépissé a domino assospitatem (pour adsosfitatem), per mérita sanctissimi Juliani, a lavacro cujusdam miraculosi fontis. Quorum inter signa testimonium credulitatis perhiberent. lapilli inibidem in pavimento
LES ABBÉS RÉGULIERS 71
Cet acte de sage autorité causa une sorte d'émeute que l'abbé ne parvint à calmer qu'en promettant d'enrichir le monastère d'un grand nombre de reliques. En effet, en 1122, eut lieu dans l'abbaye, avec une grande pompe, la translation des reliques de saint Spérat, de saint Julien, de saint Ferréol et de saint Cyprien, évêque de Carthage, qu'on plaça dans de magnifiques châsses fabriquées à cet effet (1).
Il convient de relater une déclaration importante obtenue par l'abbé Roger du comte de Toulouse qui venait de nommer, de son autorité privée et sans l'assentiment des moines, Gausbert de Fumel comme abbé chevalier.
Dans cette déclaration qui dut avoir lieu en 1115(2), Alphonse-Jourdain reconnaît qu'il avait agi contre le droit et la justice en envoyant, sans l'avis de l'abbé et du couvent, un abbé chevalier dans la ville de Moissac ; que dans cette circonstance il s'est conduit comme un enfant; qu'il rend aux abbés leur droit d'élection, et qu'il s'engage à ne plus nommer, a l'avenir, sans leur autorisation, d'autre abbé chevalier à Moissac (3).
Nonobstant la nouvelle renonciation du comte Alphonse, l'abbaye de Moissac eut encore pendant longtemps des abbés chevaliers, soit que les abbés réguliers et la communauté y aient consenti conformément à cet acte, soit qu'Alphonse et ses successeurs se soient mis peu en peine -de tenir leurs promesses (4).
En effet, Gausbert de Fumel conserva après l'acte de 1 1 1 5 son double titre d'abbé chevalier et de co-seigneur de Moissac, ainsi qu'on peut le constater dans une charte
positi, variis colloribus intermixti, et ab extra cappelle quedam turpe imagines Icprosorum figuram habentes. Dcmunque ex ordinacione abbatis et conventus, predictus fons fuit clausus, ne ipsi leprosi de cetero expetterent predicti remedii locum, ut ipsi monachi, cum débita quiete et seeuritate et corporis sospitate valitudinis (sic) Deum attentais exorarent ». Aym. de Peyrac, Chron., fol. 161, r°, col. 2 et v, col. 1.
(1) « Post Asquilinum, Rogerius ; coadministrante, delatum est corpus S. Cipriani in hoc monasterio Moyssiaci, anno Domini millesimo CXXII .... Tempore hujus domini Rogerii. multe reliquie fuerunt adinvente in hoc loco, unde versus :
Hoc anno sacra patefactam martiris arra. Inventum sancti caput est in ea Juliani. Marmoris in theca sunt octo X que reperta Ossaquc sanclorum lac pulvis sanguis eorum, Vestes et multa que sunt ibi condita multa Stagnea vitrea testea sunt argentea quedam Pétri maxille propriis cum dentibus ipse Cum restarata velut est nunc atque parata
Quievis (sic pour quintis?) septembris sunt ara sacrata kalendis. » Pcr antiquos ad mei audienciam pcrlatum est, quod capita S. Juliani et Ferreoli tune reperta fuerunt involuta in duobus plumalibus; et in memoriam horum, diem celcbritatis predictam sanctorum semel in anno, duntaxat in monasterio Moyssiaci dicta pluma deferuntur ». Aym. de Peyrac, Chron., fol. 161, ru, col. 2.
(2) Cet acte n'est point daté. Dom Vaissète dit simplement qu'il est antérieur à l'an 1 1 5 1 (nouv. édil., t. III) et les nouveaux éditeurs, en le reproduisant, le classent sous l'année 1 1 25 (t. V, col. 940). Lagrèze- Fossat (Hist. de Moissac, I, 135) l'attribue à l'an 1115, par le motif qu'il a vu cette date inscrite au dos du litre original conservé autrefois dans les archives de l'abbaye. Dans tous les cas, ajoute le même auteur, cette charte est antérieure à 1125, puisqu'à cette date Alphonse-Jourdain intervient clans un acte par lequel Gausbert de Fumel engage à l'abbé Roger certains droits qu'il percevait sur le monastère, ce qui prouve bien évidemment que l'irritation causée par la nomination de Gausbert avait disparue, par conséquent que la déclaration du comte de Toulouse avait eu déjà lieu.
(3) Bibl. nat. Coll. Doat, vol. 129, fol. 5.
(4) Hist. de Languedoc, nouv. édit., t. III. p. 661.
célèbre qui porte son nom et qui constitue un des actes les plus importants cle son administration. Cette charte concernant les coutumes de Moissac relate les dispositions qui étaient alors en vigueur, mais qui devaient exister bien avant d'avoir été formulées par écrit, ainsi que le démontrent les articles i et 2. Elle date de la première moitié du xir siècle et se compose de cent huit articles. Les soixante premiers concernent les limites de la banlieue de Moissac; le serment réciproque de l'abbé chevalier et de la communauté ; les conditions imposées aux étrangers qui venaient s'établir à Moissac; le service militaire; les droits seigneuriaux autres que les leudes; le droit de légitime défense ; la liberté personnelle ; le droit de guidonage ou de sauf-conduit : les actions intentées par les seigneurs ou par leurs viguiers; les obligations imposées aux parties lorsque les seigneurs étaient saisis d'une affaire par voie de clameur ; les juges; les enquêtes; les dettes: le lieu d'asile; les crimes; les délits et la police urbaine et rurale.
En vertu de l'article 12, les biens des personnes convaincues d'adultère sont mis à la disposition des seigneurs, mais il faut que le crime soit constaté par le seigneur ou le viguier et trois prud'hommes du bourg. Les conditions exigées à cet effet sont, il faut le reconnaître, bien difficiles à réaliser (1).
Les quarante-huit derniers articles sont relatifs aux leudes, c'est-à-dire aux droits droits de toute espèce autres que les droits de justice qui étaient perçus au profit des seigneurs (2).
L'abbé chevalier Gausbert de Eumel, pressé sans doute par des besoins d'argent, engagea en 1125, une partie de ses droits, moyennant la somme de 1225 sols, monnaie de Cahors. Cet engagement fut consenti en faveur cle l'abbé Roger et de ses moines et approuvé par le comte Alphonse. Les droits engagés consistaient dans l'obligation où se trouvait le monastère de loger et défrayer deux fois par an l'abbé chevalier, en lui fournissant pendant l'hiver l'avoine nécessaire pour ses chevaux, et de lui donner chaque fois qu'il passerait la nuit à Moissac quinze chandelles dont les dimensions étaient déterminées (3).
L'engagement fut fait sous la réserve expresse que, si la valeur cle la monnaie de Cahors venait à changer, l'abbé chevalier, s'il voulait rentrer dans les droits engagés, rembourserait pour les 1,225 sous caoursins reçus, 612 sous et 6 deniers de Morlaas, et que, dans le cas où la monnaie de Morlaas aurait perdu cle sa valeur, aussi peu que ce fût, il compterait autant de marcs d'argent qu'il y aurait de fois 3$ sous en 1,225; le marc d'argent se vendant au moment du contrat 35 sous de Cahors (T.
Ce fut probablement encore pour des besoins d'argent que, peu de temps après, le même abbé chevalier vendit son abbatiat militaire à un nommé Bertrand cle Montacès.
( \) « E aquilh devo trobar ihome sobre la ferma baissadas las bragas entre las cambas de la ferma, c la ferma sia nuda c despulhada o sas vestiduras levadas entro al ventre, o sio nutz en I leg. E en aital manera aquist podor esse près ».
(2) Cette charte est reproduite dans la Collection Doat et clans Lagrczc-Fossat, loc. cit., t. I, pp. 67 a 1 1 1 .
(3) Voir la copie de la charte dans VHist. de Languedoc, nouv. édit., t. V, col. 939 et 940.
(4) Il résulte de ce titre que le sou de Cahors ne valait que la moitié du sou de Morlaas, en 1 1 ; que 1,225 sous de Cahors valaient, à la même époque, trente-cinq marcs d'argent; enfin que le marc d'argent dont la valeur était de 35 sous de Cahors. n'était que cle 17 sous 6 deniers de Morlaas. Lagrczc-Fossat. loc. cil., I, 1 37 et }=; 1 .
LES ABBÉS RÉGULIERS
Le changement de maître aggrava la situation et les démêlés entre les deux abbés continuèrent de plus belle. Dès son arrivée à l'abbatiat militaire, Bertrand de Montacès afficha des prétentions plus grandes que celles de ses prédécesseurs, et revendiqua la possession de l'église et des cloches, sous le prétexte qu'en y introduisant des hommes d'armes l'abbaye serait mieux défendue. L'abbé, de concert avec les bourgeois de la ville, s'opposa énergiquement à ces tentatives ; la lutte s'envenima, et, pour la faire cesser, il fut convenu qu'on s'en rapporterait à la décision du comte de Toulouse (i).
Alphonse-Jourdain tint a Toulouse, au mois de mai 1130, un plaid dans lequel, après avoir entendu les parties contradictoirement , il donna gain de cause à l'abbe Roger (2),
Tout en s'occupant de faire régler pour le mieux les contestations survenues avec l'abbé chevalier, l'abbé Roger ne négligeait point les autres intérêts matériels de son monastère.
Ainsi en 111$, Raymond, fils de Guillaume, lui donna l'église de Saint-Jean de Villemur (3), sur laquelle les habitants avaient encore certains droits, dont ils se dessaisirent en 1 1 30 (4).
En 11 18, Bernard-Aton, vicomte de Béziers, sa femme Cécile et leurs enfants supplièrent l'abbé de Moissac de prendre la direction du monastère de Sainte-Marie de Sorèze, dans le Lauragais, pour y rétablir la discipline monastique « au dedans et au dehors ». L'offre fut acceptée mais sous la condition que les comtes de Toulouse n'auraient aucune juridiction sur cet établissement qui relèverait directement du vicomte de Béziers et de sa postérité (5). Cette clause ferait supposer que l'abbé de Moissac n'était pas du parti du comte de Toulouse, auquel il ne pardonnait pas d'avoir nommé un abbé chevalier, de sa propre autorité, et sans le consentement des moines.
Vers 11 20, le vicomte Atto et Fina, épouse du vicomte Armand, lui font donation d'une payssière (6) sur l'Aveyron, au lieu dit Roca-Columbeira (7).
En 1123, Ricard Fiza, Raynald, et Raymond de Bernard leur neveu, abandonnent à l'abbé certains cabes sur la Garonne, une île et unè maison (S).
En 1125, Pierre Bégon et Adhémar Gauzbert cèdent, avec l'autorisation de Bertrand,
(1) Aymcric de Peyrac raconte ainsi cette contestation : « Prrdictus vero abbas (Rogerius) habuit placitum cum Bertrando de Monte-Incensi abbate militi Moyssiacy, ut in quodam memoratorio memoratur. Sciendum est quod dominus Rogerius, abbas Moyssiaci, et omnes burgenses de Moyssiaco habuerunt placitum cum Bertrando de Monte-Incensi dicto seculari abbate in manu comitis Ildefonsi. Volebat enim ut redderent sibi ecclesiam et clocaria; quod dominus abbas et burgenses penitus contradiccbant, unde post hoc legitur fuisse faclam concordiam anno M0 C XXX, Philippo rege Francorum et Ildefonso comité Tholosano regnantibus, et Amelio Tholose civitatis episcopo existente, et fit mentio de episcopo Tholosano in dicta concordia, quia Tholose fuit facta oram comité Tholosano, regnantibus supradictis ». Chron., fol. 161, v°, col. 2.
(2) Hist. de Languedoc, nouv. édit., t. V, col. 973 et 974.
(3) « R. Guillermi, domno Rogerio abbati Moyssiaci, dédit ecclesiam S. Johannis de Villamuro, in Tholosano, et fuit facta donacio anno Domini M" C" XV, quam possidet episcopus Montisalbani ». Aymeric de Peyrac, Chron., fol. 161, v, col. 1.
(4) Andurandy, n° 5649.
(5) Hist. de Languedoc, nouv. édit., III, 364, et IV, Chart. et Diplômes, n° ccclxxx.
(6) Paxeria, fi, axera, fiasseria, en français fiaissière, écluse, lieu fermé de pieux.
(7) Hist. de Languedoc, nouv. édit., V, 884. — Coll. Doat, vol. 143, fol. 286.
(8) Arch. défiartem. de Tarn-ei-Garonne, série, G. 571.
lu
évèque d'Albi, l'église de Saint- Marcel et ses dépendances (i). La même année, le monastère acquit d'Odon Adalbert la moitié de l'église de Saint-Sernin de Cos (2) : et l'église de Saint-Laurent de Gaviac lui fut donnée par Bertrand Rotger et Argendis sa femme, sous la condition que les moines leur donneraient l'habit religieux et leur accorderaient la sépulture, le tout sans aucune rétribution (3).
En ii 26, Raynald de Gandalou se désiste d'un jardin et d'une ferme; le donateur « vieux et pauvre se donne lui-même » (4) ; et Aymeric de Cos et ses enfants font donation de la moitié de l'église de Saint-Pierre de Cos, y compris la dime et les oublies (5) de ladite église, plus un quart de la dîme de Sainte-Rufine (6).
Aymeric de Peyrac, en parlant de l'abbé Roger, énumère les possessions de l'abbaye, tout en faisant remarquer que sa liste est incomplète, le malheur des temps ayant fait perdre le souvenir d'un grand nombre de biens qui avaient été enlevés à l'abbaye. Nous donnons en note la nomenclature établie par le chroniqueur (7).
(1) Coll. Doat, vol. 129, fol. 7. — Hist. de Languedoc, nouv. édit., IV, 385.
(2) Andurandy, n° 5,217.
(3) Arch. départ, de Tarn-et-Garonne, série G, 569.
(4) Arch. départ, de Tarn-et-Garonne, série G, 569 et 684.
(5) Le droit d'oublié était un droit que les sujets et les vassaux devaient en certains endroits à leurs seigneurs, qui consistait en quelques pâtisseries ou quelques pains très minces appelés oublies et qui plus tard fut remplacé par une somme d'argent. On appelait cette redevance droit d'oublié, droit d'oubliage.
(6) Andurandy, n° 5,218.
(7) « Tamen pro fideli memoria in specie scribere nomina abbaciarum, prioratum, et ecclesiarum quas recolligere potui per antiquas scripturas, ominis aliis que a memoria nostra sunt oblita per temporum antiquitates hic dixi de proprio spectificanda. Primo sequitur nomina abbaciarum, a primis temporibus huic monasterio subditarum, quarum aliquas possidemus, et aliquas non habemus quia sub alio dominio sunt reducte :
» Abbacia de Marciliaco, de Lasaco, S. Saturnini Tholose, Exicnsis, Arulensis, de Campo-Rotundo, S. Marie de Soritimo, S. Maurini, S. Pétri de Curte, de Conquetis, Bracbretensis.
» Sequntur nomina prioratuum majorum et conventualium : Deaurate Tholose, de Alayraco, de Medicino. de S. Paladio, S. Gemi Lectorensis, et ibidem, ut perlegi in gestis de vastacione Vasconie, antiquitus erant duodecim monachi cum quodam celarario. Item S. Cipriani in Petra Goricino, de prioratu de Senaco in partibus nostris habui, quod fuit prioratus conventualis. Hoc vero in monasterio non perlegi nisi quod in donacione cappellanie de doma cavetur quod ibi erat prior cum monachis Deo servientibus anno Domini M° CXLVI1I.
» Sequntur alii prioratus non conventuales : Ville nove Ruthencnsis, de Bredomio, de Pomerico, de Castro-Sarraceno, de Monte-Corbello, de Bruniquello, de Calciata, de Brolio, de Picator, de Lizaco, de Scatalenchiis, de Bordio-Bodrio, de Gardia, de Layragueto, de Benacio, de Serinhaco, de Cuquomonte, S. Rustici, S. Lniffarii, S. Pétri de Manse, de Boychia, de Cossio, S. Pétri de Coquinis, de Maynatina, de Mensaco, de Sancta-Gavella Studcnsis, S. Pétri de Coquinis, de Lobareciis, alias de Boudignos, de Rupeeey- Serya, de Aymeto, de Cedilhaco, de Villamartino, de S. Avitto, de Castro-Mayrano, de Guasanpuey de S. Nycholao, de S. Claro de Masqueriis, S. Johannis de Frigore, de Semiuro, de Secino, de Rapistagno. S. Marie de Cuberis, de Petrosa, de Salella, S. Pauli in vale Oleii, de Fenolhedis, de Marciliis, S. Romani de Bufeto, de Conquetis.
» Sequntur ecclesie seu cappelle S. Michaelis, S. Jacobi, S. Ansberti, S. Laurencii, S. Marie de Portu Guilharani, S. Christofori, S. Johannis de Biarosa, S. Marcialis, S. Martini, S. Vincentii de Auteiaco, S. Liberate, S. Amancii, S. Pétri delz Casels, S. Saturnini de Bos, S. Johannis de Pertica, S. Saturnini que eonjuncta est ecclesie S. Pétri de Ciriaco, S. Pétri de Vingariis, S. Marie de Troillo, de Coguornaco, de Grata-Tumba, S. Luppi de Malausa, de Sais, S. Germani de Arduno, S. Sulpicii, S. Mauricii, S. Jacobi de Frumilhart, S. Saturnini de Rogonaco, S. Juliani, S. Magdalene de Affunano, S. Pétri, S. Aviti de Besignis, de Monteberteris, de la Sancta de Blanqueto de Varenis, de Saratiato, de Flamaringis, de Guodorvilla, S. Amancii de Cariogno, de Castelliis, de Pianhaco, S. Marie de Castras de Laperucella, S. Amancii'
LES ABBÉS RÉGULIERS
L'abbé Roger jouissait d'une réputation méritée, aussi fut-il chargé, en 1130, par l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, d'arranger une affaire qu'Aycard, prévôt de Saint- Etienne de Toulouse, se proposait de porter devant le concile de Clermont : Aycard voulait protester contre l'union faite depuis longtemps, au préjudice de son chapitre, disait-il, de l'église de la Daurade à l'ordre de Cluny (1).
La même année, le pape Innocent III voulant témoigner à l'abbaye de Moissac toute sa satisfaction pour la bonne renommée qu'elle s'était acquise, renouvela l'autorisation déjà donnée à son abbé de porter les habits pontificaux. Mais sur les observations produites par les moines de Cluny que ce privilège pourrait détacher de la maisonmère les abbés de Moissac, le Souverain-Pontife spécifia que ces derniers ne pourraient user de cette faveur qu'après avoir prêté serment d'obéissance à ceux de Cluny (2).
L'abbè Roger mourut vers 11 3.1, ayant donné à ses religieux l'exemple de toutes les vertus ; aussi celui de ses successeurs qui lui éleva la statue que l'on voit encore à côté du porche de l'église lui attribua-t-il la qualification de bienheureux, en gravant près de sa tète l'inscription : BEA[fc»JS ROGERIVS ABBAS.