‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 125 sur 156 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ANNAI^ES POLITIQUES.

SOMMAIRE

Appréciation des AtmaUs polUiques. — Ce qu'en pensait Vollaire. — But que se proposait Fauteur des Aunalet. — Réflexions sur la nécessité de peifectionner l'éducation, à propos de la fondation du collège Mazarin. — Portrait de Louis XIV à vingt ans. — Jugement sur Cromwell. — Parallèle entre Mazarin et Richelieu. — Querelles de cochers et d'ambassadeurs à I.ondi-es et à Rome. — Faits relatifs à la conservation des grains. — Sommes inutilement dépensées par TEspagne pour conserver les Pays-Bas — Notice sur le canal du Midi. -- La campagne de Flandres en 1667. — Consti-uclion du château de Versailles. — Causes futiles de la guerre de 1672, entre la France et les Provinces-Unies. — L'Hôtel «les Invalides plus fastueux qu'utile. — Portrait dn chancelier le Tellier.

Las Annales politiques sont regardées comme le meilleur ouvrage de Tabbé de Saint-Pierre. On y retrouve, en efiet, sous une forme plus concise et plus nette, la plupart des idées et des projets qu'il a exposés ailleurs. Il y range, par ordre chronologique, depuis 1658, année de sa naissance, jusqu'en 1759, ses observations sur les événements de cette longue période si féconde en événements. Il revient con amore sur son projet de paix perpétuelle, sur les moyens de rendre utiles A l'État les ducs et pairs, les sermons, les académies, etc. 11 s'exprime avoc une liberté entière sur Ixïuis XIV, auquel il persiste à refuser le surnom de Grand, en lui reprochant ses

guerres ii^ustes avec ses voisins, Taugmentalion des impôts sans utilité pour la nation, la vénalité des charges et la révocation de redit de Nantes.

Un certain abbé Sabatier, de Castres, ayant prétendu que Voltaire avait puisé Tidée de son Siècle de Louis XIV dans les Annales politiques de-Vdbbé de Saint-Pierre, l'auteur du Siècle de Louis XIV repoussa très-vivement cette allégation, dans la liste ou biographie raisonnée qu'il «'«jouta plus tard à son ouvrage. L'irascible historien du grand siècle traite fort mal dans sa réponse Tabbé Sabatier, natif de Castres, et il ne se montre qu'à demi bienveillant pour Tabbé de Saint-Pierre, qu'il estimait beaucoup cependant, mais auquel il ne pardonnait point, sans doute, d'avoir osé porter sur Louis XIV le jugement d'un honnête homme plutôt que celui d'un gentilhomme de la chambre du roi.

ff C'est ici l'occasion d'observer, dit Voltaire dans sa biographie du bon abbé, que l'auteur du Siècle de Louis XIV \\\ donné cette liste des écrivains el des artistes qui ont fleuri sous Louis XIV qu'après avoir vu leurs ouvrages et souvent connu leurs personnes, recherchant tous les moyens de s'instruire sur ce siècle célèbre depuis qu'il fut nommé historiographe de France. Il ne pouvait, dans celte liste, parler des Annales politiques de l'abbé de Saint-Pierre sous Louis XÏV, puisque le Siècle fut imprimé en 1752 pour la première fois, et que les Annales de Tabbé de Saint-Pierre ne parurent qu'eu 1758, ayant été imprimées en 1757. Ces Annales, il le faut avouer, sont une satire continuelle du gouvernement de ce monarque, qui méritait plus d'estime; et cette satire n'est pas assez bien écrite pour faire pardonner son injustice. La famille de l'abbé, sentant quel dangereux effet cet ouvrage pouvait produire, engagea son auteur à le dérober au public : il ne fut imprime qu'après sa mort. Comment donc l abbé Sabatier, natif de Castres, qui a donné depuis la liste des écrivains de trois siècles, a-t-il pu dire t que l'auteur du Siècle de Louis XIV en

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