‹ L'Abbé BautainChapitre 17 sur 64 · Dans la cinquième ou énonçait le secours de la yrâce · texte numérisé non relu

Dans la cinquième ou énonçait le secours de la yrâce

3. Dans la sixième il ne s'dgi^sait plus que de l'aothenticité de la Révélation, qui se constate en effet par la voie ratinnollo.

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demandé aucune rétraction, qu'il n'y avait eu que l'explication d'un malentendu, et qu'on n'avait qu'à comparer les deux textes de 1834 et de 1835 pour s'assurer que M. Bautain et ses amis n'étaient point en contradiction avec eux-mêmes. »

Les journaux contenant les réponses furent mis bientôt sous les yeux du Prélat. Il n'en fallut pas davantage, cela se conçoit, pour faire retirer immédiatement les pouvoirs restreints qui avaient été accordés, et pour redoubler la sévérité de la disgrâce. Oh ! le silence eût été d'or en cette circonstance; on aurait dû en comprendre la valeur, et savoir attendre le moment où le Dieu de lumière et de paix vient apporter son divin secours aux affligés.

M. Bautain adressa à TÉvêque une lettre toute pleine de cœur, témoignant et de la sincérité entière avec laquelle on avait signé les six propositions, et de la bonne foi avec laquelle, en répondant aux journaux, on avait avancé que Monseigneur n'avait exigé aucune rétractation.

A cette lettre xMonseigneur répondit aussitôt que c'était uniquement par condescendance et par égard pour M. Bautain qu'il n'avait point demandé une rétractation formelle des erreurs, et que les propositions signées en 1835 avaient exactement le même sens que celles de l'Avertissement de 1834.

Un douloureux silence s'ensuivit pendant toute l'année 1836, et ces messieurs se donnèrent entièrement au soin de leurs écoles, où deux d'entre eux

pouvaient enseigner le catéchisme du diocèse. On s'adressait aux paroisses pour le surplus du ministère.

L'année fut marquée pour la Société de la Toussaint par une profonde affliction. Ces messieurs perdaient leur mère vénérée, leur soutien et leur consolation sur la terre. Mademoiselle Humann s'éteignait doucement le 19 septembre 1836 à l'âge de 70 ans. Nous parlerons plus à Taise de cette sainte mort au chapitre XVI en retraçant la vie et les travaux de la Société tandis que durait la disgrâce.

M. Bautain écrivit immédiatement, et d'après le vœu de mademoiselle Humann, à Monseigneur pour lui annoncer l'événement. L'Évêque se montra fort touché, car il professait pour mademoiselle Humann une vénération particulière.

Cependant l'année 1837 s'avançait, et les choses en restaient au même point que l'année précédente, sauf quelques essais d'accommodement tentés par M. le Promoteur et qui n'aboutissaient point, lorsque, au mois d'août. Monseigneur ayant eu le temps de lire la Philosophie du Christianisme, menaça encore une fois M. Bautain et ses amis de les interdire a sacris pour les erreurs contenues dans ce livre, erreurs qui revenaient toujours à celles condamnées dans l'Avertissement. Quelques entrevues eurent lieu entre Monseigneur et l'abbé Bautain, et elles furent amicales ; mais Monseigneur voulait désormais l'adhésion à ses premières propositions.

M. Bantain entretenait sur ce sujet une correspondance active avec plusieurs Évêques qui lui portaient un sincère intérêt et avec d'autres personnes notables. On finit par lui faire admettre que Mgr de Trévern ne pouvait pas certainement vouloir renfermer sous les expressions dont il se servait une doctrine rationaliste qui exclût l'intervention de la grâce, et il se résolut à signer, à condition qu'il serait constaté qu'il le faisait par soumission de cœur et sans comprendre.

La chose fut faite ainsi. Il imprima en novembre 1837 une Lettre à M. Lepappe de Trévern Évêque de Strasbourg, dans laquelle il déclarait se soumettre à ce que son Évèque lui demandait, avouant ne pas comprendre certains points, et expliquant ensuite ou condamnant quelques expressions incriminées de la Philosophie du Christianisme.

L'effet de cette brochure, faite de très-bonne foi, fut étrange. M. Bautain l'avait envoyée à Mgr de Strasbourg et en mêoie temps à tous les Évêques deFrance, à des Ecclésiastiques éminents et à ses amis particuliers. Il arriva de tous côtés à M. Bautain des lettres épiscopales et autres qui le félicitaient d'avoir fait ce pas, témoignant de l'édification produite par sa simplicité et son humilité, et se réjouissant de l'heureuse conclusion d'une afi'aire à laquelle l'Église de France avait pris un si vif intérêt. Et au même moment TEvêque de Strasbourg se montrait outré, et menaçait de nouveau de l'interdiction a sacris.

L'affaire devenait plus graveque jamais, et d'autant plus qu'en ce moment même PÉvêque recevait des

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Professeurs de son Séminaire un rapport officiel défavorable sur tous les écrits de l'abbé Bautain.

La Providence vint encore une fois au secours de l'abbé Bautain. L'abbé Lacordaire avait fait sa connaissance à Paris, en 1833, et quoique par nature ces deux hommes fussent bien divers, cependant la grâce signalée qui les avait appelés à Dieu l'un et l'autre leur donnait réciproquement une grande sympathie qu'ils se témoignèrent dans toutes les occasions comme de vrais serviteurs de Jésus-Christ. L'abbé Lacordaire avec une admirable spontanéité donna dans ce moment critique une preuve de sa vive charité. Il prêchait le carême à Metz, et on était en hiver. En apprenant par ses relations avec Rome que les écrits de iM. Bautain y étaient déférés pour être frappés d'une condamnation, il accourt à Strasbourg dans l'intervalle de deux sermons ; il passe deux jours à la rue de la Toussaint, et conjure l'abbé Bautain de partir sans délai pour Rome, de s'y faire connaître, de montrer ses sentiments de dévouement à l'Église au service de laquelle il a tout sacrifié; de demander enfin que la lumière soit faite sur ses opinions philosophiques. L'abbé Lacordaire ne doutait pas du succès.

L'abbé Bautain se rend avec reconnaissance aux instances de ce véritable ami. Peu de jours après, le lo février, ayant obtenu un congé de deux mois à la Faculté, il part, accompagné de l'abbé de Bonnechose, et arrive à Rome le 25.

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