LK BOUQUET
Un parfom charmant s'en échappait, Tabbé n*ent pas de peine à reconnaître bientôt celui de Toeillet, du jasmin, de la jonquille. Il s'approcha de la porte avec précaution, et il vit ma* demoiselle d'Herfort qui composait elle-même un bouquet fort habilement nuancé. Les cheveux de Diane, encore humides de la rosée du matin, ses mules tachées par l'herbe, sonOchu à demi noué sur son cou, tout indiquait assez qu'elle venait elle-même de cueillir ces belles fleurs dans le jardin où elle folâtrait souvent aussi légère que l'oiseau. La porte où se tenait l'abbé était alors dans l'ombre» et Diane, debout devant sa toilette, lui tournait le dos; Choisy pouvait donc l'observer sans qu'elle le surprit. Il la vit d'abord composer l'énorme bouquet avec un soin et un amour tout particuliers, elle en mariait les tons et le feuille comme un peintre. Puis, quand cela fut fait, elle contempla quelque temps son ouvrage avec une sorte de crainte. Sa main tremblante, inquiète , allait d'une fleur à l'autre, interrogeant chacune de leurs tiges, s'assurant du fil qui devait les retenir, les écartant et les ramenant comme pour trouver en leur sein une cachette sûre. Pendant ce travail minutieux de la jeune fille, le cœur de Choisy battait si
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