LE BETOIIB DU BAL
— En vérité, Ghoisy, tu m'inquiètes, aurais-tu la fièvre? veux-tu que je m'établisse ici ta garde^malade ? Voyons, il faut du feu, el cette pièce est d'un froid de glace ; j'ai bien envie de dire à Launois, mon valet de chambre, de monter.
— Merci, monseigneur, merci, répondît Ghoisy d'un ton pénétré ; en vérité, je ne sais comment répondre à tant de bontés, mais je suis si malheureux !
— Avoue-moi, du moins, ce que tu ressens, ce qui te trouble. Voyons, je gage que j'ai affaire à un amoureux.
— Amoureux, cela est vrai, monseigneur, aaioureux fou. J'aime une ingrate, voilà toute la vérité.
— Eh bien , Ghoisy, il faut se hâter de la mettre à la raison, cette belle ingrate, car elle est belle, je n'en puis douter. Je la connais?
— Assurément, monseigneur. Mais souffrez d'abord que l'on vous fasse du feu.
— Par ma foi ! ce ne sera pas de trop, reprit Monsieur en sonnant lui-même.
A ce signal, un laquais de madame de Ghoisy accourut tout essoufflé.
— Eh bien ! qu'est-ce ? qu'y a-t-il?