CHAPITRE V
« L'an 1200, après le premier accouchement. . . 1,200 personnes, u — 2400. ....... 2,400
« On trouverait. Tan 23,000, du premier accouchement, environ 630 milUons de personnes, et, 600 ans après, savoir Tan 23,600, on ne trouverait que les 900 millions d'habitants qui sont aujourd'hui sur la terre; ce qui serait une preuve que les Égyptiens et les Assyriens font de mauvais calculs sur Tancienneté de l'habitation de la terre quand ils la supposent habitée depuis plus de 470,000 ans.
« Et même, si Ton suppose que les premiers hommes aient vécu trois fois plus que nous, et que les femmes aient été propres à la génération trois fois plus longtemps que les femmes de ce siècle, il se trouvera, au bout de 1,200 ans, du premier accouchement, dix fois plus d'habitants que 1,200; ce qui diminuera tellement l'espace qu'il faut pour, que la terre ait 900 millions d'habitants, qu'il ne faudra pas plus de 6,000 ou 7,000 ans, qui est l'espace que nous donne le livre de la Genèse.
« A l'égard du terrain et du terroir nécessaires pour faire subsister le genre humain sur la terre, il paraît qu'il reste dix fois plus de terre inculte qu'il ne faut pour les habitants d'Europe; qu'il en reste trente fois plus qu'il ne faut en Asie, cinquante fois plus qu'il ne faut en Afrique, et cent fois plus qu'il ne faut en Amérique, et qu'ainsi dans dix fois douze cents ans, c'est-à-dire dans douze mille ans, il y aura encore en Europe seulement plus de terrain qu'il ne faut pour en nourrir les habitants, sans les vnstes déserts de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. Eu voilà poiir plus de cent mille ans, et d'ici là il y aura peut-être de grands changements dans notre éloignement du soleil et dans l'éloignement des tourbillons entre eux.
« Tout change insensiblemcnl dans le mouvement des astres. Il est vrai que ces changements sont insensibles; mais ilsdeviemient très-sensibles en six ou sept mille ans, surtout lorsque les observations des astronomes se succèdent.
« Les révolutions des aslres ne sont jamais parfaitement égales. Ces petites inégahtés produisent à la longue de grands changements, que nous ne saurions deviner ni calculer faute d'observations précédentes.
« Par le monument ou autel dédié à Tibère, il y a environ mille sept cents ans, trouvé dans le chœur de la cathédrale de Paris vers 1713, on conclut, avec fondement, que les montagnes s'abaissent et que le fond des rivières et leurs rivages haussent sensiblement chaque siècle, et que le lit de la Seine, à Paris, a haussé de plus de six pouces en cent ans, parce que ce monument, dédié par les marchands navigateurs, s'est trouvé neuf pieds plus bas que la superficie de l'eau de la Seine dans son état mitoyen.
(( Les arts et les sciences croîtront à proportion que les hommes se multiplieront, et surtout à proportion que la police se perfectionnera, et elle se perfectionnera à mesure que les capitales croîtront en grandeur, et, comme il y a douze cents ans que la plus fertile imagination n'eût jamais pu deviner la centième partie des choses que nous avons trouvées depuis dans les arts et dans les sciences, nous ne saurions présentement imaginer la centième partie de ce que les hommes inventeront d'ici à douze cents ans pour augmenter les commodités et le bonheur de la vie, surtout s'il s'établit, comme je l'espère, une police entre les souverains de l'Europe qui préserve les nations des guerres civiles et étrangères.
« Dénombrements d'habitants. — U y a, dans un journal de l'Académie royale de Londres, un dénonibrement curieux, fait par M. Neuman, des habitants de Breslau, capitale de la Silésie, en 1661, avec les réflexions d'un Anglais, M. Halley, qui montrent plusieurs utilités de ces sortes de dénombrements.