‹ L'abbaye et les cloitres de MoissacChapitre 76 sur 154 · MARTYRE DE SAINT ÉTIENNE · texte numérisé non relu

MARTYRE DE SAINT ÉTIENNE

Saint Etienne, premier diacre et martyr, fréquentait les diverses synagogues établies en grand nombre à Jérusalem; il prêchait l'Evangile et opérait de nombreuses conversions. Ses adversaires, irrités du succès de ses prédications, subornèrent de faux témoins pour l'accuser de blasphémer contre Moïse et contre Dieu; le peuple, ému par ces calomnies, l'entraîna devant le conseil de la nation. Accusé de nouveau, les juifs se jettèrent sur lui et le traînèrent hors de la ville pour subir le supplice des blasphémateurs (i). Son corps resta sur le lieu de l'exécution un jour et une nuit; ensuite, quelques fidèles l'enlevèrent par ordre de Gamalied, son premier maître, qui le fit déposer dans son propre tombeau, après avoir gravé sur la pierre le nom de Cheliel, qui signifie Etienne ou couronné. Longtemps le lieu béni où reposait le corps du saint diacre resta inconnu, mais, l'an 415, une révélation divine le découvrit au peuple chrétien, et on exhuma avec honneur les restes du martyr qui furent transportés a Jérusalem.

Ce passage de l'Ecriture a inspiré le sculpteur du chapiteau.

Face orientale. Le saint exerce la prédication. La tête entourée d'un nimbe, il est assis sur un trône dont les pieds se terminent par des pattes d'animaux. Deux personnages, debout, l'entourent et lèvent les mains vers le ciel en signe d'étonnement.

Face septentrionale. Les faux témoins ont parlé. Etienne a été accusé de blasphème. Deux hommes se jettent sur lui et le conduisent devant le conseil; l'un le pousse par l'épaule, l'autre le saisit par la main.

Face occidentale. Etienne a été entraîné hors des murs de Jérusalem pour être lapidé. La foule, représentée par quatre personnages, entoure et accable de pierres le bienheureux qui, à genoux, subit avec joie son supplice.

Face méridionale. Deux clercs portent solennellement sur leurs épaules, au moyen

(t) Actus aposiolorum, c. VII.

Face orientale

Figure 5 1

Figure 52 Face méridionale

d'un brancard, les reliques du martyr, précieusement recouvertes d'un drap très riche qui tombe de chaque côté du cercueil ; ils vont le déposer dans un sarcophage sur lequel est gravée l'inscription : SEPVLCRV[mJ BEATI : ST[e]PH[am"J. Le Tout-Puissant assiste à cette scène et sa main divine est représentée sur le modillon central du chapiteau.

Tailloir. Un large ruban festonné, sur lequel sont appliqués de gros fruits globuleux, diversement sillonnés ou chargés de feuilles fantaisistes, s'étend sur le tailloir; la partie plate présente une frise, dont l'ornementation se compose de trèfles lancéolés, en relief.

Fisrure

Face septentrionale

Face occidentale

Observations. — Sur la face méridionale, le sarcophage du saint se compose d'une auge oblongue, quadrangulaire, avec couvercle en forme de toit à deux pentes ; il est posé sur quatre pieds carrés, afin de l'isoler sur la terre. Cette forme de tombeau apparent a persisté jusque vers le milieu du xne siècle. A partir de cette époque, on commença a placer sur le couvercle l'effigie du mort ; alors le sarcophage ne devint plus ordinairement qu'un simulacre, et le corps était déposé au-dessous, dans une fosse ou petit caveau (1).

(i) Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'architecture, verbo Tombeau.

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