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Jugement sur la PolysyTwdie, de F abbé de Samit-Pierre

2. Cf. Les représentations adressées au Régent, le 7 février 1718, sur les i'monvénients des conseils, par le parlement de Paris. (Remontra/nces du Parlement de Paris au XVI 11^ siècle, publiées par Jules Flammermont, t I, 1715-1752. Paris, 1888).

tère la plus avantageuse pour un roi et pour son royaume ^ ». « Il ne faut -psis penser, dit-il ^, que si une Polysynodie particulière est défectueuse, surtout dans les premières années de son établissement et dans un royaume où presque tout est bouleversé quand elle y a été introduite, la Polysynodie en général ne soit pas infiniment préférable a^u vizirat ^. » Puis il se hâte d'ajouter : (( Un établissement aussi vaste, qui n'a point encore eu dans le monde d'excellent modèle, ne peut pas en si peu de temps acquérir la perfection ; et c'est en partie pour donner quelques idées propres à le perfectionner que j'ai entrepris cet ouvrage... J'ai tâché d'en éclaircir la matière dans le dessein de contribuer autant qu'il est en mon pouvoir, à perfectionner un si bel établissement. )) Comme le dit J.-J. Rousseau dans le Jugement sur la Polysynodie, l'abbé de Saint-Pierre voulait modifier un gouvernement qui déclinait et « lui rendre cette vigueur universelle qui met, pour ainsi dire, toute la personne en action ».

Il propose d'abord d'ajouter deux nouveaux conseils à ceux qui fonctionnent déjà : l'un pour la justice, l'autre pour le commerce. (Ses projets pour diminuer le nombre des procès et pour perfectionner le commerce en France nous font connaître l'attention qu'il prêtait à ces deux matières qu'on traitait alors avec beaucoup trop de négligence.) Le système de la Polysynodie comportait donc huit conseils chargés, comme ceux du Régent, de discuter, de délibérer, d'adopter ou de rejeter à la majorité chaque affaire : justice, police — et par police le xviii^ siècle entend tout ce qui correspond à notre ministère de l'intérieur — finances, commerce, affaires étrangères, guerre, marine, affaires de religion.

Mais à cette modification secondaire il faut en ajouter deux autres ; et celles-là étaient si importantes que Rousseau pouvait écrire * sans exagérer : « Ce n'est rien moins qu'une révolution dont il est question dans la Polysynodie. »

1. Le titre complet de l'ouvrage est : Discours sur la Polysynodie, où Von démontre que la Polysynodie ou la pluralité des conseils est la forme de ministère la plus avantageuse pour un roi et pour son royaume.

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