INDICATION DES SOURCES
Lagrèze-Fossat est sans contredit le véritable historien de la "ville et de l'abbaye de Moissac. Il a eu connaissance de la Chronique d'Aymeric de Peyrac, du Cartulaire et des nombreuses pièces provenant des archives de l'abbaye. A force de travail et de patientes recherches, il est parvenu à réunir les matériaux nécessaires pour la rédaction de trois volumes in-8°, qu'il a fait imprimer à Paris en 1870, 1872 et 1874 sous le titre : Etudes historiques sur Moissac.
Le premier volume énumère les sources manuscrites utilisées ; il donne un essai topographique sur Moissac, les coutumes de la ville, l'histoire des abbés-chevaliers et une étude sur l'hommage et sur les serments alors en usage. Le deuxième volume est relatif aux différents droits exigibles au sujet des eaux du Tarn et de la Garonne ; il parle de la communauté et des institutions municipales. Dans le troisième volume se trouvent une notice sur les abbés-réguliers, un aperçu sur l'ensemble du monastère et la description archéologique de l'église et du cloître.
On peut reprocher à l'auteur un manque de méthode qui rend la lecture de son travail un peu fatigante : son ouvrage renferme aussi de nombreuses erreurs. Mais tous ces défauts étaient inévitables pour celui qui arrivait en quelque sorte l'un des premiers et qui devait se débrouiller au milieu d'un fouillis de documents qu'il avait entassés.
Les Eludes historiques sur Moissac n'en sont pas moins un ouvrage sérieux, résultat d'un travail assidu et consciencieux ; les sources sont toujours exactement indiquées et accompagnées de nombreuses notes fort intéressantes. C'est une œuvre véritable qui sera toujours consultée avec fruit par tous ceux qui s'intéressent à l'abbaye de Moissac. Nous avouerons qu'elle nous a été d'une très grande utilité et que nous y avons fait de nombreux emprunts.
En parlant de Lagrèze-Fossat, nous ne devons pas passer sous silence le nom d'un de ses amis Edouard Laroque qui l'a beaucoup aidé de ses conseils et de son expérience. Edouard Laroque, né à Moissac en 1797, mort en 1880, était un érudit des plus modestes qui le premier s'est livré avec autant de passion que de succès à l'étude du cloître ; le premier il a décrit les sujets d'un grand nombre de chapiteaux dont on n'avait pu donnner l'explication. Malheureusement il n'a jamais voulu consentir à laisser imprimer le résultat de ses patientes recherches.