‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 57 sur 156 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Mais, fait-on remarquer à l'auteur, il y a déjà un professeur de physique au collège de France, et ses leçons sont très-peu suivies. Pourquoi des leçons analogues le seraient-elles davantage à la Bibliothèque royale ? — Au collège de France, répond-il, le professeur enseigne en latAi; on ne fait pas d'expériences, et il n'y a pas de poêle en hiver. Les directeurs des Conférences enseigneraient en français et ils feraient des expériences; enfin, il y aurait un poêle en hiver. Moyennant ces attractions réunies; le succès est infaillible, et Texpérience a prouvé que le digne abbé ne se trompait point.

En même temps, il voulait perfectionner le Journal des savantSy et ii*émetlait à ce propos quelques considérations qui n*ont pas vieilli sur le rôle de la critique et sur la nécessité de faire mieux connaître en France ce qui se passe à Tétranger. .

« Nos journalistes ont pour maxime de ne point blâmer et de ne point louer les ouvrages des auteurs vivants, de peur de les offenser et de les décourager. La maxime est bonne en général, car il ne faut point faire contre un autre ce que vous ne voudriez pas qu'il fît contre vous si vous éliez à sa place. Mais on doit des louanges aux endroits louables des ouvrages, à proportion de l'utilité dont ils sont au public.

« On doit regarder les journalistes comme des juges du bon et du meilleur. Or en qualité de juges, ils doivent plus ou moins de récompenses aux ouvrages, selon leur plus ou moins de valeur. 11 faut, par les louanges, encourager les bons auteurs à multiplier leurs bienfaits envers le public.

« 11 serait à souhaiter que le Journal de France fît un extrait suffisant de tous les autres journaux d'Europe, et particulièrement d'Angleterre, de Hollande et d'Italie. 11 est vrai qu'il serait double en grosseur, mais il n'en serait que meilleur et plus recherché. »

CËÂPITRE V

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SOMtlAIRE

1. Avantages que doit produire Tagrandissement continuel de la capitale d'un État. — II. Utilité des dénombrements. — III. Projets pour rendre les chemins praticables eu hiver. — IV. Projet pour renfermer les mendiants.

Les grandes capitales sont-elles favorables ou nuisibles à la prospérité des États? En d autres termes, doit-on souhaiter qu*il se forme de grandes aglomérations d'hommes, ou vaut-il mieux que la population demeure disséminée? Cette question, qui a été remise, il y a quelque temps, à Tordre du jour, à propos du phénomène de l'émigration croissante des habitants des campagnes vers les villes, cette question était déjà agitée au dix-septième et au dix-huitième siècle. Nous avons vu que Rousseau, partageant à cet égard le préjugé généralement répandu, croyait que les grandes capitales appauvrissent et dépeuplent les États. (Voir p. 102.) L'abbé de Saint-Pierre, qui avait — on a dû s'en apercevoir déjà — beaucoup plus d'esprit d'observation et de jugement que son illustre abréviateur, se prononce, au contraire, en faveur des grandes capitales, et il donne, à Tappui de sa manière de voir, différentes raisons, les unes solides, les autres simplement ingénieuses. D s'attache surtout à démontrer une proposition, qui paraîtra encore pa* riuloxale à bien des gens, quoiqu'elle renferme, à coup sûr, beaucoup plus de vérité que de paradoxe, savoir « que les

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