LX. — GUY DE VAYRAC
(Guido de Vayraco Gall. chr.) 1419 — 1431
Raymond de Vayrac eut pour successeur son frère Guy de Vayrac, chanoine des Carnutes.
L'administration de cet abbé, de courte durée, ne fut signalée par aucun événement bien important. En vertu d'une transaction de 1238, le prieuré de Castelsarrasin devait donner à deux officiers claustraux de Moissac, à l'un un franc d'or, à l'autre quatre livres tournois petits noirs. Le prieur ayant refusé en 14 19 de payer cette redevance qui était due au camérier, l'abbé de Moissac le fit citer devant lui le 29 décembre de la même année et le condamna à remplir l'engagement qu'il avait contracté en acceptant ses fonctions (5) ; il profita de cet incident pour tâcher d'incorporer les revenus du prieuré à ceux de l'abbaye et s'adressa à cet effet à l'abbé de Cluny. Ce dernier entra dans les vues de l'abbé de Moissac et envoya, en 1421, une commission à Raymond de Arensis, prieur de la Daurade, pour opérer l'union demandée. Raymond de Arensis exécuta les ordres qui lui étaient transmis et signifia, l'année suivante, aux parties intéressées, les lettres écrites à ce sujet par l'abbé de Cluny. Ces lettres constatent que l'abbaye de Moissac, peuplée jadis de quatre-vingts religieux, n'en possède plus que vingt-sept, par le fait des guerres (6).
De nouvelles difficultés étant survenues entre les consuls et Guy de Vayrac, au sujet du serment de fidélité et de l'hommage que l'abbé prétendait être du à son
(1) Hist. de Languedoc, nouv. cdit., t. IX, pp. 974, 990, 1000 et 1026.
(2) E. Bombai, La Châlellenie de Merle, pp. 44, 45 et 49 du tirage à part, extrait du Bull, de la Soc. archéol. de la Corrèze, t. V. — G. Lacoste, loc. cit., III, p. 386, note 1.
(3) Arch. dép. de Tam-el-Garonne, G, 596; — Andur., n° 1913. (■4) Andurandy, n° 63, cité par Lagrèze-Fossat, III, 74.
(5) Andurandy, n° 5805, cité par Lagrèze-Fossat, I, 318.
(6) Arch. dép. de Tarn-et-Garonne, série G, 694.
LES ABBÉS RÉGULIERS
avènement et à chaque mutation des consuls, on s'adressa au roi et d'un commun accord il fut décidé, le 21 mai 1423, qu'on s'en rapporterait au jugement du parlement de Toulouse (1).
Guy de Vayrac se démit de ses fonctions d'abbé en faveur d'Aymeric de Roquemaurel, en 143 1. C'est ce qui résulte d'une bulle datée du 13 des calendes de septembre de cette année, par laquelle le pape Martin V lui accorde, comme compensation, le château de Saint-Nicolas dépendant de la mense abbatiale de Moissac (2).
Le sceau du couvent se trouve apposé sur un acte reçu par Me Bruguières, notaire, le 6 novembre 1419, créant l'office de Pailler. Avant cette époque les attributions de pailler concernaient le prieur claustral, mais à la date précitée on en fit une fonction spéciale, relative à l'enlèvement des pailles, à la réception des dîmes, et à la jonchée nécessaire en hiver, soit pour l'église, soit pour le réfectoire et autres lieux (3).
Ce sceau, que nous reproduisons sous les figures 19 et 20, était en usage depuis longtemps dans l'abbaye, car on le retrouve sur un acte de 1266 (4).
Fig. 19 et 20. — Sceau de l'abbaye de Moissac
Sceau rond de $3 millimètres, empreinte sur cire.
Légende. — * S[igillum] CO[;j]VENTVS MONASTERII S[an]C[t\l PETRI
MOYSIACEN[sw]
Dessin. — Sur un siège à décoration architecturale, saint Pierre assis, nimbé, tenant deux clefs de la main droite et un livre de la gauche.
Contre-Sceau
Rond de 25 millimètres.
Légende. — * SANCTVS PAVLVS Dessin. — Saint Paul, à mi-corps, tenant une épée de la main droite, et élevant un livre de la gauche.
(1) Arch. défi, de Tarn-el-Garonne, série G, 545 ; — Coll. Doat, vol. 127, fol. 242.
(2) Arch. défi, de Tarn-el-Garonne, série G, 733.
(3) Arch. défi, de Tam-et-Garonne, série G, 667.
(4) Douët d'Arcq, Collection de sceaux, t. III, p. 24, n° 8294, Paris, 1868.