CHAPITRE VII
qui arrange les ressorts de notre vie de la même manière, leur a donné les mêmes principes de morale, aperçus par eux dès qu'ils réfléchissent, n*a mis aucune différence entre ses enfants que celle du crime et de la vertu.
« Je crois que le Chinois juste et bienfaisant est plus précieux devant lui qu un docteur pointilleux et arrogant.
« Je crois que, Dieu étant notre père commun, nous sommes tenus de regarder tous les hommes comme nos frères.
« Je crois que le persécuteur est abominable et qu'il marche immédiatement après Tempoisonueur et le parricide.
« Je crois que les disputes théologiques sont à la fois la farce la plus ridicule et le fléau le plus affreux de la terre, immédia-, tement après la guerre, la peste, la famine et la vérole.
« Je crois que les prêtres doivent être payés et bien payés comme serviteurs du public, précepteurs de morale, teneurs des registres des enfants et des morts; mais qu'on ne doit leur donner ni la richesse des fermiers généraux, ni le rang des princes, parce que l'une et l'autre corrompent Fâme, et que rien n'est plus révoltsint que de voir des hommes si riches et si fiers faire prêcher Thumililé et l'amour de la pauvreté par des gens qui n'ont que cent écus de gages.
'i Je crois que tous les prêtres qui desservent une paroisse doivent être mariés, non-seulement pour avoir une femme honnête qui prenne soin de leur ménage, mais pour être meilleurs citoyens, donner de bons sujets à l'État et pour avoir beaucoup d'enfants bien élevés.
« Je crois qu'il faut absolument extirper les moines, que c'est rendre un très- grand service à la patrie et à eux-mêmes. Ce sont des hommes que Circ^ a changés en pourceaux, le sage Ulysse doit leur rendre la forme humaine.
« Paradis aux biekfaisahts ! »