‹ L'abbaye et les cloitres de MoissacChapitre 70 sur 154 · N° 2. — DÉCOLLATION DE SAINT JEAN-BAPTISTE · texte numérisé non relu

N° 2. — DÉCOLLATION DE SAINT JEAN-BAPTISTE

Hérode-Antipas , roi de Judée, avait répudié sa femme légitime pour épouser, du vivant même de son frère Philippe, Ilérodiade, sa belle-sœur. Fatigué des justes remontrances de Jean-Baptiste qui ne cessait de lui reprocher cette alliance coupable, il le fit emprisonner. Un jour que le roi célébrait la fête de sa naissance avec les principaux de sa cour, Salomé, la fille d'Hérodiade, dansa devant lui et avec tant de grâce, qu'elle charma tous les convives. Hérode dans son enthousiasme lui promit avec serment de lui donner tout ce qu'elle demanderait. Conseillée à l'avance par sa mère, la fille impudique répondit : « Donne-moi à l'instant la tête de Jean-Baptiste dans un bassin ». Hérode, lié par le serment qu'il avait fait, ordonna tout aussitôt à un de ses gardes de la lui apporter (i).

Face septentrionale. Le saint, les mains liées avec une corde, apparaît dans une prison surmontée d'une arcade cintrée que recouvre un toit à deux versants. Le bourreau le saisit par les cheveux et lève son glaive pour lui trancher la tête (voir figure 44).

Faces orientale et méridionale. On voit sur ces faces la salle du festin. Hérode, la tête couronnée et tenant un sceptre de la main droite, est assis, avec ses convives, devant une table, garnie de deux pains marqués d'un triangle, et d'un plat contenant la tête ensanglantée du saint que vient de déposer la mère adultère et qui lui a été transmise par sa fille, placée debout et en avant de la table (voir figure 43).

( 1 ) S. Marc, c. VI, v. 1 7 à 28.

Le tailloir du chapiteau présente une série de palmettes très finement sculptées, comme sur la frise du pilier adjacent.

Observations. — On remarquera le costume d'Hérodiade. 11 se compose d'une robe descendant seulement jusqu'aux chevilles. Le vêtement est collant, dessinant la forme du corps. Une large ceinture comprime légèrement les hanches et fait ressortir le ventre. On sait qu'aux xne et xine siècles, il était de mode chez les dames qui prétendaient être bien mises de rendre saillant cet organe (i), mode contre laquelle se sont élevés avec fureur tous les moralistes de l'époque.

Page 1