‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 137 sur 156 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

était cette inscription : Assertis legibns, emendatis sacris, adjunctis defensis, conciliatis regibus, vindicata marium li • hertatCy pace egregiâ virtute armorum parla, stabilita orbis Europei quiète, numisma hoc status fccderati Behjii cudi fecervnt. 1668. Les lois affermies, la religion perfectionnée, les alliés protégés, les lois pacifiées, la liberté des mers assurée, une paix glorieuse acquise par la supériorité de la valeur et des armes, h tranquillité de TEuropc solidement établie, ont déterminé les États de Hollande à faire frapper celte médaille.

(( Cette médaille parut dans le temps de la paixd*Aix-ia-Gliapelle, dei 668. Mais Louvoisen reparla en 1 67i . Il faisait remarquer au roi que la république s* était peinte dans la fjgure de Pallas, et qu'elle se faisait honneur à elle seule de la fm de la gutrre de 1667, quoique le roi d'Angleterre et le roi de Suède y eussent encore plus de pnrt à cause de la grande considéi^tion que le roi avait pour ces deux puissances ; qu'il était vrai que la Hollande s'était donnée beaucoup plus de mouvement qu'aucune autre puissance pour former la triple alliance contre les prétentions du roi, mais que de ce cèté ils avaient marqué plus d'ingratitude envers la France et méritaient davantage d'en être punis.

a On parla dans ce temps-là d'une autre médaille que les Hollandais désavouent d'autant plus fortement qu'elle était plus insolente et plus piquante pour le roi. Elle représentait, dit-on, la tête d'un homme, et dans l'exergue ces mots : La paix signée à Aix-lorChapelle, en 1668, et, au revers, Josuéqui commandait au soleil de s'arrêter, avec cette inscription de l'Écriture : Stetit itaque sol;'!kimi le soleil s'arrêta. Sur quoi Louvois faisait observer au roi que ce portrait ressemblait à Van Benningen, qui s'appelait Josué, qu^il se vantait d'avoir négocié la triple alliance à la Haye, contre le roi, pour l'empêcher de faire de nouvelles conquêtes en Flandre, et qu'il avait négocié à Saint-Germain, avec le roi, les articles de la paix qui furent

signés quelques jours après à Aix-la-Cbapelle, et que les Hollandais informés que le roi prenait pour symbole dans ses devises le corps du soleil, ils avaient été bien aises de lui avoir insulté par cette médaille.

« Le gazetier de Hollande, de son colé, avait, dit-on, écrit plusieurs fois des choses injurieuses au roi et à la nation française.

a II paraissait à Grotius, ambassadeur des Hollandais eu France, que le roi cherchait à se venger d'eux ; il en écrivit a ses maîtres, qui furent d'autant plus consternés de cet avis, qu'ils ne voyaient pas dans leurs alliés, et surtout dans le roi d'Angleterre, beaucoup de dispo.>ition à les secourir; ils étaient un peu brouillés avec les Anglais sur leur commerce, et, en particulier, à l'égard de Surinam et pour le salut du pavillon anglais à la mer. Aussi ils offrirent, par leur ambassadeur, diverses satisfactions; mais le roi, qui croyait voir encore leur orgueil dans leurs compliments, ne changea |)oint la résolution qu'il avait prise de les humilier, et travailla toute cette année à faire au dehors des négociations avec ses voisins, et à faire au dedans beaucoup de préparatifs de guerre de terre et de mer.

« Le conseil de la république, dans cette conjoncture, fit une grande faute, de ne pas faire une dé))utation solennelle de trois ou quatre ambassadeurs au roi pour désavouer hautement, au nom de la nation, tout ce qu'il pouvait y avoir d'insultant dans les niétailles et pour demander pardon de la négligence qu'ils avaient eue de les permettre. Il fallait que ces députés fis^^ent sur cela toutes les satisfactions que le roi demanderait, et qu'ils se retranchassent à dire que la triple alliance n'était que défensive pour leur sûreté et pour leur conservation.

« Une ambassade solennelle de cette espèce ne leur eût pns coûté certes mille écus; elle eût été humble et sage; elle eût désarmé le roi et leur eût épargné et à leurs peuples des dépenses et des pertes quarante fois plus grandes.

a Ce qui est de vrai, c'est que les républiques, qui ne de-

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