CHAPITRE XVIII, P
Lettre de Monseigneur Fornari, archevêque de Nicé'e, Nonce apostolique en France, à S. E. le Cardinal Ostini, Préfet de la S. Congrégation des Evêques et Réguliers.
(Traduite de l'italien).
Éminence Révérendissime,
M. l'abbé de Bonnecbose. l'un des directeurs du collège de Juilly, près Paris, dans le diocèse de Meaux, se présentera à V. E. Rév. pour lui soumettre un projet de constitution d'un nouvel ordre religieux, que ses collègues et lui désirent établir. Si malheureusement, dans ce triste pays, on ne détestait pas les noms des anciens ordres religieux, et si on pouvait avoir quelque espérance que la bien-méritante Compagnie de Je- is pût rwcorn s'occuper de l'éducation de la jeunesse, peut-être pourrait-on regarder comme non nécessaires de nouvelles institutions religieuses ; mais, le malheur des temp î où nous vivons rendant insuffisante l'action du clergé séculier et impossible le renouvellement des anciens ordres, il semble presque nécessaire d'instituer de nouveaux ordres religieux, qui sous l'aspect extérieur de simples prêtres séculiers soccupent de la sanctification des âmes.
L'e^t pourquoi je recommande à V. E. Rev. M. l'abbé de Bonnechose et son projet, afin que trouvant ce projet convenable et conforme aux canons de l'Eglise, vous daigniez lui venir en aide, autant que cela pourra se faire.
Paris, 24 août 1843.
Al'PENOlCES. H\
Lettre de S. E. le Cardinal de Bonald, archevêque de
Lyon, à S. E. le Cardinal Lamhruschini, secrétaire
d'Etat de sa Sa Sainteté^ à Rome.
Eminence,
Deux prêtres que leurs vertus, leur savoir et leurs services rendent chers au clergé de France^ MM. Bautain et de Bonnechose, désirent fonder une société de prêtres qui répandraient la vérité et combattraient l'erreur par l'enseignement de la jeunesse et par la prédication. Ils ont l'intelligence des besoins de notre époque et ils veulent d'abord sauver l'enfance que l'on entoure aujourd'hui de tant de pièges, et ramener à la religion la jeunesse qu'on cherche à égarer partant de faux systèmes et à corrompre par tous les genres de séductions.
Ce qui doit inspirer de la confiance pour les projets de ces deux ecclésiastiques, c'est leur inébranlable attachement au saint-siège. Ils ont déjà donne à la chaire de Hierre plus d'un témoignage de leur entière soumission. Aussi dans cette circonstance viennent-ils déposer aux pieds du vicaire de Jésus-Christ leurs projets, U'urs ponscts, attendant dans une humble confiance qu'il lui plaise de les encourager et de les bénir.
j'ai l'honneur de prier Votre Eminence d'accueillir favorablement l'ouverture que lui fera M. l'abbé de Bonnechose. Elle sait combien la France catholique est intéressée à voir se former dans s.m sein une société de savants et pieux instituteurs aux mains desquels les familles puissent remettre avec confiance ce qu'elles ont de plus cher. Les Evoques sont heureux de penser qu'ils pourront trouver dans cette nouvelle société des prédicateurs qui ne currompeul pas la )iarole de Dieu, qui seront des hommes apostoliques tels qu'il en faut à l'Eglise, des hommes de Dieu qui ne se chercheront pas eux-mêmes, mais qui ne chercheront que le salut des âmes. Nous ne vo.yons aujourd'hui que trop de prédicateurs qui semblent craindre d'emprunter à nos Livres sainl^s et à la tradition les preuves des véritea qu'd.s avancent.
Je joins avec empressement ma recommandation à celles de plusieurs de me^ vénérables confrères en faveur de deux prêtres qui méritent l'estime qu'on a poui- eux.
Veuillez agréer, Monseigneur, 1 hommage du respectueux dévouement avec lequel j'ai 1 honneur d'être De votre Eminence, etc.
Lyon, lo noveuibre 1843.
442 appëM)ices.
Lettre de S. E. le Cardinal de la Tour d'Auvergne, archevêque d'Arras, à M. Vabbé Bantain.
Monsieur l'abbé,
Si je croyais pouvoir me permettre d'écrire à Rome au sujet de l'affaire dont vous m'entretenez dans votre lettre du 15 de ce muis, je me réunirais à Messeigneurs les archevêques et Evèques qui ont déjà écrit. Je pense comme eux et ne sachant dire mieux, j'adjoindrais à une des copies de leurs lettres, ma déclaration d'union. Mais ceci, M. l'abbé, est une affaire majeure et de haute importance; elle sera soumise, je n'en doute pas, au Sacré Collège. Gomme cardinal, je dois attendre la décision à intervenir. Telle est ma position, que je n'oserais changer sans craindre de paraître indiscret. Si on m'en écrivait de Rome, certainement je me hâterais de rendre hommage à vos vues. Je bénis de tout mon cœur la divine Providence pour l'inspiration d'un tel projet, et je vous rends grâce pour la communication dont vous m'avez honoré.
Recevez, Monsieur l'abbé, etc.
Arras, 18 novembre 1843.
Lettre de Monseigneur Giraud, archevêque de Cambrai, à S. E. le Cardinal Lambruschini.
Éminence,
Du jour où j'ai connu l'esprit de foi, de charité, de zèle apostolique qui anime les prêtres, disciples et amis de M. l'abbé Bautain, leur dévouement à l'Eglise et spécialement au Pontife romain, son auguste chef, joint à leur savoir, à leur aptitude pour la prédication et l'enseignement de la philosophie et des bonnes lettres, j'ai formé dans mon cœur le vœu que cette société peu nombreuse encore, mais pleine d'avenir, vit consacrer par la religion, par l'autorité du pasteur universel, des liens que la divine Providence, elle-même, semble s'être plu à former. Ce vœu, je n'hésitai pas à l'exprimer à M. Bautain lui-même à une époque où il ne pensait pas encore peut-être à le réaliser. Aujourd'hui qu'il est à ma connaissance que plusieurs archevêques et
évoques de France, ont fait parvenir à Sa Sainteté, par la médiation de Votre Eminence, d'humbles prières à l'effet d'obtenir une approbation ou du moins un témoignage de la faveur apostolique pour la dite société, je viens, avec empressement, joindre ma prière à celles de nos vénérables frères dans le même but et pour la même fin. Nous avons besoin, en France, de fortes études ecclésiastiques, de professeurs qui unissent la science à la foi, de prédicateurs de talent qui se fassent écouter par une jeunesse séduite par les leçons de doctrines de mensonge. La société naissante de Saint-Louis peut contribuer efficacement à doter nos églises de ces avantages, j'en ai pour mon compte une garantie dans les fruits abondants qui ont couronné la dernière station de carême prêchée dans mon église métropolitaine par M. l'abbé de Bonnechose, en ce moment à Rome. Et le succès a été d'autant plus remarquable que l'épreuve était plus difficile. Il s'agissait de faire goûter et en quelque sorte d'inaugurer à Cambrai les stations quadragésimales, puissants moyens de salut et de conversion qui n'ont pas été mis en œuvre dans ce diocèse depuis quarante ans.
Ma lettre, Monseigneur, a bien peu de titres pour se recommander à l'attention de Votre Eminence, il est cepennant une circonstance qui me permet d'espérer qu'elle sera accueillie avec bonté ; c'est de vos mains, Monseigneur, qu'à une époque difficile, j'ai reçu l'onction sainte. Ce souvenir, je le conserve dans mon cœiip comme une bénédiction toujours présente.
De V. E., etc.
Cambrai, 4 novembre 1843
Lettre de Monseigneur Morlot, archevêque de Tours, à S. E. le Cardinal Lambruschini,
Eminence,
Plusieurs de mes vénérables collègues ont exprimé à V. E. l'intérêt que leur inspire le projet formé par M. l'abbé Bautain d'établir une congrégation religieuse dans le but de former des prédicateurs pour nos paroisses, et des instituteurs pour la jeunesse. Souffrez, Monseigneur, que je joigne mes humbles recommandations près de V. E. à celles qui lui sont déjà parvenues en faveur d'une œuvre si excellente
et qui serait si admirablement appropriée aux besoins de notre époque. Les talents éminents de M. l'abbé Baulain sont suffisamment connus ; son zèle apostolique et son filial dévouement au Saint Siège ne le sont pas moins. Il a déjà rendu, soit par sa parole, soit par ses écrits, de grands services à la cause de la Religion, et l'établissement qu'il dirige en ce moment avec tant de succès, ne l'empêche pas de soutenir par ses efforts et sou concours, soit à Paris, soit ailleurs, plusieurs saintes entreprises. J'ose donc espérer, Monseigneur, que V. E. verra d'un œil favorable le nouveau plan formé par ce digne prêtre, et daignera seconder une entreprise appelée, ce semble, aux plus belles et aux plus heureuses destinées.
De Votre Eminence, etc.
Lettre de Monseigneur Bonnet, archevêque de Bordeaux, à S. E. le Cardinal Lambruschini.
Eminence,
Permettez-moi de venir solliciter la protection de Votre Eminence en faveur de M. l.abbé Bautain et de l'œuvre dont il a soumis le projet au Saint-Siège.
Votre Eminence n'ignore pas que M. l'abbé Bautain est un des esprits les plus distingués, un des hommes qui comme écrivain et comme professeur jouit de la plus haute réputation dans notre pays. Nommé par l'Université à une chaire de la faculté de Strasbourg à l'âge de vingt et un ans, il ne tarda pas à reconnaître le néant de=; systèmes philosophiques dans lesquels il avait été élevé, et il embrassa, il professa la foi catholique avec un talent et un courage également admirables Son enseignement parla les fruits les plus heureux. La plupart des amis dont il est entouré, avec lesquels il vit depuis plusieurs années dans une sainte union dont il désire que la forme soit régularisée et les liens consacrés par l'autorité du Saint-Siège, sont d'anciens disciples qui doivent à son exemple et à ses leçons, le bonheur d'avoir ouvert les yeux à la lumière de la foi, et de s'être comme lui dévoués tout entiers à l'Eglise
Il y a longtemps. Monseigneur, que j'ai été à même d'apprécier ces hommes excellents. J'ai été assez heureux pour leur être utile à l'époque de leur démêlé avec l'ancien évêque
APPI'NDlClîS. 4-4o
(le Strasbourg. Je puis attester à Votre Emineace que pen- (laat tout le cours de cette pénible épreuve, où leur âme n'a j)oint eu de secret pour moi, j'ai admiré leur sincérité, leur bonne loi, leur filiale obéissance envers le Saint- Siège. 11 ]i'a pas été douteux pour moi qu'un mot de Rome suffirait pour les détacher entièrement de tout ce qui dans leur opinion pourrait blesser 1 orthodoxie. Ces seutimeuts ne se sont jamais démentis chez eux, et il est impossible de trouver une réunion d'hommes plus pieux, animes d'intentions plus dévouées à l'Eglise.
Tout cela me porte à croire, Monseigneur, que c'est Dieu (jui leur a inspiré le projet pour lequel ils implorent votre protection et la bénédiction du Saint-Siège.
Votre Eminence connaît |)arfaitemonl la France, elle sait ([uels sont les périls qui effraient notre sollicitude pastorale et qui menacent l'avenir de la foi dans notre pays, les restes (lu jansénisme et du gallicanisme et surtout cette science panthéiste qui se produit sous div(irses formes dans notre littérature et qui a corrompu presque toutes les sources de l'instruction publique. Le but spécial de la congrégation que M. Bautâin se propose d'établir répondrait aux besoins de la Religion, et tout annonce que la mission qu'ils entr(iprennent lie peut être mieux remplie que par lui et ses amis. De V. E., etc.
VU
Lettre de Monseigneur Gousset, archevêque de Reims, à S. E. le Cardinal Lambruschini.
MOiNSElGNEUR
Votre Eminence est peut être déjà informée que M. Tabbé Rautain désire établir, en France, une congrégation religieuse en soumettant ses coastitutiona à l'approbation du Sâint-l'ère. Le but dj cette LOngrégaiion serait du ranimer )<armi nous l'espril de foi qui s'affaiblit de jour en jour, ûa formel- des itrédicalcurs animés dj l'espnL apostolique et des instituteurs chrélieiis ci catholiques pour l'enaeigucnitint des leltres et des sciences, et de travaiLcr à détruire les lestes du jansénisme et du gallicanisme; dont nous rtjSaeulons encoic la làehjuse intluence. Une soriéLé moderne, quoique animée; de l'esprit des anciennes congrégations religieusvjs, serait vraisemblablement plus libre dans sa marche et ses travaux apostoliques que celles-ci, parce qu'elle n'au-
rait point à combattre les injustes préventions, malheureusement trop répandues en France, contre les ordres religieux et surtout contre ceux qui se consacrent à l'enseignement et à la prédication. Il serait donc utile, à mon avis, de former une n-juveile congrégation religieuse qui, étant approuvée ou au moins autorisée par Notre Saint-Père le Pape duquel émane tout pouvoir, toute bénédiction, travaillerait, sous les auspices et l'inspiration du Saint-Siège, à combattre et par ses écoles et par ses écrits, et par la prédication, les efforts des philosophes modernes et de nos politiques dont les actes tendent visiblement à décatholiciser les peuples et à établir une espèce de cuite ou église nationale. Les impies, les incrédules, les Calvinistes et les Luthériens s'accordent sur ce point, comme ils s'accorderont toujours dans leur haine pour la religion catholique. Aussi, M. l'abbé Bautain m'ayant communiqué son projet, je l'ai engagé à le soumettre au Souverain Pontife et à s'en rapporter en tout, pour ce qui regarde le fond et la forme, aux décisions et aux dispositions de Sa Sainteté. C'était bien la pensée de cet ecclésiastique, puisqu'il avait déjà envoyé à Rome M. l'abbé de Bonnechose pour suivre son affaire.
Permettez-moi, Monseigneur, de dire à Votre Eminence que depuis plusieurs années, je connais particulièrement ces deux prêtres ; que leur conduite sous le rapport îles vertus chrétiennes et sacerdotales m'a toujours paru sans reproches; qu'ils montrent le plus grand zèle pour les intérêts de la religion et que leurs travaux pour la prédication et l'éducation des enfants qui appartiennent aux finilles élevées de la société, semblent visiblement bénis de Dieu.
J'ajouterai qu'on ne peut mettre en doute la pureté de leurs intentions, et que ni la sincérité de leur foi, ni la pureté de leur doctrine n'ont été mises en questions depuis la soumission sans réserve qu'ils ont faite à Rome, en 1838, dans leur affaire avec feu Mgr de Treveru, évêque de Strasbourg.
Monseigneur, j'ai cru remplir un devoir, en écrivant à Votre Eminence, et en la priant de recommander à Sa Sainteté, si elle juge convenable, l'affaire de M. 1 abbé Bautain. 11 reconnaît, comme moi, qu'aucune congrégation religieuse ne doit se former sans l'approbation ou la permission de Celui qui a la sollicitude de toutes les Eglises et que nous vénérons comme étant en sa qualité de vicaire de J.-G. le père et le docteur de tous les chrétiens. De V. E. etc.
Vin
Certificat de Monseigneur AlloUy Evêque de Meaux.
Nous certiûons que depuis que M. Bautain et les prêtres qui se sont associés à lui, sont établis au collège de Juilly, L'U notre diocèse, ces MM. ont constamment rivalisé de zèle pour l'éducation de la jeunesse et le ministère de la parole uvangélique. Ils se sont toujours montrés pleins de déférence pour notre autoriié épiscopale et nous n'avons pas hésité à confier le soin de la paroisse de Juilly à l'un d'entre eux, qui remplit ses fonctions de pasteur avec autant d'édification que de succès. Plein de confiance dans la piété, les talents et le dévouement tant de M. Bautain que de ses associés, nous pensons que leur réunion en congrégation religieuse pourrait avoir les plus grands avantages pour l'Eglise, et nous desirons sincèrement que la demande de M. Bautain soit favorablement accueillie du Souverain Pontife.
Nous n'avons pas cru opportun d'autoriser quant à présent ces MM. pour l'enseignement théologique, mais nous déclarons nous en rapporter pleinement sur ce point à la haute sagesse du Saint-Siège.
Meaux, le 29 novembre 1843.
Lettre de Monseigneur Dufètre, évêque de Nevers, à S, E. le Cardinal Lambruschini.
Éminence,
Je joins avec empressement mes instances à celles de plusieurs de mes vénérables collègues dans l'épiscopat, pour obtenir de Sa Sainteté la bénédiction particulière que réclame M. l'abbé Bautain en faveur du nouvel institut dont il est le fondateur et le père.
La connaissance personnelle que j'ai de ce digne ecclésiastique et des membres de la société qu'il a formée, me permet de rendre un éclatant témoignage à l'intégrité de leur foi, à l'ardeur comme à la pureté de leur zèle et à toutes les vertus apostoliques qui les clistinguent.
D'autre part, Votre Eminence connaît les besoins immenses de la France, et la nécessité de multiplier les congrégations religieuses, pour arrêter les progrès toujours croissants de l'impiété et de l'immoralité publique. Aucune société ne pourrait donner de plus légitimes espérances d*atteindre ce
but, que celle qui se préseote sous le nom et l'illustre patronage de saint Louis. Dégagée de tout auiécedent, exempte de ces préventions déplorables, qui paralysent le bien que d'autres sociétés plus anciennes pourraient" faire, elle semble appelée à devenir, par le mérite éminent de ceux qui la composent, un des plus puissants auxiliaires du sacerdoce, dans la grande mission qu'il est appelé à remplir aujourd'hui. J'ose espérer que V(jtre Eminence l'honorera de sa puissante protection, et attirera sur elle les regards bienveillants de Celui que nous aimons à vénérer comme le père commun des fidèles.
De Votre Excellence, etc.
Lettre de Monseigneur Gignoux, évêque de Beauvais^ à S. E. le Cardinal Lambruschini,
Eminence,
C'est avec un vif empressement que je viens unir ma prière à celles de Messeignejrs de Reims et d'Amie is en faveur du projet de M. l'abbé Bauliin. Ja conniis pa-ticulièrement ce digne ecclésiastique. Sur ma demauJe il a déjà plusieurs fois annoncé la sainte parole dans le diocèse qui m'est confié. J'ai donc été à même d'apprécier son zèle pour les âmes, sa teQ'ire dévotion envers la sainte Vierge, son dévouement au siège apost jliqae et ses talents vraiment distingués. Les prêtres qui vivent suus sa direction participent à l'esprit qui anime leur chef, et le Sainl-Siege doit compter sur eux comme sur de puis.-ants auxiliaires, principalement si leur nombre s'accroît et si la société qu'ils font se consolide.
Un ordre religieux nouveau, qui tendrait aux fins que se propose le pieux fondateur, serait, à mjn avis, un bienfait pour TEglise de France. Nous manquons de prédicateurs, de missionnaires, de professeurs éclairés et chrétiens. Les Pères jésuites, qui rendent d'immenses services, ne peuvent pas sulfire ù tout ; d'ailleurs l'instruction leur est interdite et l'opinion d'un grands nombre d'esprits prévenus ou ennemis les repousse. 11 faut combler une lacune trop grande et procurer aux Evoquer les moyens de ranimer la foi. 11 faut aussi resserrer les liens qui nous attachent au centre de l'unité catholique. Toute institution propre par sa nature à amener ce résultat si désirable aui'a nécessairement mjn suffraou Aussi est-ce ave; bonheur que je vjis naîtrj une œuvâ
digne, Monseigneur, de votre haute bienveillance et d*un regard protecteur de Sa Sainteté .
De Votre Eminence, etc.
Lettre de Monseigneur Mioland, évêqiie d'Amiens , à S. E. le Cardinal Lambriischini,
Eminence,
Mgr Tarchevêque de Reims a témoigûé à Votre Eminence tout l'intérêt qu'il porte à l'œuvre si apostolique que commence M. l'abbé Bautain sous le nom de Société de Saint- Louis. Je me hâte de lui faire connaître combien je partage les sentiments de mou vénérable métropolitain à cet égard ; et je me joins à lui, Monseigneur, pour vous prier d'en mettre aux pieds de Sa Sainteté, la filiale expression. Nous sentons que le plus pressant besoin de nos Eglises, c'est de trouver des docteurs capables d'approfondir dans le silence de l'étude les sciences théologiques, de défendre la religion contre ses ennemis nouveaux et habiles, et d'offrir aux peuples des hommes apostoliques puissants en œuvres et en paroles. Des communautés seules de prêtres peuvent nous offrir ces secours.
Nous comprenons la nécessité de nous serrer plus que jamais autour de la chaire apostolique où Pierre vit toujours dans ses successeurs pour confirmer ses frères. Nous nous réjouissons de voir la nouvelle société faire une profession particulière d'obéissance et de dévouement à l'Eglise Romaine Mère et Maîtresse de toutes les autres, et nous nous estimons heureux de trouver des hommes apostoliques qui veulent tout quitter pour venir à notre secours dans l'exercice de notre charge pastorale.
J'accompagne donc, Monseigneur, de mes vœux la demande de M. l'abbe Bauiain, que son zèle pour la gloire de Dieu et l'exemple si édifiant qu'il a donne de son obéissance au Siège apostolique nous rendent égilement recommandable, et je ne peux que joindre mes instances à celles de Mgr de Reims pour que la bénédiction du Père commun des fidèles donne une nouvelle vie à cet institut naissant.
De Votre Eminence, etc.
ioO APPKNDICES.
Lettre de Monseigneur Claiisel de Montais, évêque de Chartres, à S. S. Grégoire XVI.
(Traduite du latin.) Très-Saint Pkre,
J'ai appris avec le plus grand plaisir gue M. l'abbé Bautaiû, prédicateur célèbre, philosophe éminent, aussi recommandable par sa piété, sa teudre dévotion envers la sainte Vierge, que par son amour et son obéissance éprouvée envers le siège apostolique, avait le désir de fonder une congrégation qui certainement fera un bien immense dansTEglise^ si elle est approuvée de Votre Sainteté. Le but de cette congrégation est d'instruire et de former des prédicateurs, de pieux et habiles maîtres de la jeunesse et des prêtres singulièrement dévoués à l'Eglise Romaine ; c'est encore d'annuler par tous les moyens les efforts impies de la philosophie moderne. Je connais intimement M. l'abbé Bautain que j'estime fort et que j'aime d'une affection spéciale. Je suis persuadé qu'il a reçu de la Providence tous les talents et qualités pour mener à bien cette grande entreprise. C'est pourquoi je demande a votre paternelle bienveillance, et à votre zèle pour la défense de la foi, zèle qui allume et entretient dans le cœur de tous les catholiques l'amour de Votre Samteté, de daigner accueillir ce projet de congrégatton et de l'appuyer du glorieux suffrage de votre approbation. Donnez ces'^marqaes de votre bienveillance ; et si l'espoir qui luit à mes yeux ne m'abuse et ne me trompe, nous verrons certainement éclater dans l'Eglise une nouvelle et splendide lumière, jaillir une source féconde de piété, de perfection ecclésiastique, s'élever une citadelle inébranlable qui protégera la jeunesse contre des périls inouïs. Nous assisterons à la ruine de l'impiété. Les fidèles seront consolés. En un mot, cette congrégation est le gage d'infinies bonnes œuvres qui rempliront le cœur de Votre Sainteté, mLîurtri de tant de blessures dans ces temps lamentables, des plus douces consolitions et d'un sentiment de joie profonde.
Prosterne aux pieds de Votre Sainteté, etc.
APPKNDICES. 4oi
XIÏI
Lettre de Monseigneur Sibour, évêqtie de Digne, à S. E. le Cardinal Lamhruschini.
Éminence,
J'apprends avec une vive satisfaction que M. l'abbé Baulaia est en instance pour faire approuver par le Saiut-Siège les statuts d'une congréf^ation qu'il se propose d'établir en France, sous le titre de Société de Saint-Louis, qui aura pour objet de former des apologistes, des prédicateurs et des professeurs chrétieus et catholiques. L'utilité d'une pareille institution ne saurait être révoquée en doute. Elle fera un bien immense, si elle est organisée sur de larges bases et si elle correspond bien aux besoins des temps.
M. de Genoude avait eu la pensée de ressusciter parmi iious l'ordre de l'Oratoire ; mais on lui a fait compreudre lîombien il serait difficile de rendre quelque vie à une corporation éteinte, et il a dû y renoncer. Il suffit, en effet, d'avoir un peu d'expérience des hommes et des choses ; il suffit surtout de connaître l'esprit de l'époque où nous vivons j»our ne conserver aucune illusion à cet égard. Pour qu'une création nouvelle ait des chances de durée et de succès, il faut qu'elle naisse spontanément des mœurs, des besoins et des tendances d'un siècle. Les grandes corporations du passé, bonnes pour les circonstances où elles furent fondées^ ne conviendraient qu'imparfaitement à l'état où se trouve aujourd'hui la société eu France. Outre qu'elles n'auraient pas assez de sève pour refleurir et jeter de nouvelles racines à oause de ce défaut de convenance parfaite avec les besoins actuels, les préventions d'ailleurs qui existent contre elles, leurs précédents politiques, les événements auxquels elles ont été mêlées seraient un obstacle peut-être invincible à ce ((u'elles produisissent les résultats qu'on serait en droit d'es- [»érer. Voilà ce qui fait aussi que les Jésuites, à notre grand regret, n'obtiennent pas en France les succès qui couronnent partout leurs travaux et leurs œuvres. Du reste, l'instruction de la jeunesse leur est interdite, et il est fort douteux qu'on leur en ouvre jamais l'accès.
L'institution que projettent M. l'abbé Bautainet les prêtres qui se sont associés à lui me paraît donc venir à propos et avoir un avenir assuré. Leur position vis-à-vis du gouvernement leur en promet l'appui. Mieux que d'autres, ils obtiendront de ses agents toutes les autorisations qui pourront leur être nécessaires.
Quant aux garanties religieuses, à l'orthodoxie des doctrines, au dévouement pour le souverain Pontife, je ne connais personnellement, Monseigneur, ni M. l'abbé Bautain^ ni seà amis, mais la soumi5>ion filiale et entière dont ils ont donné des gages éclatants dans une affaire récente, avec les ouvrages qu'ils ont publiés depuis^ le zèle avec lequel ils se livrent au ministère évangélique, leurs succès, leur réputi tion dans l'enseignement me semblent répondre suffisamment de leur esprit et de leur conduite.
Je serais heureux, en conséquence, Monseigneur, qu'ils pussent réussir, et je supplie d'une manière toute spéciale Votre Eminencé de leur être favorable auprès de Sa Sainteté.
Je saisis avec empressement cette nouvelle occasion de vous réitérer Thommage de la plus profonde vénération, etc.
Lettre de Monseigneur Parlsis, Evêqae de Langres, à S. E. le Cardinal LambraschinL
Émine-n-ce,
L'année dernière j'ai eu l'honneur d'être admis auprès de Votre Emiuence, je me suis permis de l'eutretenir un peu des besoins de la France sous le rapport de la religion. Ils sont tels que des moyens ordinaires ne sauraient y suffire, et que le clergé des paroisse;- voit trop souvent son zèle échouer devant riaseusibilitc des peuples, si de tem|)5 en temps dos hommes apostoliques ne viennent, par des prédications suivies, porter dans les âmes la lumière, le remords et U componction
D'un autre côté, V. E. connaît Tétat si peu siiisfaisant de l'instruction publique, rs jus ne savons ce que la divine Providence nous pré,jare, mais jusqu'à présent la plu[)arl de nos jeunes gens ont été élevée dins l'indifférence, dans le doute, quand ce n'est pas dans une irréligion formelle. De là deux besoins urgents pour la France : des prédicateurs exlraor iinaircs et une éducaliju vraiment chi-élienne.
Mais pour avoir de.> bomaies capables de fournir ces deux carrières, il paraît indispensable que les [)rôtres qui voudront s'y hvrer se réunissent eu communauté, atin que se soutenant les uns les autres dans la pratique d une vertu [dus pariaite, ils puissent repousser et \aincre l'ennemi commun.
C'est donc avec une véritable joie que j'ai connu le pro,et
APPivNDICES. 453
conçu par M. l'abbé Bautain et quelques-uns de ses confrères, de former ensemble une association religieuse destinée à repondre à ce double besoin de nôtre époque. Mais ce qui m'a réjoui surtout, dans cette sainte entreprise, c'est la volonté bien formelle, exprimée par ces prêtres de talent et de zèle, de travailler incessamment à rapprocher les pasteurs et les peuples de cette saiate Eglise de Rime dont tant de préventions, de fausses maximes et d'influences mauvaises avaient depuis plusieurs années éloigne la France.
Votre Eminence connaît mon dévouement filial au Saint- Siège : il s'est bien accru encore pendant mon heureux séjour à Rome. Je tiens donc par dessus tout à ce que, selon les désirs de ces estimables ecclésiastiques, tout dans leurs constitutions et leurs œuvres soit réglé, déterminé, statué tant pour le fond que pour la forme, par le Siège apo.4olique qui est pour tous, la colonne et le fondement de la vérité
J'exprime toutefois le vœu que cette nouvelle congrégation dont la naissance peut et doit avoir soo opportunité, ne préjudicie en rien aux anciens Ordres religieux dont le retour est toujours ardemment désire par tous les vrais enfants de l'Eglise.
Veuillez, Monseigneur, agréer, etc.
XY
Lettre de Monseigneur Cart, Évêqiie de NimeSy à S- E. Monseigneur le Cardinal Lambruschini.
ÉmINE-N'CE,
J'apprends que M. l'abbé Bautain se propose d'établir, en France, une congrégation de prêtres dont les membres s'appliqueraient principalement à la prédication et à l'éducation. J'applaudis de toute mon àine à ce projet dont l'actualité et l'utilité sont incontestables.
Plusieurs de mes vénérables collègues ayant encouragé cette belle et généreuse pensée, j'unis bien\olontiers mes Sentiments et mes vœux à ceux que déjà ils ont eu l'honneur de présenter à Votre Eminence en faveur de cette œuvre.
J'ai eu l'occasion, Monseigneur, de connaître quelquesuns des ecclésiastiques qui partagent les désirs et les travaux de M. l'abbé Bautain, et j'ai toujours remarque en eux une charité et une douceur si suaves que j'en respirais avec sensualité le délicieux parfum. Je ne doute pas que si l'approbation et la bénédiction du Souverain Pontife viennent cou-
454 APPF^T»ICES.
ronner les vœux de ces hommes pleins de savoir, de dévouement et de modestie, cette congrégation naissante ne prenne bientôt de l'accroissement et ne rende de grands services à la religion.
Veuillez donc bien, Monseigneur, avoir pour agréable la demande qui vous en est adressée et le profond respect avec lequel je suis, Monseigneur, etc.
Lettre de Monseigneur de Brossais St-Marc, Évêque de Rennes, à S. E. le Cardinal Lambruschini.
MONSEIG^'ECR,
Votre Éminence me permettrait-elle de venir joindre ma faible voix à celles de mes illustres et vénérables frères, pour recommandera Sa Sainteté par votre tout-puissant intermédiaire, la cause des dignes et bien excellents prêtres de Juilly.
Dans les circonstances si graves où se trouve la religion en France, où l'Université ne cesse par ses doctrines destructives de toute foi surnaturelle , de ruiner la sainte croyance de l'Eglise catholiciue, nous pensons, Monseigneur, qu'une société dévouée au Saint-Siège, à la science et à la vertu, comme nous le promet celle que le bon Dieu veut bien nous faire espérer, nous pensons, dis-je, qu'une semblable congrégation nous serait d'un merveilleux appui et d'un grand secours. Nous osons donc la recommander à la haute et si vigilante sollicitude du savant et pieux cardinal que l'on a droit d'appeler le plus ferme appui du Saint-Siège.
Veuille Votre Eminence recevoir ici l'expression des hommages du dévouement d'un des membres les plus minimes, il est vrai, de l'épiscopat français, mais aussi les plus attachés au siège apostolique.
De Votre Excellence, etc.
XYII
Lettre de Monseigneur Bouvier, Ëvêqtie du Mans, à S. S. Le Pape Grégoire, XVL
(Traduite du latin.) Très-Saint Père, Très-humblement prosterné aux pieds de Votre Sainteté, je
suis heureux d'avoir à rendre témoignage de M. l'abbé Bautain, et de vous faire part des vœux que je forme du fond du cœur en faveur de son projet. Tout le monde sait en France que le supérieur de la société naissante de Saint-Louis et ses confrères se distinguent entre tous par leur piété, leur science, le zèle des âmes et la plus tendre dévotion envers la très sainte Vierge. Tout le monde sait avec quel succès, depuis plusieurs années, ils se livrent à l'éducation de la jeunesse et à la prédication de la parole divine. J'ai entendu moi-même avec plaisir M. Bautain ; sa parole est distinguée, véritablement chrétienne et d'une saine doctrine; cet éloge doit également s'appliquer à ses confrères. Ainsi donc, cette congrégation, en faveur de laquelle on sollicite l'approbation du Saint-Siège, ou du moins des encouragements d'une autorité toujours si grave, ne tardera pas, si Votre Sainteté la favorise, à prendre, sous l'impulsion de grâces plus abondantes, de nouveaux développements pour travailler avec succès dans les différents diocèses de France. De plus, il n'y a rien dans son passé, d'ailleurs récent, qui lui soit préjudiciable ; au contraire, ses vertus, sa science bien connue la font grandement estimer de tous, même des ennemis de la foi. Voici donc qu'une voie large s'ouvre devant elle, soit pour la pieuse éducation de la jeunesse, soit, pour la formation de professeurs chrétiens, de vaillants missionnaires, soit pour le retour de tous ceux qui sont égarés. C'est pourquoi j'ai volontiers accueilli la demande de M. Bautain que j'aime sincèrement et que je crois capable de mener à bonne fin sa • oble entreprise. Et maintenant, uni à mes vénérables frères, je dépose mes prières aux pieds de Votre Sainteté, afin qu'elle daigne écouter ses supplications et lui accorder l'approbation désirée. Je demande en même temps pour moi et pour mon troupeau la bénédiciion apostolique.
Lettre de Monseigneur Guibert, Évêque de Viviers, à S. E. le Cardinal Lambruschini.
Éminence,
On entend chaque jour proclamer bien haut le zèle qui anime le clergé en France, et la régularité dont il donne l'exemple. Néanmoins, il faut l'avouer, si son action est couronnée de succès sous plus d'un rapport, elle ne suffit pas à
4o6 APPENDICES.
arrêter le progrès de l'impiété et surtout de l'indifférence qui étend de plus en plus ses ravages d'une manière eftrayantc. La source de ce mal est dans l'isolement des membres du cler^'é qui fait que chacun est réiluit a ses propres forces.
Que pouvons-nous, évêques et prêtres, absorbés comme nous le sommes par les détails infinis d'une administration qu'on a surchargée de formalités, et par les soins qu'exi^: ^ la portion du troupeau restée fidèle ? Nous entretenons dans ce petit nombre de fidèles le feu sacré, nous l'empêchons (ie s'éteindre, mais nous ne pouvons suffire aux grandes luttes qu'il faudrait soutenir pour reprendre le terrain que le malheur des révolutions a fait perdre à la religion. Il faut pour ces combats des milices nombreuses et organisées^ et les congrégations seules peuvent rempUr cette grande et difficile tâche.
La suppression des ordres rehgieux a été le coup le plus funeste porté à l'Eglise de France. Le rétablissement de ces ordres anciens n'est guère possible, et leur succès serait très-incertain à cause des préventions, mal fondées sans doute, mais presque générales qui existent contre eux. dans la génération actuelle.
Le vide que cette fatale suppression a laissé parmi nous ne peut être rempli que par la formation de congrégations nouvelles qui s'établiraient sur les mêmes bases, c'est-à-dire, sur la pratique des conseils évangéliqaes et sur la dépendance la plus entière du chef de rE;j;lise. G'esi dans ces associations que se formeraient des hommes de prière et de méditation qui appellent la miséi-icorde de Dieu sur un pays, des hommes de science qui défendent la religion par leurs écrits, des prédicateurs qui annoncent la parole de Dieu avec la simplicité et l'onction qui la rendent efficace.
Je pense donc, Monsc^i^'neur, que Notre Saint Père le Pape ferait une chose utile à l'Éghse de France, en approuvant la société de prèires fmdée par M. l'abbé Bautaia dont j'ai ]m apprécier la pieté, le zèle, le talent. J'ai connu aussi quelques-uns de bes pieux et dévoués collaborateurs qui m'ont jjaru dignes de s'associer a l'œuvre qu il méJLe pour la défense de l'Eglise.
Je crois remplir un devoir de ma charge. Monseigneur, en encouraj^eant cette œuvre naissante, et en la recommandant à la sollicitude de Sa Sainteté et à la bonté de Votre Eminence.
Daignez agréer, etc.
APPKNDICES. 457
Lettre de Monseigjicur Blanquart de Bailleiil, Évêque de Versailles, à S. E. le Cardinal Lambruschini.
Émtnence.
M. l'abbé Bautain me fait savoir combien il serait heureux si la société de prêtres qu'il a formée et qui se dévoue avec lui à l'enseignement et à la prédication, obtenait de Sa Sainteté quelques paroles de bienveillance. Ce serait à ses yeux Ifi plus douce récompense de ses efïorts, et un encouragen.eat à de nouveaux travaux.
Il n'a pas besoin de moi pour réussir ; toutefois, puisqu'il attache du prix à mon témoignage, je dirai à Votre Eminence, que je le crois appelé par sa foi, sa pieté, et son zèle à rendre de vrais services à l'Eglise de Dieu.
La vie intérieure fie M. Bautain et de ses compagnons est des plus édifiantes. Elle se partage entre la prière et l'étude. M. Bautain est d'esprit et de cœur parfaitement soumis au Saint-Siège. Il prêche avec simplicité, clarté et force ; et ces mêmes caractères se retrouvent plus ou moins parmi les prêtres qui partagent ses travaux. Enfin M. Bautain inspire une grande confiance à ceux qui marchent sous sa conduite; et son autorité à la fois douce et ferme les porte à la pratique des vraies et solides vertus. Voilà, Monseigneur, ce oue j'ai cru reconnaître par suite de quelques rapports que It Providence m'a ménagés avec M. l'abbé Bautain et les ecclésiastiques de sa maison ; et c'est à cause de cette im- (tression reçue que je me permets de les recommander ici, par l'entremise de Votre Eminence, au bienveillant intérêt (lu père ct-mmun des fidèles.
La difficulté des temp" et du pays où nous vivons vous paraîtra peut-être, Monseigneur, un motif de [)lus pour honorer ces bons prêtres de votre haut patronage. La mauvaise éducation pervertit, en France, une fouie d'enfants; la licence des théàt es et de la presse y présente aussi aux générations adultes le poison le plus pernicieux ei le plus "subtil. Combien donc ne méritent pas d'èlogesrt d'intérêt ceux :iui pa'-leur dévouement et leurs travaux s'efiorcent de faire comme le contre-poids de tant de malice ?
Je ne m'arrête pas davantage à ces pensées, Monseigneur, persuadé que vous voudrez bien les honorer de votre assentiment, et je vous prie d'agréer, etc.
45H AlTRNniCES.
Lettre de Monseigneur Berteaud, Évêque de Tulle, à S. E. le Cardinal Lambruschini.
Éminence.
Je sais que plusieurs archevêques et évêques de France ont eu l'honneur de vous écrire pour vous prier d'employer votre puissant crédit à faire approuver par Sa Sainteté les statuts d'une société formée par M. l'abbé Bautain.
Le bruit des travaux si utiles à la religioQ de M. l'abbé Bautain et de ses collègues, la réputation de piété, de talent et de dévouement au Saint-Siège de ces dignes ecclésiastiques et le suffrage honorable de plusieurs de mes frères de l'épiscopat me font prendre aisément la hardiesse d'élever la voix à mon tour. Si Votre Eminence daigne mettre aux pieds du Souverain Pontife la supplique de M. l'abbé Bautain et notre humble prière, je suis sur que le bien-aimé et suprême chef de l'Eglise laissera tomber une de ces puissantes paroles qui donnent la vie.
Agréez, Monseigneur, l'assurance du profond respect avec lequel je suis, de Votre Eminence, etc. Tulle, le 2 décembre 1843.
Lettre de Monseigneur Chatrousse, Évêque de Valence, à S. E. le Cardinal Lambruschini,
Éminence.
Le grand mal de notre époque, c'est l'afTaiblissement, la perte de la foi. Ce mal vient de la philosophie perverse du deraier siècle, et des innombrables bouleversements qui se sont succédé dans les idées comme dans les choses, et de l'enseignement vicieux donné à la jeunesse. Médecins autant que pasteurs des âmes, nous évêques, nous devons rechercher et appliquer le remède à un mal si immense, si déplorable. Ce remède, ^Monseigneur, c'est la prédication de la parole divine émanée d'hommes autant docteurs qu'apôtres; qui mettant toute leur gloire dans la croix du Sauveur, ne dédaignent pas, par compassion pour les faibles, la gloire de la science humaine ; qui en annonçant Jésus, scandale pour les uns et folie pour les autres, montrent qu'il est et qu'il sera toujours la puissance et la vertu de Dieu. Nous
APPIÎNDICKS. 459
devons donc accueillir, encourager des hommes qui se présentent sous la double recommandation de la vertu et du talent ; guerriers habiles et façonnés pour la spécialité des besoins de notre époque, ils combattront les bons combats avec Tépée à double tranchant de la foi et de la science. D'après ces considérations, je vois avec bonheur se former la société de Saint-Louis, fondée par M. l'abbé Bautain qui unit à la piété du prêtre et au zèle de l'apôtre, le génie du philosophe et l'humilité du chrétien. Je fais des vœux pour que cette société grandisse, se développe et soit fidèle à l'espérance de son noble et saint avenir.
Je me joins donc à ceux de mes vénérables collègues qui ont appelé l'intérêt de Votre Eminence sur la société de Saint- Louis, et qui l'ont placée sous son haut patronage ; daignez la faire connaître et agréer à Notre Saint Père le Pape ; que son berceau soit béni par le successeur de Pierre et il deviendra une barque forte contre les flots de toutes les erreurs et de toutes les corruptions.
De Votre Eminence, etc.
Lettre de Monseigneur Croizier, Évêque de Rodez, à S. E. le Cardinal Lambruschini.
Eminence,
Sans avoir l'honneur d'être connu de Votre Eminence, je crois pouvoir prendre la liberté de m'adresser à Elle, dans l'intérêt de la religion et en particulier de l'Eglise de France, comme Tout fait plusieurs de mes collègues dans l'épiscopat. Plusieurs prêtres aussi éminents par leur foi et leur zèle^ que distingués parleurs talents et leurs succès, sont disposés à fonder une société nouvelle sous le titre de Saint-Louis et destinée à former des prédicateurs, des professeurs chrétiens et des prêtres entièrement dévoués au Saint-Siège, et propres à dilater le royaume de Jésus-Christ. MM. les abbés Bautain et de Bonnechose, qui ont conçu cette pensée éminemment chrétienne, peuvent vous donner, Monseigneur, la juste confiance que leur œuvre restera sous la grande et heureuse influence da Souverain Pontife. Plusieurs de mes confrères ont tait valoir les motifs excellents qui militent aujourd'hui pour l'institution d'une compagnie contre laquelle ne s'élèverait, en France, aucune des préventions funestes qui ne
résistent que trop au développenient des anciennes; je me réunis à ces prélats pour solliciter auprès du Saint-Père, par votre bienveillant appui, Monseigneur, des encouragements et une faveur si nécessaires à 1 accomplissement de ce pieux dessein.
De Votre Eminence, etc.
Lettre de Monseifineur AngehaiiU, Évêque d'Angers, à S. E. le Cardinal LamhrmcUni.
Eminence,
Je sais que M. l'abbé Bautain doit demander à Notre Saint Père sa bienveillante approbation pour l'association qu'il a formée. Cette association e«t destinée à former des prêtres zélés et dévoués pour se livrer au ministère de la parole et à l'instruction de lajeunessedansnos collèges. Sous ce rapport surtout, cette œuvre peut produire de grands biens dans notre France où nos collèges ont tant besoin d'une direction éclairée et chrétienne. Je me joins donc à ceux de mes vénérables collègues qui déjà ont accordé à cette demande leurs témoignages favorables, afin de prier Votre Eminence de la soumettre'à la haute sagesse de notre Très-Saint Père. Je suis avec un profond respect, etc.
Lettre de Monseigneur Hossat, Évêque de Gap, à Sa Sainteté Grégoire XVL
Très-Saim Père,
11 nous est revenu, que des ecclésiastiques graves et pieux, qui joignent le zèle à la [irudence. la science à l'humilité, et que distmguentleur filial amour et leur déférence sans bornes pour le Saint-Siège et pour Votre Sainteté qui l'occupe si dignement, désirt'nt obtenir d'Elle sa hau'e et paternelle bienveillance pour la société qu'ils ont formée, sous le nom de société de Saint-Louis et que dirige le vertueux et savant prêtre, M. l'abbé Bautain.
Bien que ce soit à vous, Très-Saint Père, qu'il appartient
de juger ea dernier ressort de l'opportunité qu'il peut y avoir à approuver ou à encourager une nouvelle société religieuse quelconque, toutefois, plein de confiance en votre grande bonté de Père, et de respect en votre suprême autorité de pasteur, j'ose venir humblement recommander à Votre Sainteté la naissante société de Saint- Louis, et appeler sur ses modestes commencements cette bénédiction puissante qui donne la vie et la fécondité aux œuvres conçues pour le bien de la sainte Eglise.
Or, autant que notre médiocrité peut nous permettre de l'entrevoir, je ne puis douter que telle ne soit celle que méditent M. l'abbé Bautain et ses dignes compagnons. L'Eglise de France, si chère à votre cœur, nous le savons, Très- Saint Père, sous semble avoir besoin, pour réparer ses pertes, de sociétés religieuses qui, non-seulement cultivent avec honneur les sciences humaines et divines, mais qui, en outres ne provoquent ni la haine, ni la défiance des esprits inquiet, et susceptibles, si nombreux encore parmi nous. Ce n'est guère qu'à cette condition que le bien leur sera possible en ces temps mauvais, pleins de périls pour la foi et d'embarras pour l'Eglise. C'est pourquoi une société qui naîtrait de nos jours, par cela même qu elle serait sans passé, sans antécédents fâcheux et qu'elle n'aurait eu aucune part à nos malheureux troubles, qui d ailleurs aurait pour objet de former des sujets pour le ministère de la prédication évangélique, et des maîtrps pieux et savants pour la jeunesse chrétienne, une telle société, disons-nous, pourrait peut-être s'établir plus facilement en France, et y reparer des maux qui ne peuvent que s'aggraver, si l'on n'y apporte remède, et consommer la ruine de la foi dans cette belle province de votre empire spirituel.
Et Votre Sainteté n'ignore pas que par suite du malheur des temps, les travaux du ministère pastoral parmi nous absorbent tous les moments du prêtre; qu'il ne peut par conséquent se livrer à ces longues et fortes études qui lui permettraient de mener de front les sciences sacrées et profanes, le rendraient plus propre à combattre les combats du Seigneur avec le glaive de la sainte parole et plus capable de former l'enf-nce aux lettres humaines, ainsi qu'aux enseignements trop négligés de nos jours de la sagesse divine.
C'est pour ces graves motifs, Très-Saint Père, que le projet de M. l'abbé Bautain nous parait bien répondre aux besoins religieux de notre époque et mériter un bienveillant accueil auprès de Votre Sainteté. Humblement prosterné à ses pieds,
j'ose la supplier de vouloir biea le bénir, l'encourager, l'approuver même, si dans sa haute sagesse, elle le juge utile pour la gloire de la sainte Eglise de Dieu, et je ne veux point finir que je ne supplie pareillement Votre Béatitude, et de tout mon cœur, de m'accorder la faveur de Sa bénédiction paternelle.
Lettre de Monseigneur Fayet, Évêque d'Orléans, à notre Très-Saint Père le Pape.
Très-Saint Père.
C'est avec le plus respectueux empressement, que prosterné aux pieds de Votre Sainteté, je viens lui recommander la demande que M. l'abbé Bautain ose mettre sous ses yeux. L'humble prière que je me permets de vous adresser, Très- Saint Père, m'a été inspirée bien moins par la tendre affection que je porte à M. l'abbé Bautain, que par l'utilité trèsgrande dont je crois que son projet peut être à l'Eglise de France. Après tant de funestes révolutions, la France a besoin de congrégations pieuses et savantes, qui forment pour nos pauvres diocèses des prêtres selon le cœur de Dieu, et versés dans les sciences divines et humaine?. Par un fatal aveuglement des esprits, qui parait, hélas ! devoir durer longtemps encore, les sociétés anciennes, même les plus capables par elles-mêmes de produire le bien et de féconder l'héritage du Seigneur, ne le peuvent point, eu égard aux tristes préjugés et aux circonstances difficiles au milieu desquelles nous vivons. Les evèques sentent donc vivement le besoin d'une congrégation nouvelle, sans antécédents, en dehors de nos divisions passées, d'autant plus populaire qu'elle n'aurait été mêlée à aucune espèce de politique, qui puisse sans obstacles en ce pays, remplir la sainte mission dont Taurait chargée le glorieux ponLife qui occupe en ce moment la chaire de saint Pierre. Cette congrégation remplirait parmi nous un vide immense, en attendant que la divinp miséricorde fit luire un soleil plus vif et plus doux sur notre malheureuse patrie.
Le premier but de la congrégation de l'abbé Bautain, serait de former des prédicateurs de la divine parole. Or Votre Sainteté n'ignore pas l'état déplorable où se trouve la prédi-
cation dans nos Eglises. Un langage nouveau s'est introduit en chaire, qui sous prétexte de s'accommoder à l'esprit du siècle, affaiblit l'exposition de nos saints mystères et ne laisse pas que d'en altérer la pureté dans la parole, en attendant qu'il en corrompe la notion dans la pensée. Il nous semblerait donc bien urgent, Très-Saint Père, de voir s'élever, au milieu de nous, une école savante et pure de tout néologisme qui revêtît les vérités delà foi de l'expression qui leur est propre, etaui les mît ainsi à l'abri de toute altération et de tout affaiblissement. Cette école ne pourrait avoir pour maître un modèle plus accompli de la vraie éloquence chrétienne que M. Bautain.
Votre Sainteté connaît aussi dans quel état plein de périls se trouve ici l'éducation des enfants. Les congrégations les plus capables de la diriger avec fruit sont privées de la liberté d'enseignement par les lois du pays, et l'Université, qui en a le monopole, bien qu'on puisse compter d'honorables exceptions dans ses membres, n'est point catholique dans ses leçons: et si elle continue à marcher dans sa voie, sans contrôle et sans concurrence, elle finira par protestantiser ce beau royaume ; il nous semble urgent, sous ce rapport encore^ de former des collèges nouveaux, où des professeurs sincèrement catholiques et tout à la fois renommés dans les lettres et les sciences, sauveraient une partie des générations naissantes des poisons qui leur seraient préparés ailleurs. Or c'est le second but que M. Bautain se proposerait d'atteindre par sa congrégation. Il a le projet de former une école normale ecclésiastique où le clergé puisse recruter des professeurs dignes de leur sainte mission.
Tels sont, Très-Saint Père, les principaux fruits que la religion aurait à recueillir de la congrégation de M. Bautain, et les avantages spirituels qui me font ardemment désirer de la voir canoniquement autorisée sous le nom de Société de Saint-Louis.
Si maintenant je m'arrête à ce qui regarde les personnes, j'oserai dire que je connais depuis plus de vingt ans MM. Bautain et de Bonnechose, et que je puis faire à Votre Sainteté, sans aucune réserve, l'éloge le plus mérité de la pureté de leur foi, de leur zèle selon la science, de leurs talents incontestables qui les ont élevés au premier rang dans l'opinion publique, et mieux que tout cela encore, de leur tendre piété, de l'esprit de renoncement et de pauvreté qui les anime, et enfin de leur inviolable attachement et dévouement à Votre Sainteté.
Je ne finirai point cette trop longue lettre, Très-Saint Père,
i6i APPENDICES.
sans me prosterner de nouveau à vos pieds, et sans \ous conjurer d'accorder votre paternelle bénédiction au nombreux troupeau que vous m'avez ordonné de paître et de gouverner quoique j'en fuss^^ indlirne.