CHAPITRE VIL
ficultés que l'on surmonte dans une entreprise, mais par la grandeur du désir de plaire à Dieu et par la grandeur de Tuti- Hté qui revient à la société chrétienne d'avoir surmonté ces difficultés. Or quelle grande utilité revient-il aux autres chrétierts des difficultés que surmontent les prêtres continents?
« Tout le monde convient qu'un prêtre qui aurait, comme Socrate, une femme de mauvaise humeur aurait encore plus de difficultés à surmonter, pour la calmer et pour Tadoucir avec une grande patience, que n'en a le prêtre non marié à gaitler la continence. Ainsi, du côté des difficultés, il n'y en a pas moins à surmonter dans le mariage que dans le célibat.
« Dans les bons curés mariés, les difficultés qu*ils surmontent par leur douceur et par leur patience sont très-utiles à leurs femmes et à leurs enfants, tant pour les rendre plus heureux que pour les rendre plus vertueux, au lieu que les difficultés du célibat ne sont utiles à personne.
f Le curé grec, père de famille vertueux, a plusieurs devoirs à remplir et envers plus de personnes que n*a pas celui qui pratique le célibat. Or celui qui a plus de devoirs envers plus de personnes, et qui les remplit bien et avec même désir de plaire à Dieu, ne mérite-t-il pas davantage que celui qui a moins de devoirs, qui ne les remplit pas mieux ni avec plus de désir de plaire à Dieu ?
« Il y a plus des trois quarts des prêtres qui, comme les autres hommes, se marieraient s'ils n'avaient pas promis solennellement de ne se point marier par le vœu du célibat. Une
partie de ceux-là scandalisent le prochain par leur conduite vicieuse. Or, s*ils avaient été mariés, ils n'auraient plus causé pareils scandales. Donc la religion y gagnerait, de ce côté-là, la diminution du nombre des scandales que donnent les ministres de rÉglise.
« Quelques prêtres dont Tesprit est ^tit et borné se persuadent aisément qu'ils remplissent bien leurs devoirs pourvu qu'on n'ait rien à leur reprocher du côté du célibat, parce que souvent c'est l'article le plus difficile pour eux. Cette opinion fait qu'ils négligent des devoirs de justice et de bienfaisance qui sont bien autrement importants, soit pour leur propre salut, soit pour l'édification du prochain, de sorte que de ce côtélà, par cette fausse opinion des prêtres et du peuple, le célibat cause un grand mal dans la pratique des vertus principales de la religion.
« Le principal devoir d'un curé, c'est de donner, dans sa conduite, de bons exemples à ses paroissiens dans les points qui sont les principaux et les plus ordinaires de la vie. Il est certain que les devoirs d'un père de famille sur la patience et la douceur envers sa femme, sur l'attention à l'éducation et à la conduite de ses enfants, sont des points principaux et des plus ordinaires de la vie. Or comment le curé, qui n'a ni femme ni enfants, pourra-t-il, sur cet article, donner des exemples d'un excellent père de famille?
a Autrefois les curés n'avaient pas le secours des bons prônes imprimés. Ainsi ils avaient besoin de plus de temps pour s'instruiili eux-mêmes et pour composer leurs prônes; mais, depuis que toutes les meilleures instructions propres aux