‹ L'Abbé BautainChapitre 19 sur 64 · SOLUTION A ROME. SOLUTION TARDIVE A STRASBOURG · texte numérisé non relu

SOLUTION A ROME. SOLUTION TARDIVE A STRASBOURG

L'abbé Bautain propose et signe une soumission d'avance à tout jugement de Rome^nr la Philosophie du Christianisme. — Lettre de Rome à l'Évèque de Strasbourg. — Solution. Audience de congé. — Départ de Rome. — On condamne à Strasbourg les écrits de l'abbé Bautain. — Arrivée de monseigneur Rœss, Goadjutenr. — Formule de six propositions signées en l8i'J. Réconciliation. — Visite d'adieu à monseigneur de Tréveru.

Il est temps que nous arrivions a la conclusion de l'affaire principale qui avait été l'objet du voyage à Rome. Le cardinal Mezzofante avançait lentement dans l'examen de la Philosophie du Christianisme, mille soins divers l'en détournaient. II commençait à suggérera M. Bautain l'idée qu'il pouvait partir en laissant l'examen suivre son cours régulier. Mais, soutenu d'ailleurs par l'opinion tr^-arrêtée de Mgr Capacini, M. Bautain ne voulait à aucun prix quitter la partie sans avoir obtenu une solution. Ce

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prélat suggérait un moyen plus court, et qui eût tout terminé en peu dejours. Que l'on prenne seulement, disait-il, les propositions extraites déjà du livre par révêque de Strasbourg, c'est un travail tout fait ; que l'abbé Bautain signe alors une déclaration par laquelle il réprouve tout sens de ces propositions que le Saint-Siège trouverait condamnable, promettant de conformer se5 écrits et ses paroles à toute décision qui serait prise à ce sujet. Gela aurait suffi, disait-il, pour tout terminer. Cependant cette solution présentait des difficultés. Le cardinal Mezzofante étant saisi de l'examen du livre, on ne pouvait convenablement lui indiquer une nouvelle marche à suivre. L'abbé Bautain eut alors une touchante inspiration. Il adressa au cardinal la lettre suivante :

« L'abbé Bautain a l'honneur d'exposer à l'éminentissisme cardinal Mezzofante qu'il est prêt à sigtier une déclaration par laquelle il se soumet complètement au jugement du Saint-Siège sur son livre, et accepte d'avance tout ce que le Saint-Siège décidera à cet égard. L'abbé Bautain se réjouit de donner au Saint-Père ce témoignage de son obéisssance et de son affection filiale; mais il priera en môme temps le Saint- Père d'avoir égardà la position où l'abbé Bautain et ses amis se trouvent vis-à-vis de Mgr i'évêque de Strasbourg, qui leur a ôtè les pouvoirs de prêcher et de confesser. Voilà près de quatre ans qu^illes lient dans cette privation bien sensible à des pretres,et qui les déconsidère devant les fidèles. 11 suppliera donc le Saint- Père, par l'intervention de son Éminence qui leur

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a montré tant de bienveillance, de vouloir bien faire écrire à Mgr de Strasbourg, pour l'inviter à les remettre dans l'état propre à tout prêtre, jusqu'à ce que le jugement du Saint-Siège soit définitivement porté.Monseigneurne pourra plusobjecterla désobéissance ni la doctrine de ces messieurs, puisqu'ils seront venus aux pieds du successeur de saint Pierre lui apporter Thommage de leur fidélité, et qu'ils déclareront publiquement désapprouver et repousser tout ce qui ne serait pas conforme à la doctrine de l'Église. Ils supplieront Sa Sainteté de leur donner ce témoignage de sa paternelle satisfaction, qui en les rendant aux fonctions du ministère, les réhabilitera devant l'Église, et prouvera à tous les prêtres, qu'on ne vient jamais en vain à Rome, quand on y arrive avec un esprit de foi, de soumission et d'humilité. »

La proposition de signer d'avance une adhésion générale à tout jugement du Saint-Siège, fut accueillie d'une manière très-favorable par le cardinal Mezzofante, par le cardinal Secrétaire d'État, et en général par tous les personnages qui s'intéressaient à l'abbé Bautain, et qui déjà le tenaient en une sérieuse estime. La formule de soumission fut préparée par les soins du cardinal Mezzofante; elle fut soigneusement revisée afin que toutes les expressions en fussent conformes aux traditions; et, signée enfin sous les yeux du cardinal par les abbés Bautain et de Bonnechose (1), elle fut soumise à l'agrément du Souverain Pontife.

(l) Eu voici le teneur.

Cet acte d'acceptation du jugement qui serait porté sur la Philosophie du Christianisme, rendait évidemment l'examen du livre moins pressé, ce qui allait parfaitement aux habitudes du pays (1). Le cardinal Mezzofante se fit décharger de ce travail, en le passant au théologien le plus considéré de Rome, le R. P. Perrone.

Nous avons vu que l'abbé Bautain avait voulu assister plusieurs fois au cours de théologie de ce

Nos iûfra scripti vehementer dolentes de aa<:?ustiis quas Illmii!^ ac Rmus Episcopus noster cepit propter quasdam a nobis tradita*, scriptisque per nos editis consignutas doctrinas, cum débita subjectione et perfecta cordis sincerilate declaramus non aliam nos intendere nec velle doctrinam tenere nisi quam Catholica tenet Ecclesia ; ideoque qnidquid in eisdcm per nos edîtis operibus esse possit docLrJnge Sin''!sB Matris Ed'lesiae quoniDdocumque contrarium, verc et ex animo retraetamus. Aitjue ut ornnis a nobis suspicio amaveatar, quai edidimus scripta, cuncti ad pedes Ssmi Dni ,\ri Grei2j.>rii XYI Pnitificis Maximi deposita volumus, nosqne lllius SupreniDP Aucioritati plane subjeetos profitentes spondemus, ac poUiccniur nos et judicioquod de memoralis nostri« openbus forre Romano Puntifîci placuerit, firniissimi; adhsesuros, et omnibus qnaecumque jusserit humiliter, atque incuuctanler obtemperaturos. Interea ut ortae oflensioni occurratur nos et ore et srripto ab omnibus abstinebimus quaî a probatorum Auctorurii ductrina recedere, seu periculosit novitatis speciem prœ se terre videantur. Romae : die 17 Maji 1838

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