LVII. — BERTRAND DE ROBERT
(Bertrandus de Roberto Aym. de Peyrac : Berlrandus Roberti Gall. chr. ; Bertrandus Angerius Andurandy)
Bertrand de Robert, fils de Guillaume de Robert, chevalier, damoiseau de Saint- Jal (7), prieur de Villeneuve du Rouergue, fut nommé abbé de Moissac, à la mort de Frédol de Lautrec, par un bref du pape Grégoire XI, daté de la première année de son pontificat (8).
Une charte du 4 février 1371 le désigne sous le nom de Bertrand Auger; elle fait connaître qu'il prit parti pour Charles V contre le roi d'Angleterre, et qu'en reconnaissance le duc d'Anjou lui donna une somme de 2,400 francs d'or, tant pour le récompenser de ses services que pour dédommager l'abbaye des pertes qu'elle avait
([) Arch. dép. de Tai n-et-Garonne, G, =537. — Voir ci-dessus, p. 113.
(2) La valeur du setier à Moissac était à cette époque de 544 litres.
(3) Andur., nos 556 et 5684; — Arch. dép. de Tar n-et-Garonne, G, 566 et 689.
(4) Arch. dép. de Tarn-et-Garonne, G, 544.
(5) Arch. dép. de Tar n-et-Garonne, G, 540.
(6) Taupiac, Mémoire sur Castelsarrasin, p. 24.
(7) Estiennot, Anliq. Benedict. Vascon., p. 440.
(8) Gallia christiana, I, col. 170.
éprouvées (i). Mais les ressources du monastère étaient tellement épuisées à ce moment là que malgré cette indemnité et les nombreux délais qui lui furent accordés, il ne put payer, en 1375, à la chambre apostolique pour les services communs, la somme pour laquelle il était taxé, et fut de ce chef frappé d'interdit (2). Il en fut relevé par l'archevêque d'Arles, camérier du pape, qui par des lettres datées d'Avignon le 23 février de l'année suivante, prescrivit aux collecteurs de ne plus réclamer ce qui pouvait être dû.
En 1375, Grégoire XI ayant accordé au roi de France l'autorisation de lever, dans toute l'Aquitaine, une imposition sur les revenus ecclésiastiques, sous cette réserve qu'on ne poursuivrait point ceux qui ne pourraient se libérer entièrement, Bégon, évêque de Cahors, après avoir fait une enquête, certifia que l'abbé de Moissac et ses religieux étaient dans l'impossibilité absolue d'effectuer le moindre paiement (3]. Aussi, à la suite de cette déposition, l'archevêque d'Arles, camérier du pape, écrivit d'Avignon, le 13 février 1376, aux collecteurs de la chambre apostolique pour le Quercy, de lever l'interdit et de ne pas insister davantage pour être payés (4).
Le 31 mars 1372, l'abbé Bertrand avait passé un accord avec l'évêque de Cahors sur la visite des églises. L'évêque prétendait qu'il avait le droit de visiter annuellement toutes les églises de son diocèse, entr'autres celles de Moissac, et de recevoir chaque fois le droit de procuration ; l'abbé objectait que les privilèges de Cluny accordaient une seule procuration pour toutes ces églises ; ils transigèrent et il fut décidé que l'évêque pourrait visiter les églises tant qu'il lui plairait mais qu'il ne recevrait qu'un seul droit de procuration (5).
En 1377, Bertrand de Robert fut placé à la tête de l'abbaye de Tournus, au diocèse de Châlon-sur-Saône (6). Nommé évêque de Montauban à la fin de l'année 1379(7), il mourut le 8 septembre 1403 (8).