‹ L'Abbé BautainChapitre 36 sur 64 · XX VI · texte numérisé non relu

XX VI

Lettre de Monseigneur de Marguerye , Évêque de St-Flow\ à S. E. Monseigneur le Cardinal Lamhruschini.

ÉiILNE.NCE,

Je m'empresse, de concert avec mes vénérables collègues, l'archevêque de Reims, les évèquesde lîeduvais, Amiens, etc., de recommandera la haute bienveillance de Votre Eminence, le projet conçu par M. TabbéBautain, d'établir une con?ré- ^'alioo religieuse en France, en soumettant ses constitutions à l'approbation du Sauit-Siege,. J'oserai même prier V. E. d'accueillir a\ec bonté l'excellent abbé de Bonnechose, qui s'annonçait comme devant être une des gloires de la migistrature française, lorsque Mgr le cardinal de Rohau le confirma dans la pensée de renoncer à un brillant avenir dans le monde, pour se consacrer tout entier à TEgrlise. Mes relations assez anciennes, tant à Be.^ançon qu'à Strasbourg et à Faris^ avec ces messieurs m'ont mis à même d'apprécier leur dé\ouiment pour le S.iint-Siége, leur amour pour les étu les fortes et leur zèle à développer dans l'esprit et le cœur des jeunes ^^ens la vraie et solide piété. L'année dernière, en présidant la cérémonie si touchante d'une première communion dans leur collège de Juilly, j'ai admiré la bonne tenue de tous leurs élevés, l'harmonie toute fraternelle entre les directeurs, l'attachement de cœur de ces jeunes gens pour leurs maîtres, l'esprit de loi et de piété qui semblait se peindre sur toutes les figures et se réalisait par 1 empressement des grands comme des petits à approcher de la table sainte.

Les succès de ces messieurs dans les chaires chrétiennes me Sont un motif, Mon.>eigneur, de recommander leur œuvre à V. E Malgré le zèle si admirable des Peres jésuites, ils ne peuvent sultire a tout; d ailleurs d'injustes préventions leur fermeront pour longtemps encore les uortes des collèges. Dans cet éiat de choses, la création d'une société de prêtres instruits, sincèrement dévoués au Saint-Siège, prête

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à se \ouer à l'éJucatioa, à la prédication et aux autres bonnes œuvres, sous la direction des évêques, serait un immense service rendu à la religion catholique en France. Or tout ce que je :o.mais de ces messieurs, la confiance qu'ils savent inspirer partout aux familles les | lus honorables et les plus chrétiennes, l'influence que leur parole exerce sur cette sorte d'hommes instruits et de jeunes gens d'elite, dont le nombre augmente tous les jours, et qui sentent le besoin de revenir à la vérité et à la praiique du catholicisme, tout me confirme dans Tespéiance que Die i veut se servir de ces bons prêtres pour régénérer l'éducation de la jeunesse, livrée jusqu'à ce jour aux mains corruptrices de cette université si bien connue à Kome. comme le prouve l'admirable discours de S. E. le cardinal Pacca.

Quant à la pureté de leur foi, leur so imission entière et sans restriction au Saint-Siège, lors de leur affaire avec feu Mgr de Tiévern, évêque de Strasbourg, ne ,ieut laisser aucun doute; et plus d'une fois M. l'abbé Bdutai:i a renouvelé dans ses écrits sa profession d'obéissance toute filiale aux décisions du Sdini Siège, et à l'exemple de Fénelon, il s'est fait gloire de rétracter, même du haut de la chaire chrétienne, les erreurs qui lut étaient échappées dans quelquesuns de ses premiers ouvrages.

J'espère, Monseigrneur, que voire Emiuence voudra bien accor.ier sou puis^aiii patronage au projet de congrégation que M. l'abbé de Hocuechose est chargé de soumettre à l'examen du Saiut-Siege, et lui obtenir du vicaire de Jésus- Gtirist cette beuédicliou apo:tolique qui seule djune l'aciToissement et la vie aux cougregrations religieuses. DeV. E, etc.

Saint-Flour, 2 iioveuibre 1843.

Lettre de Monseigneur Rœss, Évêque de Strasbourg, à S. E. te Cardinal Lambruachlni,

MO.NSEIG-NEUR,

M. l'abbé Bautain m'expose qu'il a le projet de fonder une nouvelle congrtgation dans le but de former des [)rédicacaleurs évangeliques et des in.-.titute..rs pour la jeunesse chrétienne il me prie en môme temps d'appeler sur son œuvre tout l'intérêL de Vo.ic Em.nonce. Le noble exemple do soumisiion à l'aulorilc de TEgiisj, donné récemment (kir

M. Bautain, ne me permet point de douter de l'orthodoxie de ses doctrines, ni de la pureté de ses intentions. J'aime à croire que la nouvelle congrégation est destinée à produire des fruits abondants de salut et de bénédiction, j'en ai pour garants le talent et la piété des ecclésiatiques qui doivent en former les premiers éléments. J'implore du fond de mon cœur toutes les bénédictions du ciel sur leur dessein et sur leurs travaux. Je serais heureux de contribuer pour ma part au bien qu'ils sont appelés à faire ; c'est pourquoi je me permets de recommander vivement leur pieux projet à la bienveillante protection de Votre Eminence, etc.

Lettre de Monseigneur Levezou de Vésins, Évêque d'Agen, à notre Très-Saint Père le Pape.

Très -Saint Père,

J'apprends que M. l'abbé Bautain est au moment de présenter à Votre Sainteté une demande que, prosterné à ses pieds, j'ose lui recommander; elle a pour objet votre agrément à la formation d'une société nouvelle qui, sous le nom de société de Saint-Louis, serait destinée à procurer des prédicateurs, des professeurs, des prêtres dévoués au Saint-Siège.

Cette pensée, pleine d'avenir pour notre pauvre France, me paraît répondre à tous les besoins. Votre Sainteté, dont la haute sagesse sait si bien les apprécier, connaît toute l'étendue de nos craintes. Tantôt nous gémissons de ce que la parole de Dieu n'est pas annoncée, tantôt parce qu'elle est défigurée par des prédicateurs qui ne prêchent que leur parole. Nos alarmes sont grandes quand nous envisageons l'avenirde la génération qui s'élève : il est compromis par les doctrines perverses que trop souvent on lui insinue. Une société qui n'aurait pas d'antécédents, qui n'exciterait pas de préventions, serait un remède aux maux que nous déplorons. Personne ne peut diriger plus utilement que M. Bautain une telle œuvre, si Votre Sainteté daigne l'encourager. Cet ecclésiastique est aussi soumis au Saint-Siège que distingué en vertu et en science.

Je me prosterne à vos pieds Très-Saint Père, pour réclamer votre paternelle bénédiction pour le pasteur et pour le troupeau que vous avez daigné me confier, et offrir à Votre

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Sainteté Thommage du profond respect et de la tendresse filiale avec lesquels, etc.

Agen, le 23 novembre 1843.

Lettre de Monseigneur Thibault, Évéqiie de Montpellier, à notre Très-Saint Père le Pape.

Très-Saint Père,

C'est pour moi un besoin de cœur de déposer aux pieds de Votre Sainteté l'expression de la joie pieuse que j'éprouve en apprenaut le projet formé par M. Bautain, et pour lequel ce prêtre, éminent par la science et la piété, sollicite en ce moment votre approbation apostolique et la sanction du Saint-Siège en qui réside la plénitude de tous les pouvoirs. C'est une étude approfondie de la société en France, de ses înQrmités, de ses besoins jointe au grand désir de la gloire de Dieu, qui a conduit M. l'abbé Bautain à cette heureuse pensée d'une congrégation nouvelle, dont le but serait de former des prédicateurs de la parole divine et des professeurs chrétiens. Cette pensée, très-saint Père, répond à un vœu souvent émis de nos jours au sein de l'episcopat français, et si vous permettez qu'elle reçoive son exécution, nous ne doutons pas que, fécondée par Votre bénédiction puissante, elle ne donne a l'Eglise des fruits nombreux de consolation et de joie. Car, Très-Saint Père, nous osons ouvrir notre cœur devant le vôtre, et nous vous parlons avec un abandon sans réserve. Ce qui afflige les évèques de France, c'est qu'au milieu de ces égarements des intelligences, de cette anarchie des doctriues qui ne furent jamais si déplorables qu'aujourd'hui, quand le mal est si grand, quand la moisson est immense, nous n'avons qu'un petit nombre d'ouvriers évangéliques assez puissants pour défier l'erreur en toute rencontre, pour la poursuivre avec succès dans tous ses retranchements, et tenir toujours d'ime main ferme et inébranlable le flambeau de la vérité.

La tempête révolutionnaire qui donna tant de martyrs à l'Eglise de France, l'a privée de ces institutions antiques et fortes qui maintenaient parmi nous les traditions des grandes études et de la science ecclésiastique. Privés de ces ressources précieuses, obligés de se vouer à la hâte aux travaux du ministère qui les réclament, nos prêtres en général sont restés, sous le rapport de l'instruction, en arrière de leurs devan -

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ciers. La chaire surtout a souffert de ce malheur des temps: quelques hommes, il est vrai, ont lait entendre une pirole éclatante, mais tout en rendant jislice à leur talent élevé et à leur zèle, nous avons à i^émir souvent d'une cerlame faiblesse d-^ doctrine qui en ôtant à renseignement religieux une partie de ta majesté, le rend plus propre à satisfaire une curiosité vaine qu'à produire des fruits solides de conversion et de salut.

D'autre part, Très-Saint Père, Votre Sainteté ne l'ignore pas. l'éducation de la jeunesse chrétienne est parmi nou-; en grand péril ; des prufesseurs en général peu chrétiens, souvent même imbus des poisons de l'erreur, ont le monopole de former les intelligences et le cœur de l'enfance : une part bien petite nous est laissée dans cette œuvre importante de l'éducation, et nous y suffisons à peine, parce que nous manquons de professeurs distingués. Les corps religieux anciens, ceux qui pendant longtemps enseignèrent avec tant d'éclat et de succès la religion et les lettres sont frappés de reprubition par la loi, en même temps que l'opinion publique, égarée par le journalisme, les entoure de mille déhancco aussi injustes que déplorables. Sans cesse on restreint le cercle du bien qu'ils peuvent faire, et on les réduit à })leurcr sur des maux auxquels on leur défend de porter remède. Quelle consolation ce serait doac pour la France, Très Suint l'cie, si elle voyait s'élever dans son sein un institut LiOuveaU;, à l'abri de toutes les préventions, dont le pa^se ne founiliail aucun prétexte aux ennemis de la foi, qui s'occuperait sans relâche à ranimer le^ études antiques^ à donner à la science ecclésiastique plu^ de splendeur et de force, à fournir à l.i chaire des hommes puissants en doctrine et en parole, à former surtout des professeurs habiles qui, par l'ascendant de l'instruction et de la vertu, puissent ramener l'éducation de la jeunesse française dans la voie chrétienne qu elle déserte de plus en plus.

C est pourquoi, Tres-Saiut l-'ére, nous avons osé vous exprimer avec un respectueux empressement nos pensées et nos vœui à l'égard du projet du prêtre Bautain. IS'ous appelons sur cet ecclésiastique distingae et sur ses dignes cooperateurs, l'attention bienveillante de Votre Paternité, avec d'autaut plus de confiance quils nous sont cnnus par leur attachement au sie^e ai)0;tolique, la su,)Criorité de leurs talents, leur z^le ardent et sage pour le salut des àmes et la jjIus tendre piété pour Marie. \ous, qui avez la sollicitude de toutes les Lglises et qui portez le poids de toutes leurs douleurs, vous sa^ ■ z ce qui convient à l'Lglise de France en par-

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liculier. Si donc, dans votre sagesse apostolique, vous daignez encourager, approuver et même instituer canoniquement la société de Saint-Louis, vous comblerez des vœux bien purs, et vous ouvrirez au sacerdoce français une nouvelle carrière de dévoùment et de gloire. En finissant, Très-Saint Père, nous nous inclinons humblement à vos pieds et nous vous demmdons avec un respect tout filial et une foi vive, votre béiiédi>;tion apostolique, pour nous d abord, et aussi pour le troupeau bien-aimé que vous avez daigné confier à nos soins et dont nous devons rendre coûipie au souverain pasteur, dont vous êtes l'image et le vicaire en terre.

Lettre de Monseigneur Régnier, Évêqiie d'Angoulême, à Monsieur l'abbé Bautain.

Monsieur l'Abbé,

Une congrégation religieuse de fondation nouvelle qui se livrerait à l'enseignement de la jeunesse, de manière à faire à l'Université une puissante concurrence, et qui offrirait de plus aux Evêques une école normale pour les jeunes ecclésiastiques dont ils voudraient faire des professeurs dans leurs Petits séoiiuaires, satisferait au besoin le plus pressant de l'Eglise de France dans les circonstances actuelles. Le bien qu'elle produirait serait complet, si, outre cela, elle formait des prédicateurs sévèrement attachés au^s: saines doctrines et aux bonnes traditions, et qui uniraient au talent le désintéressement et la piété.

Je ne puis donc, monsieur l'abbé, qu'applaudir à Theureuse inspiration que vous avez eue de fouder une société de ce genre, et j'unis mes vœux à ceux de mes vénérables collègues dans l'épiscopat, pour que le Souverain Pontite daigne bénir, encourager et sauctionner par son autorité suprêma cette sainte entreprise.

Quoique je n'aie pas l'honneur de vous connaître personnellement, non plus que vos dignes collaborateurs, ce que je sais de vos antécédents et de votre mérite les témoignages de haute estime et de vive affectiou que vous avez reçus de prélats que je véQè''e, me donnent l'eniiere assurance que vous mentez les suffrages du cierge de France et la bienveilaate urotecuon de Notre Très-Saint Père. Recevez, monsieur l'abbé, etc.

Lu Vale.le, 22 novembre 1843.

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