TOPOGRAPHIE GÉNÉRALE DE MOISSAC
oissac, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de Tarn-et-Garonne, dépendait autrefois de la province de Quercy et formait une enclave dans celle de Languedoc.
Cette ville, située près du confluent d'une grande rivière et d'un grand fleuve : le Tarn et la Garonne, s'étend dans une plaine vaste et fertile, aux pieds et à la naissance de riants coteaux plantés de vignes et d'arbres fruitiers qui l'abritent des vents du nord (i).
La ville^de Moissac remonte à une époque fort ancienne (2), mais son aspect s'est 'profondément 'modifié à la suite des péripéties par lesquelles elle est passée. Dévastée par les Visigoths au ve siècle ; prise successivement par les soldats •de Clovis, par Vaïffre duc d'Aquitaine et par Pépin; brûlée dans le courant du xi° siècle par Vivien comte de Lomagne ; consumée presqu'en entier au siècle suivant par un effroyable incendie ; saccagée par Simon de Montfort ; elle fut démantelée et privée de ses fossés, après 1229, en vertu du traité de Meaux. Fortifiée de nouveau en 1271, à la suite de la réunion du comté de Toulouse à la Couronne, elle tomba au pouvoir des Anglais en 1370 et eut encore beaucoup à souffrir pendant les guerres de religion.
S'il faut s'en rapporter à une gravure donnée par Belleforest dans sa Cosmographie universelle, gravure que nous reproduisons sous la figure 2, Moissac, lorsque les
(1) Ces coteaux forment au-dessus de Moissac les collines de Saint-Michel et du Calvaire, séparées l'une de l'autre par le vallon du Brésidou. La colline du Calvaire est désignée dans les titres anciens sous les noms de Pech Auriol, Montauriol (Mons Aureits, Aureolus) et aussi sous ceux de Béquis, Lapeirière, Simon de Noyer, en souvenir des seigneurs qui la possédaient à titre de fief. Simon de Noyer était consul de Moissac en 152g.
(2) « Dcnique in multis locis harum parcium (sic), in agris et viis publicis apparent antiqua pavimenta ■que faciunt intersigna villarum antiquarum et penitus dcstructarum, de quibus in secunda parte opusculi etiam prelibavi ». Aym. de Peyrac, Chronique, fol. 154, r°, col. 1.
Visigoths s'en emparèrent, était entouré d'un large fossé et de hautes et fortes murailles crénelées, flanquées de nombreuses tours. Une seconde ligne de défense se dé-
Pourtraid de la ville de MoiiTac.
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Fig. 2. — D'après une gravure de la Cosmographie de Munster, 157=5 (1).
veloppait à l'Ouest et au Sud-Est; le côté de l'Ouest était désigné dans les vieux actes sous le nom de muraille de Portasse, de Porte Arse (des mots porta et arsa, porte brûlée) ; celui du Sud-Est était appelé muraille de la Redouve et fortification de la Porte-en-Bourse. Les abords du pont jeté sur le Tarn se trouvaient défendus par deux tours élevées aux extrémités.
(1) Il convient de remarquer que dans la légende qui accompagne cette gravure, le mot Tarn est écrit à tort Tary.