SAINT PIERRE
Le pilier qui, sur la face méridionale, représente saint Paul, reproduit sur la face
orientale l'effigie de saint Pierre.
^^SSBÊÊÊSÊ^W^Ê^^êJBÊKK^ 1 ct aPÔtre, vêtu comme le précédent, est
..." '^^lT^^-JI^^l également chaussé de sandales; il porte le M livre des Evangiles dans la main gauche et tient de la main droite entre le pouce et l'index les anneaux de deux clefs dont les pannetons sont tournés en dehors. Sa barbe, indiquée par un pointillé, est courte ; ses cheveux, épais et crépus, sont divisés en longues mèches bouclées à l'extrémité et disposées avec symétrie : ils sont taillés en couronne au-dessus de la tête. L'arcade qui surmonte la statue porte l'inscription : S[cm]C[/«]S PE- TRVS * APOSTOLVS.
Observations. — La tonsure proprement dite, ne date que du vie siècle et ce n'est que par une fausse interprétation des textes qu'on a prétendu en faire remonter l'usage au début du christianisme. L'origine de la tonsure vient probablement d'une tradition vague supposant que le prince des apôtres en avait porté une en mémoire de la passion du Sauveur et surtout du couronnement d'épines, et cette manière de voir a été généralement adoptée (il. Il peut se faire que saint Pierre ait donné l'exemple d'avoir cet insigne ecclésiastique en se coupant les cheveux d'une certaine façon et avec une intention particulière, mais il est hors de toute probabilité qu'il ait porté la tonsure à proprement parler.
C'est vraisemblablement à Rome qu'on a commencé à donner aux images de saint Pierre la couronne cléricale ; on l'aperçoit dans les représentations de cet apôtre sur les mosaïques des vi° et vne siècles de l'église des Saints-Dôme et Damien, et de l'oratoire de Saint-Venante, dépendant de Saint-Jean de Latran (2). Mais en France cette attribution n'est pas antérieure au xuc siècle, et l'exemple de Moissac est certainement un des plus anciens.
b'ig. 87. — Saint Pierre
(1) Martigny, Dictionn. des antiquités chrétiennes, pp. 761 et 763.
(2) Grimouard de Saint-Laurent, loc. cit., XXIII, 42 et 45.