CHAPITRE I
clés. Car, eii6n, qui aurait jamais pu imnginer la dixième partie des avantages qu*a produits, en mille ans, à la nation humaine, la police entre toutes les familles d'une nation bien policée, lorsque celte police a eu la commodité de se perfectionner durant plusieurs siècles, même avec lenteur? Ces avantages, cil comparaison de l'ignorance, de la grossièreté, de la pauvreté et de la barbarie des nations sauvages de TÂmérique, encore mal policées, sont infinis, et ne pouvaient jamais être prévus dans le commencement de cette police.
« De même, qui pourrait imaginer ou prévoir, et par conséquent estimer, les avantages que produira aux habitants d'Europe la Société européenne cinq cents ans après son établissement? Nous ne saurions prévoir ni imaginer la centième partie de ces avantages, nous n'en voyons d'ici que les premières sources. Mais ce qui résultera de la combinaison intinie de ces premières sources, cela est hors de la portée de Tesprit humain, et qui sait si de plusieurs de ces combinaisons il ne naîtra pas de nouvelles sources de bien encore plus précieuses que toutes celles que les hommes ont goûtées jusqu'ici ?
(( Par ces douze considérations, n'est-il pas évident que la signature des cinq articles fondamentaux sera infiniment avantageuse au roi de France, et que cette négociation est la plus importante qu'il puisse faire? Or n'est-ce pas la quatrième proposition que j avais à démontrera »
L'auteur examine, en dernier lieu, quels avantages particuliers le roi d'Espagne, le roi d'Angleterre et le roi de Pologne retireraient du nouveau régime auquel il les conjure de se rallier sans retard pour satisfaire aux vœux « des gens de bien de tontes les nations. » Chose piquante, [)Our hâter la conclusion de la grande alliance destinée à étabhr la paix perpétuelle, notre bon abbé ne recule pas même devant une guerre.
« Les souverains souscrivants, écrit-il dans l'emportement de son zèle, qui veulent établir la paix générale sur un fondement plus stable que par le passé doivent signifier aux autres
souverains que, s*ib ue veulent pas entrer dans ralliance générale de l'Europe pour conserver la paix générale et la rendre inaltérable, et s'ils ne veulent pas, pour terminer leurs contestations, la médiation et l'arbitrage des souverains alliés, la grande alliance les regardera comme perturbateurs futui's de l'Europe, et par conséquent comme ennemis. »
Moyennant cette application salutaire du compelle intrare, le bon abbé se tient pour assuré que le traité fondamental qui amènera une paix perpétuelle entre les nations européennes pourra être signé avant la fiii de 1729, et il promet à Louis XV, en cas de réalisation du merveilleux projet de Henri le Grand, « le surnom de Louis le Pacificateur, le plus beau, le plus précieux et le plus caractérisé de tous les titres. »
CHJLPITRE II
LB VROJBV DB WikXlL PEBVAtVBI.I.E, — «■!«•.
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V Extrait du projet de paix perpétuelle^ par J.-J. Rousseau. — Jugement de Voltaire sur le Projet de paix perpétuelle. — Opinion de M. Necker sur la guerre. VEisai sur la paix perpétuelle d*EnimanueI Kant. — Le Projet de paix péf'^ pétuelte de Jérémie Bentham. — Appréciation de M. Henry Wheaton. — Apologie de la guerrOy par le comte Joseph de Haistre. — Les sociétés et les congrès de la paix. — Résolutions du congrès de 1851. — D'une doctrine par trop évangélique de certains amis de la paix. — Peut-on qualifier d'utopies les plans proposés pour rétablissement d'une paix perpétuelle ?
Nous avons vu que Rousseau avait entrepris de faire un abrégé des œuvres de l'abbé de Saint-Pierre, mais qu'il renonça à ce prqjet, après avoir résumé les ouvrages sur la paix perpétuelle