N° 25. — LES ALPHABETS
La corbeille du chapiteau est décorée de rinceaux, fouillés profondément et avec une grande délicatesse.
Une guirlande de grosses marguerites, inscrites dans de gracieux enroulements, entoure le tailloir; elle est dominée, sur la partie plate, par une série d'inscriptions gravées en creux avec rehaut de couleur rouge. Les lettres formant trois de ces inscriptions n'expriment aucun mot mais reproduisent des alphabets dont les caractères, pour l'un d'eux, sont disposés d'une façon toute particulière.
(1) Grimouard de Saint-Laurent, dans les Annales archéolog., XXV, 211.
(2) Ernest Rupin, L'Œuvre de Limoges, p. 390, fig.
(3) Sur les vitraux, de la fin du xive siècle, de l'église de Grand-Andely (Eure), l'âme de saint Léger est représentée sous la forme d'un enfant nu, du sexe masculin. Annal, archéol., XXII, 275.
(4) Ernest Rupin, L'Œuvre de Limoges, pp. 104 et 397, fig.
(5) Annales archéologiques, t. XVII, p. 39, et t. XVIII, p. 353.
Face orientale. Le tailloir de cette face présente, à partir du milieu, le commencement de l'alphabet, dont les lettres sont rangées dans l'ordre accoutumé : .... ABC D E F G H I.
Face orientale
Face septentrionale. L'alphabet de la face orientale se continue ici : K L M N O P Q R S T V Z. Vient ensuite un autre alphabet qui n'est indiqué que par la lettre
Figure 93 Face septentrionale
initiale A. Immédiatement après, commence une inscription, tirée du livre des Psaumes, chapitre LUI, verset 1, qui se prolonge sur la face suivante : D(ez<]S IN N...
Figure 94 Figure 95
Face occidentale Face méridionale
Face occidentale. (Deus in ;j)OMINE TVO SALVVM [me foc}.
Face méridionale. L'inscription de cette face donne la forme qu'aurait l'alphabet latin si on rapprochait la première et une des dernières lettres : A X ; la deuxième et l'avant-dernière lettre B V, et ainsi de suite : A X B V C T (d s e r f gp h n i n k), qui se développe ainsi sur la face orientale M L Y Z.
Observations. — L'enchevêtrement du dernier alphabet, dans lequel on rapproche les premières lettres des dernières, paraît être comme la représentation figurée du symbole de ce passage de l'Ecriture, où Dieu dit qu'il est l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin de toutes choses (i).
Ces alphabets, gravés sur le chapiteau, peuvent aussi rappeler une vieille coutume en usage lors de la consécration des églises, et en vertu de laquelle l'officiant traçait sur le pavé un double alphabet (2).