CHAPITRE VU
paroissiens sont imprimées, le curé n*a plus besoin d'en com* poser de nouvelles, qui vaudraient beaucoup moins. Ainsi, quoique marié, quoique occupé de sa famille, il aurait, le Ion de l'année, un loisir suffisant pour instruire ses paroissiens.
« Si le curé veut passer plus de temps qu'il n'est nécessaire dans la lecture, on ne l'oblige pas d'avoir ni femme ni enfants, mais on peut seulement observer que souvent il servira moins bien la religion par de grandes lectures, presque inutiles, que le curé marié par son bon exemple de père de famille et par la bonne éducation qu'il donnera à ses enfants.
« On peut observer que pour donner aux paroissiens le moyen de faire leur salut, il n'y a que trois points principaux à leur enseigner : IMes articles qu'ils doivent savoir tels qu'ils sont dans le Credo ou dans les autres confessions de foi ou dans les petits catéchismes, ce qui est très-facile; 2" il faut leur enseigner les choses qui leur sont défendues et ordonnées dans leur condition, pour éviter l'enfer ; 3' les occasions où ils doivent pratiquer la patience et les autres actions de bienfaisance pour plaire à Dieu et pour obtenir le paradis. Or est-il nécessaire à un curé, ni de beaucoup lire, ni de beaucoup composer pour être en état d'enseigner ces choses à ses paroissiens? Le point principal n'est-il point qu'il leur donne bon exemple sur tous leurs devoirs?
€ II n'est pas douteux que les prêtres qui savent qu'ils doivent aux séculiers l'exemple des vertus sont ordinairement plus modérés, plus doux, plus tempérants, plus appliqués à leurs devoirs que les autres hommes du commun ; il n'est pas douteux que, siis avaient des enfants, ils n'eussent plus de soin
de les élever dans les pratiques des vertus et dans une vie studieuse et appliquée, pour les rendre plus capables de mieux servir TÉglise par leurs talents et de leur succéder dans de semblables bénéfices. Or qui doute que la religion et VÉtat ne retirassent un grand avantage d'une pareille éducation, qui commencerait d'être donnée, dès les premières années, dans les vues des vertus ecclésiastiques, par les pères mêmes, d'un coté, plus capables d'élever les enfants, et, de l'autre, trèsintéressés à leur donner de bonnes habitudes au travail iBt à la vertu ?
XIY
(( Nous approuvons, et avec raison, le zèle de nos missionnaires, qui, pour étendre notre sainte religion et la faire suivre par un plus grand nombre de fidèles, s'exposent à de grands dangers sur les mers, dans les déserts et au milieu de nations plus cruelles que les bêtes féroces. Or une simple loi, pour laisser libre le célibat des prêtres, donnerait en dix ans à l'Europe plus de quatre cent mille nouveaux fidèles bons catholiques, et des catholiques sûrs, dont la foi ne serait point exposée aux caprices des souverains infidèles. Ainsi, outre les nouveaux chrétiens qtie font tous les jours les missionnaires parmi les barbares, nous aurions plus de quatre cent mille chrétiens de plus en dix ans au milieu des nations catholiques. Or ne serait-ce pas un grand avantage pour la rebgion de procurer ainsi une augmentation si considérable du nombre des fidèles?
« Plus il y aurait de sujets laborieux, habiles et vertueux qui se présenteraient pour servir l'Église, mieux elle serait servie. Or, si l'on était dispensé de faire le vœu du célibat, il ; aurait un beaucoup plus grand nombre de sujets habiles et vertueux qui se présenteraient pour servir l'Église. Donc, elle serait beaucoup mieux servie.