LA LETTRE DU ROI
connaît rien de la jalousie du jeune homme. Oh ! T0U8 dites cela pour me flatter, je le vois bien.
— Diane , demanda Ghoîsy, comment avezvous trouvé le roi à la dernière fête du cardinal?
— Fort beau; il avait surtout un habit éblouissant ! D'abord je n'osais lever les yeux sur lui quand il a paru ; mais il m'a bien vite encouragée. « Ne danses^ vous pas ce soir? »» m'a-t-il demandé en m'offrant quelques bonbons de sa boite. Je n'en ai pris qu'un ; mais je crois qu'en ce moment mes genoux tremblaient si fort, que, sans le bras de madame de Ghoisy, je fusse tombée...
— Ah ! le roi vous a offert?...
— Mon Dieu, oui; d'abord un bonbon, ensuite
— Ensuite ?• . . Poursuivez.
— Ensuite, il est venu me prier lui-même de rester dans son quadrille. Vous n'étiez plus là, j'ai dû accepter. Ai-je mal fait?...
— Nullement... Gomment avez-vous trouvé la danse du roi?
— Je l'ai trouvée admirable. D'abord, il ne tient pas sa tète droite et roide comme M. de Saint-Aignan ; il ne regarde pas ses pieds