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LXII. — PIERRE DE CARMAN OU DE CARMAING

(Pelrus de Caramanno Gall. chr.) 1449 — 1485

Pierre de Carman était prieur de Saint-Maffre de Bruniquel, lorsque peu de jours après la mort d'Aymeric de Roquemaurel, au mois d'octobre 1449, il fut élu abbé par le chapitre de Moissac, composé de vingt-deux moines (1).

L'élection fut faite après l'audition de la messe célébrée par François de Cholet, hôtelier. Le prévôt Arnald de Peyrac avertit les frères excommuniés ou en suspense d'avoir à se retirer, et exhorta les autres à élire le plus digne. On choisit trois scrutateurs pour recevoir les votes, et alors chacun, d'après les décrets du saint concile de Bàle, vint déposer le sien. Le procès-verbal dressé à ce sujet déclare que la plus grande et la plus saine partie des membres formant le chapitre vota pour Pierre de Carman ; quelques autres élurent Amalaric de Senergues, prieur de la Daurade, leur parent. L'un de ces derniers, Guillaume de Roquemaurel, motiva son vote sur les nombreuses améliorations faites par l'abbé Amalaric à son prieuré, et la nécessité d'un tel chef à Moissac, où l'abbaye tombait en ruines.

Le ier novembre. Arnald de Peyrac se rendit à Montauban où se trouvait le nouvel abbé et le décida à accepter l'emploi qui lui était confié (2).

L'acte dressé pour l'élection de Pierre de Carman est intéressant par les détails qu'il donne ; il fait connaître les formalités qui étaient en usage pour les nominations par voie de scrutin. On y remarque que si vingt-deux religieux prirent part à l'élection, dix-huit seulement, ceux qui avaient voté pour Pierre de Carman, se trouvèrent à Moissac lorsque le procès-verbal fut dressé. 11 y en eut six qui « ne sachant pas écrire » ne purent point affirmer de leur propre main la vérité des faits relatés dans l'acte (3).

L'élection de l'abbé fut successivement confirmée par celui de Cluny et par le vicaire-général au mois de janvier et au mois de février de l'année suivante (4).

Malgré cette double confirmation, un certain Armand de Lustrac, protonotaire du Saint-Siège, s'opposa à la prise de possession de l'abbaye par le nouvel élu, prétendant qu'il en était lui-même abbé commendataire par résignation d'Amalaric de Senergues. L'affaire fut portée devant le parlement de Toulouse, mais Armand de Lustrac et Amalaric de Senergues, sans en attendre la décision, envahirent l'abbaye de Moissac, saisirent ses revenus, excommunièrent l'abbé et interdirent le service dans l'église. Devant ces actes de violence, le parlement de Toulouse s'empressa de rendre son arrêt qui fut favorable à Pierre de Carman ; il ordonna en même temps de mettre sous la main du roi les biens appartenant aux deux intrus. De son côté l'abbé de Cluny donna de nouveau à l'abbé de Moissac l'autorisation de se faire bénir.

Armand de Lustrac ne se tint pas pour battu. L'année suivante il obtint de Nicolas V des lettres favorables à ses prétentions. Alors les religieux de Moissac se réunirent dans le cloître en assemblée capitulaire (145 1) et protestèrent auprès de Pierre de Bonald, évêque de Sariat, commissaire apostolique dans ladite instance. Ils firent ressortir l'irrégularité de l'élection d'Armand, nommé seulement par cinq religieux

( 1) Coll. Doat, vol. 131, fol. 145.

(2) Arch. dép. de Tarn-et-Garonne, G, 728.

(3) Coll. Doat, vol. 131, fol. 145; Andur., nos 1916 et 19 17; Lagrèze-Fossat, loc. cit., t. III, p. 485.

(4) Andurandy, n"s 1916 et 1922.

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ses parents, dont un, faible d'esprit, avait été menacé de mort comme plusieurs autres moines. Au surplus Armand est personne séculière ne pouvant posséder l'abbaye où, d'après les privilèges de Cluny, nul ne peut avoir dignité ou bénéfice s'il n'est religieux ; ils déclarent devoir en apppeler au Saint-Siège et au légat le cardinal de Foix. Le Souverain-Pontife fit faire de nouvelles enquêtes sur ce sujet et Pierre de Carman put à la fin diriger paisiblement son monastère (i) ; en outre le pape adressa, le 5 des ides de mai de la même année (145 1), une bulle à l'abbé de Saint-Sernin de Toulouse et aux officiaux de Toulouse, de Cahors et d'Albi, pour ordonner, sous peine d'excommunication, aux détenteurs des biens de l'abbaye de Moissac, d'avoir à restituer ce qu'ils possédaient injustement (2).

Les grandes relations que l'abbaye de Moissac entretenait au dehors, ses richesses, le contact des grands personnages qui la visitaient et bien d'autres causes, avaient contribué à lui faire oublier les traditions de la vie bénédictine. Des habitudes de luxe et de mollesse s'étaient introduites dans le cloître et nécessitèrent de la part des abbés des admonestations et des ordonnances que les archives de l'abbaye nous ont conservées. Ces documents, curieux par les détails des mœurs qu'ils renferment, nous montrent l'état de relâchement de la vie monastique à cette époque.

Ainsi, le 6 novembre 1453, Pierre de Carman, dans un chapitre général tenu à Moissac, rédigea des statuts qui furent consignés dans un acte reçu par Guillaume de Garnier, notaire public de Toulouse et impérial de Castelsarrasin. Nous citerons plusieurs passages de cet acte.

« Article 3 : Il a toujours été défendu aux moines de boire et de manger hors de l'abbaye ; toutefois ils le peuvent avec la permission du prieur, s'ils sont invités chez un abbé ou prélat de séjour dans Moissac.

» Article 14 : Afin que les moines puissent s'appliquer, par une vie chaste, cette parole du pape Pascal : Vous êtes la lumière du monde; par le vœu d'obéissance, et, sous peine d'excommunication, nous prescrivons à nouveau ce qui fut ordonné au concile de Vienne, par le pape Benoît XII, au sujet de l'habillement et chaussure des moines; et considérant qu'on ne doit point trouver mauvais que les statuts varient suivant les temps, et que des peines soient portées contre ceux qui les enfreignent, considérant que depuis peu les laïques ont inventé un mode de vêtement et des chaussures ouvertes, montrant les cuisses et les parties honteuses, ce qui est une très grande insulte à notre sainte religion, et des chausses vulgairement appelées cntrctencntos, et des souliers à bec, et, en outre, des cornes longues aux capuces, des jupons courts qui montrent les parties à cacher, et que certains religieux portent le scapulaire. Nous, voulant autant qu'il est en notre pouvoir, prohiber ces exécrables et immodestes vêtements et ne supporter une pareille aberration, nous proscrivons tous ces habits, sous peine, pour les officiers claustraux, de confiscation et don aux pauvres, et, pour les prieurs, d'une amende de 2 livres de forte monnaie, applicables aux religieux du couvent. Défense du chapeau dans les villes, même sous le capuchon; défense aussi des bourses d'argent, jupons de soie ou camelot, scapulaire de soie ou sandal, à moins qu'on ne soit dignitaire de l'ordre (3).

(1) Arch. dép. de Tarn-et-Gctronne, G, 597; — Andurandy, nos 1916 et 1930.

(2) Arch. dép. de Tarn-et-Garonne, G, 539.

(3) Les archives de l'abbaye de Saint-Pierre et Saint-Paul à Neuwiller (Bas-Rhin) renferment des prescriptions analogues : Défense est faite aux religieux de se livrer aux plaisirs de la chasse, de porter des

» Article 16 : Défense à tout moine de manger de la viande, ni au couvent, ni dans Moissac, les mercredi de chaque semaine et les lundi et mardi de carême; si bien des personnes pratiquent ces jours là cette abstinence par dévotion, les religieux doivent l'observer par vœu.

- » Article 24 : Nous ordonnons que ceux qui doivent des pensions aux religieux les apportent le jour de la dédicace du monastère (7 novembre), ou dans l'octave, sinon ils seront mis en interdit, pour être même excommuniés si pendant quinze jours ils supportent cette peine canonique avec un esprit indiffèrent » (1).

Pierre de Carman ayant été autorisé par le légat du pape à recevoir plusieurs bénéfices, il fut nommé, vers 1446, vicaire-général de l'évêque de Montauban, et en 1458 abbé commendataire de Saint-Michel de Gaillac (2).

Vers cette époque l'abbaye de Lézat renouvela la tentative déjà faite en 1236 de se séparer de l'abbaye de Moissac. On choisit pour prétexte la discorde survenue entre deux religieux qui se disputaient alors le siège abbatial de Lézat; l'un avait été nommé par l'abbé de Cluny, l'autre par celui de Moissac. Le pape consulté à ce sujet, chargea l'évêque du Puy, en 1460, de régler ce différend. Ce dernier n'ayant pu réussir, la cause fut remise l'année suivante entre les mains des évêques de Rodez et de Montauban et de l'abbé de Saint-Sernin de Toulouse, mais ce n'est que le 21 avril 1474 que l'affaire fut terminée par une transaction (3).

Le 2 février 1460, il reçut la promesse d'obéissance de P. de Carnadal, abbé de Campredon, qui reconnut les droits de visite, de correction et de confirmation de l'abbé de Moissac dans l'abbaye de Campredon ; il fit même des statuts pour cette abbaye, défendant aux religieux de porter des armes, et de donner, sans son autorisation, l'habit monastique à un habitant de la localité (4).

La même année il obtint du prieur de Cluny une sentence condamnant le prieur de Rabastens à se rendre à Moissac pour demander pardon à l'abbé d'avoir voulu se soustraire à son autorité en cherchant à donner la charge qu'il occupait à tout autre qu'à un religieux de Moissac (5).

L'abbé de Moissac devait souvent être absent de son abbaye ; c'est du moins ce que laisserait supposer une procuration qu'il donna, le 2 octobre 1462, à divers religieux, pour administrer sous la surveillance d'un conseil de jurisconsultes de Toulouse ses abbayes de Moissac et de Gaillac (6).

Mais l'acte le plus important de son administration fut d'affranchir l'abbaye de Moissac de la juridiction de l'abbé de Cluny. 11 obtint à ce sujet plusieurs bulles du pape. La première fut délivrée le 9 mars 1461 : elle porte que le couvent de Moissac est indépendant de l'abbaye de Cluny et des chapitres généraux de l'ordre, tant pour la correction, punition, droit de visite, que de son officiai en procès civils et criminels,

armes, de remplacer le capuchon en peau de mouton par des étoffes de soie, de jouer, de fréquenter les auberges, de se promener dans les rues en jouant de la guitare, de passer la nuit hors du cloître, etc. Arch. départ, du Bas-Rhin, Fonds de Neuwiïer, G, art. 5730, n° 2.

(1) Arch. défi, de Tarn-el-Garonne, G, 583.

(2) Gallia christiana; — Andurandy, n° 69.

(3) Andurandy, nos 6279 à 6283.

(4) Arch. défi, de Tarn-et-Garonne, G, 738; — Coll. Doat, vol. 131, fol. 213.

(5) Andurandy, n" 5530.

(6) Arch. de la Soc. arch. de Tarn-et-Garonne, Titres de Corbarieu, cit. par Moulenq, p. 325.

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voulant qu'elle dépende immédiatement du Saint-Siège (i). La deuxième est de l'année 1462 ; elle relate les mêmes dispositions et lève l'excommunication que l'abbé de Cluny aurait pu lancer contre l'abbé de Moissac et le prieur de Bredon pour n'avoir point voulu se rendre au chapitre général de Cluny qui s'était réuni après ces événements (2). La troisième, du mois de mars 1466, déclare de nouveau que le monastère est exempt de toute sujétion a Cluny et ne relève que du Saint-Siège (3). Enfin le 4 des nones de décembre 1481 Sixte IV confirme solennellement les bulles de ses prédécesseurs, et la fulmination fut faite par l'official de Cahors le 22 novembre 1482 (4).

En 1467, Pierre de Carman fit adopter par le chapitre un règlement fixant au minimum de vingt-sept le nombre des moines claustraux qui devaient se trouver dans le couvent (5).

Le 29 juin 1470, il reçut de la part du roi de France et de Charles son frère, duc d'Aquitaine et de Gascogne, par l'intermédiaire d'Ardit de Loubéjac, baile royal, l'offrande de l'obole d'or, mais l'année suivante il fut obligé de protester contre le retard apporté à ce sujet et de requérir le nouveau baile Jacques Cassannières de rendre cet hommage (6).

En 1472, il eut quelques difficultés au sujet de certaines redevances dues par les bouchers, et il obtint du parlement de Toulouse des lettres royales le maintenant dans tous ses droits sur les boucheries de la ville. En vertu de ces droits il lui revenait : le ventre avec sa toile et graisse de toute bête ayant plus d'un an, les vieubles (sic) des porcs qu'il devait partager avec le viguier, et un denier par bœuf. Ces privilèges sur la boucherie furent confirmés, en 1474, par le roi (7) qui délivra en outre à l'abbé des lettres patentes pour lui permettre « vu la rareté du vin bon et pur et la nécessité d'en fournir à 28 religieux composant son monastère » d'en faire venir sans payer aucun droit (8).

L'évêque de Cahors, Antoine Alamand, ayant prétendu avoir le droit de visiter toutes les églises dépendant du monastère de Moissac, même l'église abbatiale, et d'exiger les droits et redevances exigibles dans ce cas, Pierre de Carman obtint le 14 janvier 1479, du parlement de Toulouse, d'autres lettres royales contraires aux prétentions épiscopales (9).

En 1484, l'abbé de Moissac résigna les abbayes de Moissac et de Gaillac en faveur d'Antoine de Bernard et de Carman, ses neveux; il mourut en 1490 (10).

Pierre de Carman, frère du sénéchal de Quercy, appartenait à la branche de Duèze, qui possédait la terre de Nègrepelisse. Il avait une fortune considérable à laquelle vinrent s'ajouter les revenus des bénéfices qui lui furent accordés, mais il sut en faire profiter le couvent car c'est à lui qu'on doit la reconstruction du palais abbatial et la réédification de l'église qui s'est conservée jusqu'à nos jours.

(1) Arch. défi, de Tarn-et-Garonne, G, 539; — Andurandy, n° 70.

(2) Arch. défi, de Tarn-ei-Garonne, G, 572 ; — Andurandy, n° 7274.

(3) Andurandy, n° 671.

(4) Andurandy, n° 7297.

(5) Andurandy, n" 1501.

(6) Arch. défi, de Tarn-et-Garonne, G, 545.

(7) Arch. défi, de Tarn-et-Garonne, G, 5 44-

(8) Arch. défi, de Tarn-et-Garonne, G, 577.

(9) Andurandy, nos 672 et 673, cité par Lagrèze-Fossat, III, 78.

(10) Andurandy, n" 1940.

Un long procès eut lieu sous l'abbatiat de Pierre de Carman au sujet de la fontaine située dans le cloître et qui portait le nom de Griffoul (1). Les religieux avaient un grand intérêt à posséder de l'eau de source dans l'enceinte même du monastère ; aussi les eaux ayant été taries par suite d'un curage que les consuls avaient effectué dans le fossé de Saint-Michel et des réparations qui avaient faites aux murailles de la ville, les religieux intentèrent un procès aux consuls devant le sénéchal ; ils eurent gain de cause et le sénéchal rendit une sentence ordonnant aux consuls, sous peine de 50 marcs d'argent, de rétablir les choses en leur état primitif (2).

Les consuls en appellent au roi et lui exposent que par suite de la guerre des Anglais la ville a été saccagée, qu'elle est dépeuplée, que ses puits ont été démolis et que les habitants sont obligés d'aller chercher de l'eau au couvent, d'où il ressort des inconvénients les plus graves : d'abord la porte du monastère est souvent fermée, ensuite les religieux sont parfois d'une grande inconvenance à l'égard des femmes qui vont à leur cloître chercher de l'eau ; aussi ont-ils projeté de changer le puits du faubourg et d'en conduire l'eau sur la place publique pour en faire un griffoul. L'affaire fut renvoyée le 15 octobre 1457 au parlement de Toulouse. On fit entendre de nouveaux témoins qui confirmèrent les dires des consuls. Ainsi Pierre de Jacques, charron, parle des crimes et adultères commis au couvent et narre avec des détails circonstanciés la rencontre d'une jeune femme appelée Guillaumette avec un jeune moine de 25 ans, le vendredi saint à l'heure des vêpres; le moine d'abord incarcéré fut transféré à Notre-Dame de la Daurade à Toulouse où il voulait faire un mauvais parti au déposant un jour que celui-ci le rencontra près de l'église Saint-Pierre-des- Cuisines. Un autre témoin entre dans de plus amples détails sur le même sujet, déclarant que l'on dit vulgairement à Moissac, que bien des honnêtes femmes sont devenues meretrices par le fait du cloître et que chaque moine focariam tenet. Toutefois il ne cite que les relations du prieur de Pomevic avec la belle Amandine (3).

Soit que ces dépositions fussent, comme il est bien probable, très exagérées, soit pour tout autre motif, le sénéchal de Quercy, le 16 septembre 1458 (4), et le parlement de Toulouse, le 30 juillet 1462, confirmèrent la sentence rendue en faveur des religieux et condamnèrent les appelants aux dépens (5).

L'abbé Foulhiac parle d'un bréviaire manuscrit d'une très grande valeur et qui selon toute probabilité aurait été donné à l'abbaye de Moissac, par Pierre de Carman. Il le désigne ainsi dans le catalogue des manuscrits de l'abbaye qu'il dressa, en 1678 : « Un ancien bréviaire in-folio, donné par un abbé de la maison de Carman, qui y a fait mettre ses armes, avec crosse et mitre. Il y en avoit un de ce nom en 1460, qui fit beaucoup de réparations à l'église et a fait mettre ses armes partout. Tous les mystères de la religion et tous les saints dont on fait l'office y sont en mignature ; toutes les lettres capitales relevées d'or. Il y a des vignettes et des bordures très

(1) Grifoul. « On appelle ainsi dans le Languedoc une fontaine dont l'eau sort par des tuyaux. De gryphulus, diminutif de gryphus, dans la signification de grifon\ à cause des grifons qui sont souvent l'ornement des fontaines, et par le bec desquels ont fait jaillir l'eau. » Ménage, Dictionnaire.

(2) Arch. dép. de Tarn-et-Garonne, G, 559.

(3) Arch. dép. de Tarn-et-Garonne, G, 560.

(4) Arch. dép. de Tarn-et-Garonne, G, 561.

(5) Andurandy, n°" 407 et 410.

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bien faites à toutes les feuilles, avec des grotesques, et entre autres un renard fort bien fait, vestu en moine, assis sur une barique d'or, tenant une poule sous son bras gauche, et une troupe devant luy, qui semblent l'escouter comme s'il leur preschoit » (1).

La figure 21 reproduit un sceau de Pierre de Carman, plaqué sur la nomination de frère Dominique Hébrard à l'office de maître des novices, vacant par suite de la promotion du dernier titulaire, Bertrand de Reynac, à l'office de pitancier. L'acte est passé à Nègrepelisse le 27 septembre 1483 (2).

Fig. ai. — Sceau de Pierre de Carman

Sceau ogival de 80 millimétrés sur 8, très fruste, empreinte sur papier. Légende complètement effacée.

Dessin. — Sous deux arcatures gothiques, saint Pierre et saint Paul debout et nimbés. Au-dessus, probablement la Vierge assise avec l'Enfant Jésus; au-dessous, dans une niche, l'abbé à genoux, priant.

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