‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 67 sur 156 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

(( Le nombre de ces habitants était de 34,000 ^ Il met les enfants depuis un jour jusqu*à un an pour la première classe; les enfants depuis un an jusqu'à deux pour la seconde, et il fait ainsi cent classes jusqu'à cent ans.

« Il naissait alors à Breslau, année commune, i, 2 58 personnes, et il en mourait i, 174.

c Si 1,258 enfants naissent dans une ville de 54,000 personnes, comme il y a environ 27 ^/î fois 1,258 dans 54,000, il s'ensuivrait, par la même proportion, que, si, en 1720, il est né dans Paris 17,679 enfants, il y^vait alors, à Paris seulement, environ 27 V2 fo's autant d'habitants qu'il y en naît tous les ans, c'est-à-dire environ 480,000; ce qui est un nombre beaucoup moindre que celui qu'on dit qu'avait trouvé feu M. Colbert, car on le fait monter à plus de 800,000 habitants. Or, si la proportion de 20,000 à 800,000 habitants subsiste, c'est comme de 1 à 40, ce qui est bien différent de la proportion de 1 à 27 */,, qui est le fondement de la tible de M. Halley.

« De i ,258 enfants qui naissent, il y en a 348 qui meurent dans l'année de leur naissance, et la moitié de 1,258 n'arrive pas à dix-huit ans.

« De 7,000 femmes au-dessus de seize ans et au-dessous de quarante-cinq, il ne naît que 1,258 enfants, ce qui est un peu plus de la sixième partie des femmes en âge d'avoir des enfants.

« A Londres, en 1719, il mourut 25,579 personnes, et, en 1720, il n'en est mort que 17,479, au lieu qu'à Paris, en la même année 1720, il en est mort 20,571 et né 17,679. Ordinairement il naît un vingtième plus de personnes qu'il n'en meurt. En 1728, il est né, à Londres, 8,497 garçons et 8,156 filles. Total : 16,652 enfants. Et à Paris, cette même année 1728, il est né 16,887 enfants. A Vienne, il est né, en 1729, 5,575 enfants.

« On peut conclure des naissances de Londres et de Paris

que le nombre des habitants de ces deux villes est à peu près égal.

« A Vienne, en 1720, il est mort 6,825 individus. Cela prouve que les habitants de Vienne ne sont qu'environ le .tiers des habitants de Paris.

« Utilité d*cn bureau pour recdcillir les divers démom- BREMENTS. — Notre politique est encore dans l'enfance, puisque nous en sommes encore à dire que nos ministres, chacun dans leur département, devraient avoir soin de procurer au public des dénombrements exacts de tout ce qui entre dans la science du gouvernement. L'Académie politique devrait être chargée de ce soin.

u Nous avons grand intérêt d'avoir dans cette science un grand nombre de démonstrations. Or nous ne pouvons les avoir solides qu'en réduisant toutes les preuves à la simple arithmétique fondée sur les dénombrements.

« Les bons démonstrateurs tâchent d'estimer tout par rapport au revenu annuel en argent comme un point fixe d'astimation du nombre et de la grandeur des avantages et des désavantages annuels d'un projet. Or conunent fonder sur chaque matière des calculs arithmétiques si le ministère ne nous procure point des dénombrements exacts sur toutes ces matières ?

(( 1" Il faut que plusieurs de ces dénombrements soient imprimés au moins tous les cinq ans, afin que, tombant entre les mains des poHtiques spéculatifs, ils puissent, avec le loisir qu'ils ont, en faire des combinaisons utiles au bien public.

«f 2* Pour diriger et obtenir des différents bureaux des divers ministères de pareils dénombrements, il faut que l'Académie politique soit chargée de solliciter ces dénombrements dans tous les bureaux des trois ministères.

« Nous voyons que le Parlement d'Angleterre demande souvent les dénombrements de telles ou telles marchandises qui entrent ou qui sortent du royaume en telles ou telles années. Et c'est sur de pareils fondements solides qu'ils font des règle-

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